Lieux historiques

Serguéï Bobylev/TASS
L'île Bolotnyï (l’île du Marais) est une île artificielle au centre de Moscou, qui doit son existence à la construction du canal de drainage Vodootvodny, à la fin du XVIIe siècle. L'île a plusieurs noms historiques, qui sont souvent confondus même par les Moscovites. Certains l’appellent île Sadovniki d’après le nom du faubourg Sadovaïa, qui existait ici aux XVI–XVIII siècles. Avant que le canal Vodootvodny ait été construit à la fin du XVIIIe siècle, l’oulitsa Baltchoug (rue Baltchoug), une rue à côté de l’oulitsa Balotnaïa (rue Balotnaïa), était un marécage (en langue turque "baltchoug" signifie "étang" ou "marais"). Par conséquent Baltchoug est un autre nom populaire de l'île. La rue est célèbre aussi parce que, en 1552, Ivan le Terrible a ouvert ici la première taverne de Moscou.Autres noms populaires de l'île sont l'île Bolotnyï et l'île du Kremlin. L'île est connue par la Bolotnaïa plochtchad’ (place Bolotnaïa), l'arène des combats de pugilat au XVIIe siècle et par le fait qu’ici ont été exécutés les chefs des révoltes paysannes Sten’ka Razine et Yemel’ian Pougatchev.

