Constructivisme à Iekaterinbourg

De 1928 à 1934, des architectes venus de la capitale travaillèrent d’arrache-pied à Sverdlovsk. La ville commença à se couvrir de hauts bâtiments construits à partir de matériaux modernes. Les lumineux appartements standardisés comptaient salles de bains, toilettes, placards incorporés, tandis que les grands complexes résidentiels, appelés maisons collectives, abritaient des bains, des jardins d’enfants, des cantines, des pharmacies et des magasins. En sept ans à peine, près de 140 bâtiments avant-gardistes ont été érigés à Sverdlovsk. Beaucoup d'entre eux ont été conservés : de telles collections de monuments constructivistes ne se retrouvent que dans les deux capitales russes, et encore.

A la Cité médicale du centre d’Ekaterinbourg, on peut rattacher les complexes des instituts de physiothérapie et des maladies professionnelles, l’Institut médical et encore quelques autres bâtiments. Tous les édifices ont été bâtis selon les plans du talentueux Gueorgui Goloubev, qui devint le premier architecte en chef de l’histoire de Sverdlovsk en 1936.

L’inauguration de l’Institut de physiothérapie (oulitsa Moskovskaïa, 12), de son hôpital (oulitsa Moskovskaïa, 14) et de l’Institut des maladies professionnelles (oulitsa Repina, 2) eut lieu au cours de l’année 1930. Le vaste complexe accueillait tous les cabinets médicaux et laboratoires scientifiques possibles et imaginables. Il y avait des salles d’hôpital, une cuisine, des espaces d’héliothérapie et bien d’autres. Ces bâtiments sont un exemple rare d’institutions médicales construites dans le style constructiviste. Cet ensemble unique en son genre donne un côté inimitable à cette partie de la ville.

L’édifice de l’Institut médical (oulitsa Repina, 3), actuelle Université médicale d’État de l’Oural, a été érigé en 1930. Le bâtiment asymétrique à quatre niveaux prenait à l’origine la forme d’un T, mais on lui ajouta plus tard une autre aile ornée de colonnes et de portiques. Pour cette raison, l’ouvrage a l’air dépourvu d’harmonie constructiviste.

La maternité et le département de gynécologie (oulitsa Repina, 1) est l’un des plus gros bâtiments de la Cité médicale. Il se compose de quatre blocs installés à angle droit les uns par rapport aux autres. Il compte des fenêtres carrées et rondes, des arêtes arrondies, des cages d’escalier vitrées et des vitrages uniques en leur genre.

L’architecte Sergueï Zakharov vécut à Sverdlovsk cinq ans à peine, mais il eut le temps d’offrir à la ville l’ensemble de bâtiment habituellement appelé Maison de la justice. La composition de l’ensemble comprend la Maison de la justice elle-même (oulitsa Malycheva, 2Ж) et le jardin d’enfants (oulitsa Malycheva, 2E).

Le complexe a été livré en 1932. Le bâtiment central à six niveaux, se trouvant au croisement des rues Malychev et Répine, se distingue grâce au demi-cylindre au-dessus de son entrée principale et à ses fenêtres intégrales. Aujourd’hui, c’est un tribunal d’arrondissement.

Le charmant immeuble d’habitation marque les esprits avec ses balcons angulaires, ses cages d’escalier vitrées lumineuses et ses colonnes ascétiques.

En allant un peu plus loin, vous verrez la troisième et la plus insolite des constructions : de par sa forme, cet immeuble rappelle un escargot. Autrefois, il accueillait une école maternelle pour les enfants des fonctionnaires de la justice, mais aujourd’hui ce sont des bureaux d’entreprises.

Donat Sorokine/TASS

Le chantier du complexe a commencé en 1930 et a duré trois ans. Le projet a été élaboré par l’architecte Aleksandr Pasternak sous la direction d’un des théoriciens majeurs du constructivisme, Moïsseï Ginzbourg. Dans la conception des auteurs, cet immeuble expérimental devait devenir un logement d’un nouveau type : économique, moderne et aussi confortable que possible.

Le complexe se compose de cinq bâtiments : un à huit niveaux, les autres à six. Tous les ouvrages se distinguent par leur géométrie stricte, leurs fenêtres intégrales et leurs oriels demi-cylindriques.

