Adresses liées au football

Adresses liées au football
Tout le monde ne le remarque pas, mais il est possible de trouver à Moscou de nombreuses plaques commémoratives liées au football et à des footballeurs. Welcome2018 retrace les histoires de ceux à qui elles sont dédiées avec l'aide de leurs parents, amis et coéquipiers.
Adresses liées au football
Tout le monde ne le remarque pas, mais il est possible de trouver à Moscou de nombreuses plaques commémoratives liées au football et à des footballeurs. Welcome2018 retrace les histoires de ceux à qui elles sont dédiées avec l'aide de leurs parents, amis et coéquipiers.
Plaques commémoratives : Tchapaïevski pereoulok, 18/1. oulitsa Millionnaïa, 15, bâtiment 1
Monuments : complexe sportif Loujniki, stade Dynamo, Allée de la gloire russe face au bâtiment de l'Université russe d'État d'éducation physique
Rues : rue Lev Yachine (Moscou, Togliatti, Grozny)
Champion olympique (1956), champion d'Europe (1960)
Lev Yachine
Le légendaire Lev Yachine ne s'est pas seulement vu consacrer des plaques commémoratives et des monuments. En son honneur, les rues de trois villes russes ont été baptisées en son nom.
Le plus grand gardien de but du XXe siècle est né en 1929 en périphérie orientale de Moscou (dans l'actuel district Bogorodskoïe). Ici, au numéro 15 de la rue Millionnaïa, dans le bâtiment 1, il a vécu jusqu'au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. L'immeuble de 5 étages jaune aurait pu ne pas nous parvenir : entre la fin des années 1980 et le début des années 1990, la démolition de l'édifice était prévue.
Néanmoins, le jour du 70e anniversaire du portier, le commandement des troupes du district de Moscou des troupes intérieures installa ici une plaque commémorative en l'honneur de Lev Yachine. Jusqu'à présent, les discussions sur la démolition ont cessé.

Au milieu des années 1960, les époux Yachine déménagèrent dans l'un des quartiers les plus élitistes du Moscou de l'époque, non loin de la place Pestchanaïa. De nombreux sportifs soviétiques illustres recevaient des appartements dans ces immeubles.

De nombreux sportifs soviétiques illustres recevaient des appartements dans cet immeuble de la ruelle Tchapaïevski.
« Lev et moi n'aimions pas particulièrement nous vanter de nos invités », relate la veuve de Yachine Valentina Timofeïevna. « Même si nous recevions beaucoup de footballeurs et d'acteurs. Ces derniers nous invitaient souvent à des spectacles ».

Lev Yachine devint une légende de son vivant. Il remporta l'or olympique à Melbourne, ainsi qu'un championnat d'Europe, et reste jusqu'à présent le seul gardien de but à avoir remporté le Ballon d'or, récompensant le meilleur joueur FIFA de l'année. Rien qu'à Moscou, trois monuments à Lev Yachine ont été installés, et des rues portent son nom à Grozny, Togliatti, ainsi que dans le district Nekrassovka de Novaïa Moskva.
Je n'invite personne en particulier pour les anniversaires de Lev, mais les gens viennent même sans invitation. Et pas seulement ses coéquipiers du Dynamo, mais aussi beaucoup de représentants du Spartak et du CSKA. Sur sa tombe du cimetière Vagankovo, tant Pelé que Franz Beckenbauer, ainsi que Michel Platini et d'autres légendes du football sont venus lui rendre hommage.
Valentina Yachina
veuve de Lev Yachine
Je n'invite personne en particulier pour les anniversaires de Lev, mais les gens viennent même sans invitation. Et pas seulement ses coéquipiers du Dynamo, mais aussi beaucoup de représentants du Spartak et du CSKA. Sur sa tombe du cimetière Vagankovo, tant Pelé que Franz Beckenbauer, ainsi que Michel Platini et d'autres légendes du football sont venus lui rendre hommage.
Valentina Yachina
veuve de Lev Yachine
Lev Yachine a été désigné meilleur gardien de but du XXe siècle, ce qui est mentionné sur la plaque commémorative lui étant dédié.
Plaque commémorative : Frounzenskaïa naberejnaïa, 50
Champion olympique (1956), champion d'Europe (1960) en tant qu'entraîneur
Gavriil Katchaline
Gavriil Katchaline s'est rendu célèbre non seulement comme footballeur, mais aussi comme entraîneur
L'un des pionniers du football soviétique, ayant remporté les championnats d'Union Soviétique de 1937 et de 1940 dans les rangs du Dynamo Moscou, s'est également illustré en tant qu'entraîneur de premier plan.
C'est précisément Gavriil Katchaline qui mena l'équipe d'URSS vers son premier succès tonitruant sur la scène internationale : la victoire aux Jeux Olympiques de Melbourne en 1956. Lors des premiers championnats d'Europe de l'histoire, l'équipe soviétique dirigée par Katchaline remporta le trophée. Depuis lors, ni les footballeurs soviétiques ni les russes n'ont pu réitérer ce succès. Gavriil Dmitrievitch fut à la tête de la sélection nationale d'Union Soviétique lors de trois Coupes du monde (1958, 1962 et 1970), et à chaque fois l'équipe d'URSS sortit de son groupe.