Une autre caractéristique exceptionnelle de l'île Bolotnaïa est sa Strelka ou flèche, l’aire où, au début du XXIe siècle, fonctionnait l’usine de confiserie "Krasny Oktiabr’". L'usine a déménagé et ses bâtiments historiques en briques rouges abritent maintenant un complexe créatif du même nom. Les anciens magasins de l'usine ont été loués à des galeries, des studios, des restaurants et des magazines chics. Ici vous pouvez aussi trouver l'Institut des médias, d’architecture et design avec un bar du même nom "Strelka", tous les deux nommés d'après la flèche de l'île Bolotnyï.
Nikolaï Galkine/TASS
La Maison Pachkov est l'un des principaux symboles de la ville. Le bâtiment, construit dans le style classique, est sur la colline Vagan’kovski. Supposée d'avoir été conçue par Vasily Bazhenov, la maison a été construite à la fin du XVIIIe siècle pour Pyotr Pashkov, capitaine de la garde impériale du Régiment de Semenovskiï. Une fois construit, le bâtiment semblait si singulier, que les moscovites venaient en masse pour le regarder. Le gouvernement a acheté le bâtiment au XIXe siècle pour l'Université d'Etat de la noblesse de Moscou, plus tard la maison a été occupée par le Musée Roumiantsev. Au XXe siècle, elle abritait la Bibliothèque d'Etat russe (anciennement connue sous le nom de Bibliothèque publique), qui s’y trouve toujours. Il y a une légende qui dit que sous la maison Pashkov, au sein de la colline Vagan’kovski, est enterrée la bibliothèque perdue d’Ivan le Terrible. Vous pouvez visiter la maison seulement avec une visite guidée.
Serguéï Bobylev/TASS
Krymskaïa naberejnaïa (le Quai de Crimée) est une zone piétonne du quai de la rivière Moskva, à proximité du parc Mouzeon et du pont Krymski. Des fontaines multicolores jaillissent du sol au milieu des beaux parterres et des bancs le long du quai, projetés par l’atelier d'architecture Wowhaus. Krymskaïa naberejnaïa est la continuation de Pouchkinskaïa naberejna (le Quai Pouchkine) du Park Gor’kogo. Par beau temps, vous pouvez louer un vélo et monter jusqu’aux Vorobievye gory (collines des Moineaux) .
Boris Kavachkine/TASS
L'un des plus beaux bâtiments de Moscou, construit en 1903 par l'architecte Fedor Chekhtel’ comme maison privée du propriétaire d'usine et patron des arts Stepan Riabouchinskiï, le fondateur de l'usine de camions AMO (ZiL). En 1932, cet édifice Art Déco exquis est devenu le foyer de l'écrivain soviétique Maksim Gor’kiï, venu d'Italie pour se préparer à la première Convention des écrivains soviétiques. Gorki n'aimait pas la maison et il voulait se débarrasser des éléments décoratifs, créés par l'artiste Mikhaïl Vroubel. Après la mort de l'écrivain en 1936, la veuve de son fils, Nadejda Pechkova, continua à vivre dans la maison, transformant éventuellement une partie en un musée commémoratif de Gorki. La maison de Riabouchinski est l'un des rares bâtiments qui restent à Moscou, n'ayant pas perdu son aspect pré-révolutionnaire, en grande partie grâce aux descendants de Gorki, qui ont fait un effort pour conserver le bâtiment dans sa splendeur originale.
Nikolaï Galkine/TASS
Les étangs du Patriarche (Patriarchie proudy), est un quartier historique du centre-ville de Moscou, qui comprend un étang entouré d’un parc, ainsi que des ruelles environnantes. Jusqu'au XVIIe siècle, il y avait le marécage des chèvres, ainsi nommé en raison de sa proximité avec un élevage de chèvres, qui fournissait la laine au Tsar. Au XVIIe siècle le marécage est devenu la propriété du patriarche Guérmoguén, qui a fondé le quartier patriarcale. On y a creusé trois étangs pour la pisciculture, d'où le nom de Trekhproudny pereoulok (la voie des trois étangs). Cent ans plus tard, au début du XIXe siècle, tous les poissons ont été enlevés et deux étangs ont été remplis, un seul étang a été laissé pour sa beauté. Maintenant, il est un endroit pour les promenades sociales. En été il y a des cygnes, en hiver il devient une patinoire. Non loin de là, sur la Bol’choï Patriarchi pereoulok (promenade Bol’choï Patriarchi), vous trouverez la Maison Tarasov, conçue par l'architecte Ivan Joltovski dans l'esprit de la Renaissance italienne et bâtie en 1912. Tout près, sur la Yermolaïevski pereoulok (promenade Yermolaïevski), vous trouverez aussi la Maison des Lions, bâtie par les élèves de Joltovski pour les principaux commandants soviétiques en 1945, sur l'ordre de Joseph Stalin.
Natal’ia Garnelis/TASS
Les trois des principaux terminaux ferroviaires de Moscou : Léningradskiï, Iaroslavski et Kazanskiï, se trouvent sur la Komsomol’skaïa plochtchad’ (Кomsomol’skaïa square). Baptisée populairement la place de trois stations, Komsomol’skaïa plochtchad’ est une importante jonction des chemins de fer et un lieu historique remarquable.