L’édifice principal, qui est aussi le plus intéressant, est le bâtiment n° 1 dans la rue Malychev. Les appartements se trouvent ici à différentes hauteurs. Autrefois, ce bâtiment comportait aussi une terrasse et une cantine et en empruntant un passage on pouvait aller au bâtiment n°2 où se trouvait le jardin d’enfant. En 1941, une partie des personnes évacuées furent installées dans le bâtiment n°1 et il fallut moderniser l’ouvrage pour créer des appartements communautaires.

Aujourd’hui, le bâtiment n° 1 accueille de nombreux bureaux, ainsi que le théâtre Volkhonka au rez-de-chaussée. Dans les autres bâtiments vivent des Ekaterinbourgeois, comme autrefois.

Une première maison collective fut érigée à Sverdlovsk en 1928 selon les plans de Vladimir Doubrovine. Au rez-de-chaussée, comme aujourd’hui, on trouvait des locaux commerciaux et publics, au-dessus se logeaient des appartements communautaires et aux deux derniers étages des appartements classiques. Le bâtiment abritait une crèche, une poste et des magasins. Doubrovine avait aussi conçu une salle de sport mais elle ne fut pas construite finalement.

La façade ascétique du bâtiment est ornée de rares balcons, de grandes fenêtres et d’une cage d’escalier intégralement vitrée. De nos jours, cet immeuble situé dans la rue piétonne Weiner a le statut de site classé au patrimoine culturel.

Cet immeuble d’habitation, dont le plan rappelle une faucille, a été construit de 1928 à 1932 par des paysans koulaks dépossédés. Les auteurs du projet étaient Ivan Antonov et Véniamine Sokolov.

Le complexe se compose de deux bâtiments. Un à quatre niveaux, comptant chacun deux appartements donnant sur la cage d’escalier. Le nombre de pièces spacieuses de chacun d’eux va de trois à six. De tels appartements étaient destinés à de hauts dignitaires du parti.

Le deuxième bâtiment, à 11 niveaux, est le premier gratte-ciel d’habitation de l’Oural, ainsi que le premier immeuble de la ville où l’on mit en service un ascenseur montant aussi haut. Cet édifice a été érigé à l’aide d’un monte-charge de mine modernisé. L’immeuble est orné d’oriels, d’une assise en relief faite de pierres brutes et il y avait aussi auparavant de beaux balcons angulaires démolis dans les années 1950.

Le complexe intégrait son propre jardin d’enfants, sa bibliothèque, sa chaufferie, sa cantine et le sous-sol abritait un stand de tir pour les employés du NKVD. L’agréable patio est décoré d’une fontaine qui nous est parvenue.

De nos jours, il n’est possible d’entrer dans le complexe qu’avec un de ses habitants dans la mesure où la cour est clôturée de tous côtés. Néanmoins, les toiturophiles locaux, quand ils organisent des visites guidées, proposent souvent de monter sur le toit de cet immeuble en particulier, à partir duquel s’ouvre une superbe vue sur le centre d’Ekaterinbourg.

Donat Sorokine/TASS

La société pan-soviétique des vieux bolchéviques fut fondée en 1922. Pouvaient y adhérer les membres du parti ayant effectué au moins 18 ans de service continu. Pour ces fonctionnaires, un complexe résidentiel dédié fut construit à Sverdlovsk en 1933.

Le projet, présenté par Ivan Antonov et Lev Veïssom, prévoyait la construction d’une cantine, d’un jardin d’enfants, d’un club et d’un dispensaire, mais ils ne virent jamais le jour. Ceci étant, une pharmacie, un magasin et un salon de coiffure furent ouverts sur le territoire de l’immeuble.

L’édifice étonne par sa forme inhabituelle : par ses façades tombantes et protubérantes, le nombre d’étages variable, ses cascades d’escalier et ses simples balcons angulaires. Aujourd’hui, le rez-de-chaussée accueille des bureaux et tous les autres étages des appartements d’habitation.

Evgueni Kourskov/TASS

Au début des années 1930, la société sportive Dynamo vit le jour à Sverdlovsk. Quand se posa la question d’un complexe sportif, l’association des jeunes, recevant le soutien des pouvoirs locaux, proposa un site près de l’étang de la ville où se trouvaient alors des manoirs et un jardin pittoresque.