Dans la cour de l'immeuble où vécut Gavriil Katchaline, un terrain de football existe aujourd'hui encore.
« J'attirai l'attention de Gavriil Katchaline alors que je n'étais encore qu'un lycéen, lorsque j'atteignis la seconde place du championnat de jeunes national dans les rangs de l'équipe de Rostov-sur-le-Don », se souvient Viktor Ponedelnik, auteur du but victorieux en finale de l'Euro 1960. « Et, peu de temps après, Katchaline me convoqua en équipe d'URSS, même si j'évoluais en équipe B, la deuxième ligue du pays. Pour l'époque, cette décision de l'entraîneur était une véritable sensation. Je suis immensément reconnaissant à Gavriil Dmitrievitch pour ses succès, et il restera pour toujours dans mon cœur en tant que premier professeur et mentor ».

En 2012, sur l'immeuble situé au 50, quai Frounzenskaïa, fut apposée une plaque commémorative en l'honneur du grand entraîneur de football.
Et, dans la cour de son immeuble, il y a un petit stade baptisé Gavriil Dmitrievitch. Quoiqu'il en soit, après le décès de Katchaline ce terrain faillit être démoli. Quelqu'un voulait recouvrir de bâtiments ce terrain. Finalement, moi et quelques autres footballeurs fondâmes un comité d'action. Nous réunîmes et signâmes des documents, nous adressâmes à des fonctionnaires, passâmes à la télévision et, en fin de compte, le défendîmes. Ce terrain est toujours foulé par des gamins qui jouent au football.
Viktor Ponedelnik
Footballeur
Et, dans la cour de son immeuble, il y a un petit stade baptisé Gavriil Dmitrievitch. Quoiqu'il en soit, après le décès de Katchaline ce terrain faillit être démoli. Quelqu'un voulait recouvrir de bâtiments ce terrain. Finalement, moi et quelques autres footballeurs fondâmes un comité d'action. Nous réunîmes et signâmes des documents, nous adressâmes à des fonctionnaires, passâmes à la télévision et, en fin de compte, le défendîmes. Ce terrain est toujours foulé par des gamins qui jouent au football.
Viktor Ponedelnik
Footballeur
Gavriil Katchaline vécut de 1957 à 1995, année de sa disparition, dans l'immeuble du quai Frounzenskaïa.
Plaque commémorative : oulitsa Sadovaïa-Trioumfalnaïa, 4/10
Double-champion d'URSS (1945, 1949) comme footballeur, troisième aux Championnats d'Europe (1964), médaillé de bronze aux Jeux olympiques (1980) en tant qu'entraîneur
Konstantin Beskov
Konstantin Beskov est un entraîneur unique en son genre : il eut l'occasion de diriger presque tous les clubs moscovites.
« La plaque commémorative sur l'immeuble et le monument ont été réalisés par le club du Dynamo, ce pour quoi nous lui sommes reconnaissants », raconte Grigori Fedotov, petit-fils du grand entraîneur. « Le mémorial du cimetière de Vagankovo a été réalisé par le célèbre sculpteur Alexandre Roukavichnikov, qui a créé les monuments à Vladimir Vyssotski, Iouri Nikouline, Sergueï Mikhalkov et bien d'autres figures d'exception. Je considère le monument à Konstantin Beskov comme un véritable chef d'œuvre : en face de la pierre tombale se dressent les statues de deux garçons avec un ballon de football. Beskov est un vrai homme de football ! »
Il est sans doute le seul entraîneur a avoir dirigé toutes les équipes de Moscou. Pour autant, aucun supporter ne lui a gardé rancune de cela. Au contraire, ceux du Dynamo le considèrent comme l'un des leurs, et ceux du Spartak en font de même. Même sur le monument du cimetière Vagankovo, sur la statue d'enfants, les supporters ont accroché des écharpes : l'une rouge et blanche, du Spartak, l'autre bleu et blanche, du Dynamo.
Grigori Fedotov
petit-fils de Konstantin Beskov