Le bâtiment du terminal ferroviaire de la station Iaroslavskiï, conçu par le grand architecte de Moscou Fedor Chekhtel’ dans le style Art Nouveau, a été construit en 1904. De la station ferroviaire Iaroslavskiï les trains partent pour Arkhanguél’sk, Iaroslavl’, Vladivostok et Nijni Novgorod. Le terminal ferroviaire Léningradskiï, à côté de la station Iaroslavskiï, a été construit en 1849 et s’appelait jadis Nikolaïevskiï. D’ici les trains partent pour Saint-Pétersbourg, Pskov, Mourmansk et Petrozavodsk. En face de ces stations se trouve le terminal ferroviaire Kazanskiï, un bâtiment à l’aspect festif du début du XXe siècle, conçu dans le faux style russe avec des éléments d’Art Nouveau, projeté par l'architecte Alekseï Chtchoussev. La construction a pris plus d’une dizaine d’années et s’est terminée seulement en 1940. La place abrite aussi le Centre culturel des travailleurs des chemins de fer, également connu comme Chtchoussev et l’un des sept gratte-ciel de Moscou : l'hôtel Hilton Moscow Leningradskay.
Mikhaïl Djaparidze/TASS
Cette colline à l'ouest de Moscou, dans les siècles XIV-XIX servait comme une sorte d'observatoire naturel pour les voyageurs. On croit que les voyageurs qui se dirigeaient vers l'est ou l'ouest, s'arrêteraient sur ce mont pour rendre hommage à la ville majestueuse. Une colline similaire existait également à proximité de la route Iaroslavskoe Chosse (autoroute Iaroslavskoe) mais au XXe siècle on l’a couvert avec des bâtiments. La colline Poklonnaïa était l'endroit pour accueillir les invités distingués arrivant à Moscou de l'ouest. Ici, en 1812, Napoléon a attendu en vain pour le peuple de Moscou de lui apporter les clés de la ville. Aujourd’hui, la colline Poklonnaïa est simplement une vaste zone de promenade avec des fontaines et le complexe commémoratif du Parc de la Victoire. Dans le Parc de la Victoire il y a le Musée central de la Grande Guerre patriotique, le monument aux héros de la Première Guerre mondiale, le monument aux chiens de combat, le Mémorial de l'Holocauste avec la synagogue, le parterre des lys planté pour le 70e anniversaire de la victoire de 1945 et un musée de machines militaires à ciel ouvert. La colline Poklonnaïa est aussi un lieu de cérémonies officielles, des événements commémoratifs et des fêtes de masse. Les jeunes mariés s'arrêtent pour rendre hommage à la ville, et les patineurs se rassemblent ici. En hiver, sur la colline Poklonnaïa il y a une patinoire. Ici, on organise des foires à Noël, à Maslenitsa et pour les Pâques.
Aleksandr Zelikov/TASS
Le palais Petrovski est une résidence de luxe sur la Léningradski prospekt (avenue Léningradski), conçu dans le style néo-gothique par le grand architecte russe Matvei Kazakov. Le palais a été construit à la fin du XVIIIe siècle par ordre de l'impératrice Catherine II pour commémorer la victoire dans la guerre russo-turque des années 1768-1774. On croit que les personnes notables, proches de l'impératrice, venant de Saint-Pétersbourg à Moscou, voulaient se détendre ici après une route difficile et changer de vêtements pour continuer leur voyage.

Ekaterina elle-même n’est restée ici qu’une seule fois, en 1787, sept ans après l’achèvement de la construction.Il y a une légende qui dit qu’un soir l’impératrice a décidé de renvoyer la garde et son entourage, en disant qu’elle serait protégerait par son peuple, ce qui a conduit à une bousculade indescriptible qui s’est presque mal terminée. Le beau parc avec des arbres gigantesques a été planté à la fin du XIXe siècle. С’est d'ici que Napoléon regardait l'incendie de Moscou. On dit que le feu était si fort qu’une partie de ses cheveux a pris feu.Dans "Eugénie Onéguine" Alexander Pouchkine a écrit à propos du séjour de Napoléon dans le Palais Petrovski.