L’architecte Véniamine Sokolov commença à élaborer un projet de Maison de la culture physique et de centre nautique en 1931, dont la construction s’acheva en 1934.

Si l’on regarde le monument blanc et bleu depuis l’étang, on peut le confondre avec un véritable navire. Le centre de la façade avec son arête verticale rappelle une quille, les balcons latéraux ressemblent à des canots de sauvetage, les fenêtres circulaires font penser à des hublots, et la plateforme d’observation fait office de pont.

Dans le complexe Dynamo, il y avait tout ce qu’il fallait pour les athlètes : vestiaires confortables, cantine et infirmerie, salles de sport et chambres d’hôtel, grand stand de tir, douches et piscine.

Aujourd’hui, une partie du bâtiment est louée en tant que bureaux, tandis que l’autre continue d’abriter des sections sportives : natation, danse, arts martiaux et tir. L’hiver venu, on peut y faire du patin à glace. L’été, il est possible d’y voir les pensionnaires du club ramer sur leurs kayaks.

Evgueni Kourskov/TASS

Au milieu des années 1920, un concours fut proposé aux architectes soviétique pour qu’ils réalisent le meilleur projet de bâtiment pour le Comité exécutif de la région de l’Oural du parti communiste (Oblispolkom), un organe de direction. Le chantier de l’édifice sur la place du Travail commença au début des années 1930, en suivant le plan élaboré par Sergueï Zakharov.

Le complexe administratif et résidentiel offrait à ses occupants le summum du confort : depuis le corps des bureaux, les fonctionnaires pouvaient accéder au bloc d’habitation de la rue Gorki via des galeries chauffées installées aux niveau des 1er, 3e et 5e étages. C’est dans ce bâtiment que vivaient et travaillent ceux qui administraient tout l’oblast de Sverdlovsk, et notamment le futur premier président de Russie, Boris Eltsine.

L’édifice se distingue par ses formes géométriques austères et ses cages d’escalier vitrées, ses fenêtres intégrales horizontales et ses balcons ascétiques. Dans la partie gauche, du côté de la rue Pouchkine, il est possible d’apercevoir des fenêtres en arc restant du vieil immeuble auquel ont été rajoutés deux étages.

Dans les années 1930, Oblispolkom était le plus grand bâtiment administratif érigé dans le style constructiviste. L’organisme occupa cet édifice jusqu’en 1982, avant de déménager dans la nouvelle Maison blanche sur le quai de l’étang. Aujourd’hui, ce monument historique abrite des ministères régionaux et les bureaux d’entreprises. 

Donat Sorokin/TASS

La maison de la communication a été construite en 1934 en endroit où se trouvait autrefois deux maisons des marchands. L'auteur du projet a été l'architecte de la capitale Konstantin Solomonov.

Le complexe a inclus la poste téléphonique, le bureau de poste et le télégraphe. Il y avait aussi tout ce qu'il est nécessaire pour les travailleurs de la communication : la salle à manger, les ateliers, la salle de conférence, un studio de radio et même la crèche et l'école maternelle. Il est intéressant que les enfants puissent se promener, jouer, faire des exercices et se bronzer sur le toit d'un bâtiment entouré par des côtés élevés.

Grace à la poste téléphonique automatique à 10.000 numéros en 1934, la communication est apparue dans les grandes institutions de Sverdlovsk et dans les maisons situées dans le centre. Le bâtiment, ainsi que d'autres monuments d'avant-garde, se distingue par des lignes épurées, les vitrages de bande, l'ascétisme.

Aujourd'hui, à la Maison de la communication se trouve le principal bureau de poste et à côté il y a le "kilomètre zéro" - le point de départ pour indiquer la distance entre Ekaterinbourg et d'autres villes. Au cours de la journée, les deux premiers étages où les visiteurs peuvent envoyer une carte ou paquet sont ouverts.

La Maison des communications à été achevée en 1934 à l’endroit où se trouvaient jadis deux propriétés de marchands. L’auteur du projet était l’architecte moscovite Constantin Solomonov.