Il est sans doute le seul entraîneur a avoir dirigé toutes les équipes de Moscou. Pour autant, aucun supporter ne lui a gardé rancune de cela. Au contraire, ceux du Dynamo le considèrent comme l'un des leurs, et ceux du Spartak en font de même. Même sur le monument du cimetière Vagankovo, sur la statue d'enfants, les supporters ont accroché des écharpes : l'une rouge et blanche, du Spartak, l'autre bleu et blanche, du Dynamo.
Grigori Fedotov
petit-fils de Konstantin Beskov
« Mon grand-père n'aimait pas tellement s'éterniser à la maison », poursuit son petit-fils Konstantin Beskov. « Il se promenait souvent le long de Tverskaïa, particulièrement en suivant son itinéraire préféré du côté de la place Pouchkine et du Kremlin. Il n'y a probablement jamais eu de jour où les passants n'ont pas salué Konstantin Ivanovitch. Évidemment, on le reconnaissant immédiatement, on l'arrêtait et on lui demandait de discuter de football. Il gérait bien sa gloire nationale, et même avec un certain humour. Et il ne refusait de discussion à personne. Il était né dans le quartier Rogojskaïa zastava, où se trouvait près de sa vieille maison un colombier, qu'il n'oublie pas même après son déménagement. Presque tous les week-ends, il y allait, même après avoir reçu un appartement rue Sadovaïa-Trioumfalnaïa.

La plaque commémorative apposée sur l'immeuble où vécut Konstantin Beskov a été réalisée grâce aux efforts du club du Dynamo.

La plaque commémorative apposée sur l'immeuble où vécut Konstantin Beskov a été réalisée grâce aux efforts du club du Dynamo.
« Mon grand-père n'aimait pas tellement s'éterniser à la maison », poursuit son petit-fils Konstantin Beskov. « Il se promenait souvent le long de Tverskaïa, particulièrement en suivant son itinéraire préféré du côté de la place Pouchkine et du Kremlin. Il n'y a probablement jamais eu de jour où les passants n'ont pas salué Konstantin Ivanovitch. Évidemment, on le reconnaissant immédiatement, on l'arrêtait et on lui demandait de discuter de football. Il gérait bien sa gloire nationale, et même avec un certain humour. Et il ne refusait de discussion à personne. Il était né dans le quartier Rogojskaïa zastava, où se trouvait près de sa vieille maison un colombier, qu'il n'oublie pas même après son déménagement. Presque tous les week-ends, il y allait, même après avoir reçu un appartement rue Sadovaïa-Trioumfalnaïa.
Konstantin Beskov était une légende, mais il gérait sa renommée nationale tranquillement et avec humour.
Plaque commémorative : oulitsa Tverskaïa, 19A
Fondateur de l'association Spartak, quadruple champion d'URSS en tant que footballeur (1923, 1928, 1931 et 1932)
Nikolaï Starostine
Le légendaire Nikita Simonian surnomme Nikolaï Starostine le « chef » de la famille du Spartak.
« Aujourd'hui, j'entends souvent comment l'équipe du Spartak est comparée à une famille. C'est très agréable, une telle atmosphère dans l'équipe régnait aussi à l'époque où j'étais footballeur et entraîneur. Et si le Spartak est une famille, alors son chef était Nikolaï Petrovitch Starostine, un grand homme, exceptionnel, vraiment intelligent : autant que je me souvienne, il n'a jamais élevé la voix sur personne dans sa vie », raconte Nikita Simonian, légende du Spartak et champion olympique. « Avec ses frères, il fonda aussi cette équipe et lui donna son nom. Ceci étant, les avis divergent : certains disent que l'idée d'appeler le club « Spartak » est née parce que sur le rebord de la fenêtre de la maison des Starostine se trouvait le livre éponyme de Raffaello Giovagnoli. D'autres, que c'était en l'honneur du mouvement anti-hitlérien dans l'Allemagne des années 1930 ».