Maintenant, le palais est administré par la ville, il y a un restaurant, un sauna, une piscine et un hôtel. Dans l'une des salles du palais on organise des concerts de musique classique. Pour voir le bâtiment à fond, vous pouvez vous inscrire à l'une des visites organisés par le "Musée de Moscou". Vous trouverez plus d'informations sur le site officiel.
Marina Lystseva/TASS
La station fluviale du Nord a été construite sur la rive du réservoir de Khimki en 1937, en même temps que le canal de Moscou, avant que le réservoir ne soit rempli d'eau. La forme de cet immeuble style Empire de Staline rappelle un navire, décoré d’un panneau de majolique avec le marteau et la faucille incrusté de pierres semi-précieuses de l'Oural, d'une horloge, d'un escalier magnifique et d'une grande flèche, dont la pointe porte l’étoile de la tour Spasskaya du Kremlin de Moscou, installée ici en 1937. La flèche est conçue de telle manière qu'elle puisse être relevée ou abaissée pour marquer le commencement ou la fin de la saison de navigation. Cependant, ce mécanisme a été utilisé seulement quelques fois. Les fontaines "Nord" et "Sud" à chaque côté de l'édifice rappellent l’existence des deux gares fluviales de Moscou : celle du Nord et celle du Sud. Les bateaux de la gare du Nord partent pour Saint-Pétersbourg, Astrakhan et Rostov-on-Don. Les petits bateaux de croisière, les soi-disant «trams de la rivière», font également l’escale ici. Ils naviguent sur le canal de Moscou, en entrant dans la Baie de la Joie, un lieu populaire pour les pique-niques. À côté de la Station fluviale du Nord se trouve un grand parc qui couvre les deux côtés de Léningradskoе chosse (l’autoroute Léningradskoе). C'est un endroit idéal pour faire du vélo et du roller en été. Il y a aussi des manèges pour les enfants. Le parc à côté de la Station fluviale du Nord est l'un des endroits où se dévoilent des feux d'artifice officiels des fêtes principales.
Nikolaï Galkine/TASS
Cette rue historique, mentionnée pour la première fois dans les chroniques dès le milieu du XVIe siècle, a été transformée en rue piétonne à l'époque soviétique, ce qui était une grande rareté, même pour Moscou. Le nom dérive du lieu historique Orbat, situé à l'ouest du Kremlin, mais l’origine du nom lui-même est inconnue.
Pendant la période soviétique, plus de la moitié des maisons et des hôtels du XIXe siècle ont étés conservés, dont certains sont aujourd’hui protégés par l'État. Arbat est l'endroit où on peut acheter des poupées Matryoshka, des écharpes Orenbourg et des bijoux ambrés. Les marchés aux puces dans la rue vendent des antiquités (surtout du bric-à-brac soviétique) et des vieux livres. Il y a toujours beaucoup de touristes, on y joue de la musique, des mimes et des clowns amusent le public et des artistes et caricaturistes dessinent les passants. Le poète, barde et compositeur Bulat Okudzhava, qui vivait ici, a glorifiée la rue Arbat.
Nikolaï Galkine/TASS
Le siège du gouvernement de la Fédération de Russie, connue populairement comme la Maison Blanche, est situé sur le quai de la rivière Moskova, en face de l'hôtel "Ukraina". Le bâtiment a été construit en 1979 par les architectes Pavel Chteller et Dmitri Tchetchouline et est célèbre surtout par le fait que, en 1991, il a été l'épicentre de la lutte pendant le putsch d’août. Le putsch a failli, mais peu après l'Union Soviétique s’est effondrée. Après les événements d'août 1991, le bâtiment est devenu connu sous le nom de la Maison des Soviet et plus tard comme la Maison Blanche.
Arteom Geodakyan/TASS
La Place Rouge est la place principale de Moscou et de la Russie, le paysage le plus reconnaissable, qui apparaît dans de nombreux films étrangers sur la Russie. Autour de la place se trouvent le Kremlin avec ses tours Nikol’skaïa et Spasskaïa, le Musée historique d'État, le grand magasin GUM avec ses vitrines multicolores et ses cafés en plein air et la cathédrale Pokrovskiï (la cathédrale de Saint-Basile), derrière laquelle s’ouvre une vue placide de la rivière Moskova et du quartier Zamoskvoretchie. Il y a aussi le Lobnoye Mesto (lieu d'exécution), le mausolée de Lénine, un monument à Kuzma Minin et Dmitri Pojarski, chefs de la deuxième milice populaire qui, en 1612, a libéré Moscou des envahisseurs polonais, le mur du Kremlin avec les tombes des personnalités soviétiques célèbres, y compris Joseph Staline et l'écrivain Maksim Gor’kiï. 

Avant le début du XXe siècle, toute la vie urbaine était concentrée sur la Place Rouge, la plus belle place de la ville (le mot russe pour « rouge » - « Krasnaya» - signifie aussi « beau »). Ici, les vendeurs colportaient leurs marchandises, on proclamait les édits royaux, parfois des exécutions publiques y avaient lieu, les moscovites buvaient dans la taverne Pod Pushkoy (Sous le canon) sur le lieu d'exécution, entourée de canons trophée. Au cours des fouilles archéologiques on a trouvé dans cet endroit de petites monnaies, de la vaisselle à boire à bon marché et des dents humaines.