Le complexe comprenait un central téléphonique, un bureau de poste et un télégraphe. Il y avait également tout ce qui était nécessaire aux employés des communications : cantine, ateliers, salle de réunion, studio radio et même une crèche et un jardin d’enfants. Il est intéressant de noter que même les enfants pouvaient se promener, jouer, faire de l’exercice et prendre des bains de soleil sur le toit du bâtiment clôturé de hauts rebords.

Grâce au central téléphonique automatique, 10 000 numéros furent mis en service en 1934 dans les plus grandes institutions de Sverdlovsk et les immeubles du centre-ville. Le bâtiment, comme d’autres monuments historiques d’avant-garde, se distingue par ses lignes sobres, son vitrage en bandes et son ascétisme.

Aujourd’hui, la Poste centrale occupe la Maison des communication. A proximité, on trouve le kilomètre zéro, point de référence pour mesurer les distances entre Ekaterinbourg et d’autres villes. La journée, les deux premiers niveaux sont accessibles aux visiteurs : on peut y envoyer des cartes postales ou des colis.

Donat Sorokin/TASS

Au milieu des années 1920, les entreprises industrielles si importantes pour le pays ont travaillé à Sverdlovsk qu'elles devrait être contrôlées par les employés du Commissariat du peuple aux Affaires intérieures (NKVD). L'ensemble des logements confortables a été construit pour eux au centre de la ville. 

Le projet a été commencé en 1929 avec participation de quatre architectes : Ivan Antonov, Veniamin Sokolov, Arseniï Toumbasov et Aleksandr Stelmachtchouk. En 1936, la construction du complexe a été achevée.

"Gorodok tchekistov" (la ville des membres de NKVD), surnommé ainsi par les habitants de la ville, occupe un quartier entier délimité par l'avenue Lénine et les rues Pervomaïskaia, Lounatcharskogo et Kouznetchnaia. L'immeuble de type d'hôtel pour les jeunes, plusieurs immeubles d'habitation, des hôpitaux, l'école maternelle et la crèche, le club ont été construit ici, ainsi, le grand magasin, la bibliothèque, la pharmacie, la salle à manger se trouvaient sur la territoire. A l'époque, la grande cour avec aire de jeux n'était accessible qu'avec un laissez-passer spécial, mais aujourd'hui, les portes sont toujours ouvertes pour les curieux. Les bâtiments sont reliés par de nombreux tunnels, bien que beaucoup d'entre eux sont inondées maintenant.

La plupart de "Gorodok tchekistov" est 'occupée par les immeubles avec des appartements à 2-6 pièces. Il est à noter qu'il n'y avait pas eu de cuisines dans les appartements, car les femmes étaient supposées d'être libérées du travail domestique. Les locataires actuels ont dû apporter des modifications pour ajouter une cuisine.

Le complexe de bâtiments est distingué par l'unité architecturale qui est créé grâce à la palette de couleurs unique, les mêmes fenêtres en baie et des escaliers, des fenêtres et des balcons. "Gorodok tchekistov" est l'incarnation des idées d'architectes pour créer un nouvel espace urbain dont les locataires seraient munis de tout le nécessaire - les artistes soviétiques pratiquaient le concept de la maison comme une "machine à habiter" populaire dans ces années.

Donat Sorokin/TASS

L'hôtel "Iset" qui a été construite en 1931 est considéré comme le bâtiment central de "Gorodok tchekistov". L'immeuble de 11 étages, qui ressemble à un fer à cheval, a été construit pour l'habitation collective pour les familles non-nombreuses des officiers du NKVD. Dans les petites pièces il n'y avait pas de cuisine. La salle à manger, les salles de conférence, la bibliothèque, des salles de divers groupes d'intérêt ont été dans le club voisin où les habitants de l'hôtel pouvaient venir par le passage emmuré. Dans les années 1930, le bâtiment a été l'un des plus ambitieux, beau et impressionnant à Sverdlovsk. Les cartes postales ont été produites avec ses images et en 1937 en Espagne il y avait un timbre à l'image de la dominante du complexe résidentiel de NKVD.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale a terminée, le bâtiment a été transformé en une immeuble d'habitation. Il est devenu un hôtel pour les athlètes nommé "Sport" qui a ensuite reçu le nom de "Iset". En 1973, au rez-de-chaussé le restaurant "Les pelménis d'Oural" a été ouvert. En 2014, le restaurant légendaire a été fermé et quelques nouveaux restaurants ont été ouverts à sa place où aujourd'hui vous pouvez trouver non seulement les pelménis, mais d'autres plats préparés selon les anciennes recettes de la cuisine russe.