« Nikolaï Petrovitch accueillait toujours avec joie ses visiteurs : n'importe quel footballeur ou entraîneur pouvait passer chez lui », poursuit Nikita Simonian. « Et quand les gens le reconnaissaient sur Tverskaïa, il s'arrêtait toujours, n'envoyait personne balader ! Il était prêt à discuter sans fin et dans le détail de football avec n'importe quel passant ».
Les passants reconnaissaient souvent Starostine sur Tverskaïa, et s'il s'arrêtait toujours pour discuter de football avec eux.
Grâce à Nikolaï Petrovitch, je suis devenu entraîneur en chef du Spartak. Après une tournée en Amérique latine en 1959, je décidai de raccrocher les crampons. Et ce juste après un superbe match en Colombie où j'avais marqué deux buts. Nikolaï Petrovitch ne se contenta pas d'accepter tranquillement ma demande, il me fit également une proposition séduisante : « Nikita, ne voudrais-tu pas prendre l'équipe et devenir entraîneur en chef du Spartak ?» J'étais très étonné : comment pourrais-je diriger des footballeurs avec lesquels je venais de jouer dans la même équipe. Nikolaï Petrovitch, avec la tranquillité qui le caractérisait, répondit : « Nous t'aiderons ». Et il m'aida comme il put : je n'eus à penser à rien d'autre qu'au football.
Nikita Simonian
premier vice-président de la Fédération de Russie de Football
Grâce à Nikolaï Petrovitch, je suis devenu entraîneur en chef du Spartak. Après une tournée en Amérique latine en 1959, je décidai de raccrocher les crampons. Et ce juste après un superbe match en Colombie où j'avais marqué deux buts. Nikolaï Petrovitch ne se contenta pas d'accepter tranquillement ma demande, il me fit également une proposition séduisante : « Nikita, ne voudrais-tu pas prendre l'équipe et devenir entraîneur en chef du Spartak ?» J'étais très étonné : comment pourrais-je diriger des footballeurs avec lesquels je venais de jouer dans la même équipe. Nikolaï Petrovitch, avec la tranquillité qui le caractérisait, répondit : « Nous t'aiderons ». Et il m'aida comme il put : je n'eus à penser à rien d'autre qu'au football.
Nikita Simonian
premier vice-président de la Fédération de Russie de Football
A côté de la plaque commémorative en l'honneur de Nikolaï Starostine, vous pouvez voir les couleurs du Spartak.
Plaque commémorative : naberejnaïa Tarassa Chevtchenko, 5
Champion olympique (1956), champion d'Europe (1960)
Igor Netto
« Au Spartak, il n'y a jamais eu et il n'y a toujours pas de capitaine tel qu'Igor Netto »
« Au Spartak, il n'y a jamais eu et il n'y a toujours pas de capitaine tel qu'Igor Netto », c'est encore la légende du Spartak Nikita Simonian qui s'exprime. « C'était plus qu'un capitaine, un vrai meneur ! D'un côté, c'était un homme dur et exigeant, mais de l'autre, quelqu'un de juste et d'une grande honnêteté. Ceci étant, quand on me nomma entraîneur principal du Spartak, Igor se montra sceptique quant à cette décision. En effet, quelques mois auparavant nous étions au coude à coude sur le terrain de football. Un jour, un véritable conflit éclata : nous perdions 3-0 contre le Torpedo, et je demandai à Igor de marquer de près Valentin Ivanov.
Je lui dis une première fois. Pas de réaction. Une deuxième fois, il s'en fiche. Une troisième fois, il me dit d'aller me faire voir devant tous les joueurs ! A ce moment-là, je le fais sortir et lui dit : « Au Spartak, ce sera toi ou moi ». Après le match, l'équipe le mit au ban, et il présenta ses excuses en pleurant. Mais je connaissais bien son caractère : explosif, susceptible. Il pouvait me crier dessus à la mi-temps pour mes erreurs à l'époque où nous étions tous deux footballeurs. Nous surmontâmes ce conflit et ne nous en rappelâmes plus jamais. Plus tard, après qu'il eut mis un terme à sa carrière, je lui disais toujours : « Igor, la porte de mon bureau te sera toujours ouverte ».

Igor Netto vivait à côté d'un autre membre légendaire du Spartak, Anatoli Iline.
La plaque commémoration à Igor Netto fut inaugurée par Nikita Simonian et d'autres vétérans du Spartak.
« Il vivait à côté d'un autre membre légendaire du Spartak, Anatoli Iline », se rappelle Nikita Simonian. « Mais moi je ne lui ai rendu visite qu'une seule fois quai Tarass Chevtchenko. Cet appartement près de l'hôtel Ukraine, c'est justement Nikolaï Petrovitch Starostine qui lui avait obtenu. Même s'il y a quelques années nous inaugurions avec d'autres vétérans du Spartak une plaque commémorative en mémoire d'Igor. Igor était marié à Olga Iakovleva, formidable comédienne du théâtre Maïakovski. Netto adorait le théâtre et la littérature, c'était un homme incroyablement instruit qui maîtrisait l'anglais presque à la perfection. Mais il n'oubliait jamais le football, même quand il discutait avec sa femme. A cette époque, au centre d'entraînement du Spartak à Tarassovka il n'y avait qu'un seul téléphone. Il téléphonait à sa femme et se plaignaient de « chèvres ». Tout le monde l'entendit, sans comprendre tout de suite de quoi il parlait. Puis, on se rendit compte qu'Igor appelait ainsi la réserve du Spartak : le caractère de Netto n'était pas des plus faciles, mais personne ne lui en tenait rigueur. Sur le terrain, il pouvait littéralement hurler sur ses coéquipiers, mais quand retentissait le coup de sifflet final, dans le vestiaire il devenait un tout autre homme.
Selon les dires de Nikita Simonian, c'est Nikolaï Starostine en personne qui obtint à Igor Netto son appartement près de l'hôtel Ukraine.
Plaque commémorative : Moscou, 3-ïa Frounzenskaïa oulitsa, 1. Kolomna, stade Avangard
Champion d'URSS (1936 (printemps), 1937 et 1940)
Sergueï Iline
Triple champion d'URSS de football, le légendaire Sergueï Iline n'a pas reçu un seul carton jaune de toute sa carrière.
« La plaque commémorative à mon père de l'immeuble de la 3e rue Frounzenskaïa fut inaugurée il y a un peu plus de 3 ans », raconte Galina Sergueïevna, fille de l'illustre footballeur et hockeyeur. « Auparavant, en 2008, une plaque commémorative était apparue au stade de Kolomna, sa ville natale. Il possédait une santé incroyable : depuis l'enfance, il faisait des acrobaties, et quand il devint footballeur, même si on le taclait dans les jambes, il faisait une culbute et continuait à courir. Il joua au hockey russe au niveau professionnel jusqu'à ses 48 ans ! Quand papa vivait encore à Kolomna, il y avait toujours une ribambelle de gamins qui le suivait dans la rue. De plus, le premier champion d'URSS avec le Dynamo était chevalier de l'ordre du Drapeau rouge du Travail. Si je me souviens bien, avant 1941, aucun sportif ne reçut cet honneur, et mon père fut décoré de l'ordre en 1937».
Je pense que c'était le meilleur athlète de l'URSS d'avant-guerre. Dans le métro, les gens se levaient quand il entrait dans le wagon : voilà le respect qu'on témoignait à Sergueï Sergueïevitch.
Galina Sergueïevna
fille de Sergueï Iline
Je pense que c'était le meilleur athlète de l'URSS d'avant-guerre. Dans le métro, les gens se levaient quand il entrait dans le wagon : voilà le respect qu'on témoignait à Sergueï Sergueïevitch.
Galina Sergueïevna
fille de Sergueï Iline
« Il était tout sauf arrogant, ne se vantait pas ; très ouvert, il aidait beaucoup de ses coéquipiers », poursuit Galina Sergueïevna Ilina. « Ainsi, en tant que vrai gentleman, il ne se targuait devant personne de sa gentillesse et de sa sollicitude : beaucoup d'histoires sont parvenues à mes oreilles après les funérailles de mon père seulement. Il était aussi comme ça sur le terrain de football : durant toute sa carrière, il ne reçut pas un seul carton jaune, sans parler d'expulsion ! Peu de gens savent que chaque mois des millions de personnes voient la représentation de Sergueï Sergueïevitch. C'est lui qui fut choisi comme modèle pour l'un des bas-reliefs de la station de métro Dynamo à Moscou. J'ai même eu l'idée de faire une copie et de la mettre à la place de la photographie de mon père sur sa pierre tombale. Mais le bas-relief étant trop grand, il a fallu oublier cette idée ».