Il y a quelques années, l'hôtel a été fermé pour rénovation et en 2015 il a été réouvert pour la Biennale Industrielle d'Oural. Pendant trois mois, les œuvres des artistes contemporains du monde ont été présentés dans l'immeuble. Maintenant, "Iset" est à nouveau vide, le future du monument du constructivisme n'a pas été déterminé.

Donat Sorokine/TASS

Le Club est nommé en mémoire de Félix Dzerjinski, l’un des fondateurs de la Commission pan-russe extraordinaire pour combattre la contre-révolution et le sabotage. Voilà encore un bâtiment inclus dans le complexe d’habitation du NKVD.

L’édifice à quatre niveaux fondé en 1932 se compose de plusieurs ailes reliées les unes aux autres à angle droit. L’ornement principal de ce monument est le cylindre de la cage d’escalier avec son vitrage vertical. Le magnifique escalier en colimaçon que les fans d’architecture d’avant-garde aiment tant photographier va dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Si vous le montez, regardez vers le haut et vous verrez la base d’une étoile à cinq branches.

À l’époque soviétique, le Club Dzerjinski était occupé par un auditorium avec une scène, les locaux de divers cercles et salons, une bibliothèque, un magasin d’alimentation générale, un atelier de couture d’uniformes militaires et bien d’autres.

En 1991, le monument historique fut investi par le Musée d’Histoire et d’Archéologie de l’Oural. De nos jours, les habitants et les visiteurs d’Ekaterinbourg peuvent dans le même temps voir l’exposition consacrée à l’histoire et à l’archéologie de l’Oural et se promener dans ce site architectural unique en son genre.

Selon les plans de Gueorgui Valenkov et Evgueni Korotkov, un autre grand complexe résidentiel fut construit dans le centre de Sverdlovsk pour les ingénieurs.

L’érection des nouveaux bâtiments se fit en deux étapes, voilà pourquoi les styles de construction différent l’un de l’autre. Ceux qui ont été construits entre 1930 et 1936 sont concis et harmonieux. Ils sont ornés de vitrages sur les cages d’escaliers, de fenêtres circulaires et de halls d’entrée cachés dans des niches. Les immeubles créés 10 an plus tard, au moment du passage du constructivisme au néoclassique, sont décorés de moulures, de pilastres et d’autres éléments pimpants.

Tous les bâtiments sont situés dans une zone délimitée par l’avenue Lénine, la ruelle Rechetnikov et les rues Mitchourine et Bajov. En plus d’immeubles d’habitation, il y avait jadis dans le complexe d’autres éléments : un magasin, un jardin d’enfants, un bania, une discothèque et une polyclinique : tout ce qu’il fallait pour assurer un confort de vie agréable aux gens.

Pendant les années de guerre, il fallut réaménager les espaces résidentiels pour en faire d’étroits appartements communautaires. Le complexe est aujourd’hui habité. Il est possible de pénétrer dans la cour à n’importe quelle heure de la journée.

En face de l’hôtel Isset se trouve un énième monument constructiviste, le Club des bâtisseurs. Ce bâtiment a été édifié en 1933. L’auteur du projet était le célèbre architecte et critique moscovite Yakov Abramovitch Kornfeld. C’est lui qui remporta le concours pan-soviétique de création d’un nouveau bâtiment à Sverdlovsk.

La structure se compose de trois parties : un bâtiment pour les spectateurs, un pour le club et un autre à vocation sportive. Ce dernier se trouve dans la profonde cour et il est relié aux précédents par un passage.

Le Club des bâtisseurs est décoré par des fenêtres intégrales et des jours d’escalier vitrés, ainsi que par des terrasses ouvertes où l’on pouvait faire du sport en plein air et prendre le soleil. Autrefois, le club accueillait une buvette et un auditorium de 800 places, une bibliothèque, des pièces pour les différentes sections, mais aussi des salles pour enfants et de sport.