« Mon père reçut un appartement personnel au milieu des années 1950, une fois qu'il eut terminé sa carrière de football », se souvient la fille de Sergueï Sergueïevitch. Ici, dans le quartier du quai Frounzenskaïa, vivaient beaucoup de gens célèbres, qu'il s'agisse de Gavriil Katchaline ou de la célèbre actrice Natalia Fateïeva. Mais mon père était surtout ami avec l'acteur Nikolaï Krioutchkov : à cette époque, les sportifs et les représentants du monde de la culture s'entendaient très bien, ils s'invitaient les uns les autres, tantôt au stade, tantôt au théâtre. Un jour, j'étais invitée chez la femme de Chostakovitch, quand Dmitri Dmitrievitch rentra à la maison. A la faveur de la discussion, il apprit que j'étais la fille de Sergueï Iline. Les yeux de Chostakovitch s'illuminèrent littéralement : je me souviens, dit-il, c'était un magnifique footballeur, j'allais le voir jouer pour le Dynamo ! En rentrant à la maison, je dis à papa : « Chostakovitch te passe le bonjour ». Mon père était très heureux. Il aimait l'attention qu'on lui portait, et attendait avec impatience son 90e anniversaire. Nous réfléchissions à la façon dont nous pouvions le célébrer dans la mesure où tous ses coéquipiers des années 1930-1940 étaient déjà morts au milieu des années 1990. Finalement, l'association sportive décida d'organiser une commémoration lors d'un match Dynamo - Spartak. Ensemble, nous sommes allées au milieu du terrain et tout le stade s'est levé. Tant les supporters du Dynamo que ceux du Spartak applaudissaient mon père : on le connaissait et se rappelait de lui malgré ses 90 bougies ».
Sergueï Iline vivait juste à côté de chez Gavriil Katchaline, par conséquent dans le quartier du quai Frounzenskaïa on peut voir directement deux plaques commémoratives liées au football.
Auteur :
Nikolaï Tchegorski


Crédit photo :
Igor Outkine/TASS, Viktor Chandrine/TASS, Sergueï Velitchkine/TASS, Valeri Matytsine/TASS, Dmitri Serebriakov/TASS, Stanislav Krassilnikov/TASS