La première restauration des intérieurs eut lieu pendant la Grande guerre patriotique, quand les studios cinématographiques de Sverdlovsk furent transférés dans le bâtiment. En 1999, un complexe commercial, CITY-CENTER, y a ouvert ses portes. Ses propriétaires n’ont conservé que les façades et les escaliers de cet édifice unique en son genre.

Le bâtiment, situé sur la place du 1er Plan quinquennal, a été érigé en 1932 sur les plans de l’architecte Piotr Oranski. Initialement, il était prévu que l’immeuble accueille des logements, mais il a finalement été confié à une usine. On y installa la direction et le département de formation technique des ouvriers. Dans la Maison de l’enseignement technique, les branches de plusieurs universités et lycées techniques travaillaient et il y avait des laboratoires et des auditoriums où pouvaient se former les ouvriers de l’usine.

L’édifice a une armature en béton armée et des murs en pierres artificielles légères, un vitrage en bandes caractéristique du constructivisme, des loggias et un bel oriel vitré de haut en bas.

De nombreux bureaux et magasins occupent aujourd’hui la Maison de l’enseignement technique.

Dans les années 1930, l’Union soviétique tentait de changer radicalement le quotidien de l’homo sovieticus. L’un des défis que le gouvernement s’était fixés consistait à libérer les femmes du travail domestique. A cet effet, on se mit à construire dans tout le pays des fabriques-usines pouvant fournir des plats préparés aux habitants des villes. Au cours de l’année 1935, dans la ville socialiste d’Ouralmach, apparut un nouveau combinat d’alimentation collective, érigé selon le projet des architectes Valeri Paramonov, Moïsseï Reischer et du diplômé de la célèbre école de design Bauhaus, Béla Schefler.

Le bâtiment obtenu était ascétique, avec des façades expressives et sévères. Dedans, on était frappé par les très nombreux passages et les grandes fenêtres grâce auxquelles l’espace se remplissait de lumière.

La fabrique pouvait donner jusqu’à 100 000 portions par jour, mais les habitants d’Ouralmach préféraient manger chez eux et prendre de la nourriture avec soi au travail. Le projet ne se justifiant pas, en 1937 le bâtiment fut complété par deux dépendances et transformé en Club Staline. Le nom moderne de l’édifice est Centre de la culture Ordjonikidze.

Le bâtiment n’a été classé au patrimoine culturel qu’en 2014. On y organise aujourd’hui divers expositions, concerts et master-classes. De plus, l’un des départements de l’Académie d’art moderne d’Ekaterinbourg y est établi.

Donat Sorokine/TASS

La Tour blanche est l’une des principales attractions touristiques du district d’Ouralmach et le symbole de l’avant-garde soviétique à Ekaterinbourg. Elle a été élevée selon les plans de l’architecte Moïsseï Reischer. Le chantier a commencé en 1928 et a duré trois ans. Un emplacement particulier a été choisi pour la tour : tout d’abord, elle se trouve au point culminant d’Ouralmach, ensuite, dans les années 1930 elle était visible depuis la place du 1er Plan quinquennal, au cœur de la ville socialiste.

A cette époque, la tour était unique en son genre et innovatrice. L’ouvrage était entièrement fait en béton armé. Quant à son réservoir, placé à une hauteur de 24 mètres, il pouvait contenir jusqu’à 750 mètres cubes d’eau et était le plus grand du monde.

Pendant 30 ans, la tour assura la fonction à laquelle elle était destinée, mais peu à peu le district se couvrit de nouveaux immeubles et le débit d’eau commença à être insuffisant. Pendant longtemps, les architectes d’Ekaterinbourg cherchèrent à faire quelque chose de la tour, mais ils ne trouvèrent pas de solution. Elle commença à se détériorer, les murs blanchis étaient recouverts de graffitis et les escaliers jonchés de déchets.

Tout a changé en 2013. Le groupe d’architectes Podelniki convainquit le comité municipal chargé du patrimoine de lui léguer l’ouvrage abandonné. Ils organisèrent dans la Tour blanche plusieurs opérations de nettoyage volontaire, puis, grâce aux fonds collectés via le financement participatif, le site fut protégé. En 2015, l’association d’architectes a remporté une bourse pour créer un musée dans la tour. Inauguré prochainement, il relatera l’histoire d’Ouralmach et de l’Usine de constructions mécaniques lourdes de l’Oural.