Maintenant, la Place Rouge est toujours bondée. Pendant la saison de Noël se tiennent ici des foires très amusantes, avec du patinage, la liqueur de miel, les crêpes chaudes et la belle porcelaine russe. Au début du mois de septembre, la Place Rouge devient le lieu du festival international des fanfares militaires de la Tour Spasskaïa. Le 9 mai elle accueille le défilé militaire du jour de la victoire. Le reste de l'année, la Place reste ouverte pour les promenades, où on peut admirer l’éclairage du GUM et écouter le son de l'horloge de la Tour Spasskaïa.
Михаил Метцель/ТАСС
Le bâtiment du Télégraphe central dans la rue Tverskaïa a été construit en 1927 par l'architecte Ivan Rerberg, déjà célèbre grâce à son projet pour la gare de Kiev. Le style du Télégraphe central - entre l’Art déco et le constructivisme – s’intègre parfaitement dans l'entourage de la rue Tverskaïa, de sorte que les Muscovites l'ont accueilli chaleureusement. Il est décoré avec des horloges, un globe de verre tournant et un impressionnant éclairage mouvant, allumé aux jours de fête. Dans les années 1930, les hôtes de la radio soviétique parlaient ici. Le 22 juin 1941 le Commissaire du peuple de l'Union soviétique pour les affaires étrangères, Viatcheslav Molotov, a annoncé à la nation le début de la Grande guerre patriotique.
Aleksandra Krasnova/TASS
Le TSOUM, ou Tsentral’ny ouniversal’ny magazine (Magasin Central Universel), était le deuxième magasin soviétique le plus prestigieux de Moscou après le GUM. Construit en 1885 sur le projet de deux architectes écossais, Andrew Muir et Archibald Merrilees, le futur TSOUM a été conçu à l'origine comme un magasin de mercerie qui vendait également des tissus et des chapeaux. Dès le début, le magasin a défini certaines règles qui n'étaient pas habituelles au commerce de détail russe à l’époque : la négociation n'était pas autorisée, le prix indiqué était définitif. Auparavant, tous les entreprises de la ville étaient guidés par la loi du marché libre.

Le premier bâtiment du magasin est tombé rapidement en mauvais état, en 1908 à sa place on a érigé un immeuble magnifique, en style néogothique, de sept étages, conçu par l'architecte Roman Klein, avec la participation du constructeur Vladimir Choukov, responsable de la structure. Les mouscovites ont adoré le nouveau magasin. Faire des achats à « Muir et Merrilees » était considéré comme un signe de bon goût. En 1917 le magasin a été nationalisé. Le nouveau gouvernement a changé son nom à TSOUM (Magasin Central Universel). Il a aussi changé les produits. Au lieu des vendeurs bien formés on a embauché quelques centaines de jeunes communistes. Les temps de Muir et Merrilees étaient finis, mais TSOUM reste toujours le magasin le plus élégant et coûteux de la capitale.
Serguéï Fadeïtchev/TASS
La tour Choukhov est une construction hyperbolique célèbre projetée par l'architecte et inventeur russe Vladimir Choukhov. La structure réticulaire verticale a été érigée dans la rue Chabolovka de Moscou en 1922. Elle a été construite pour transmettre des signaux radio, mais en 1939 elle a commencé à transmettre des signaux de télévision. Choukhov était un ingénieur de renommée internationale, qui a inventé et breveté le principe de construction hyperboloïde à la fin du XIXe siècle. Des tours en acier réticulaires, construites selon le principe de Choukhov, existent en République tchèque, en Suisse et au Japon.
Nikolaï Galkine/TASS

L’Exposition des réalisations de l'économie nationale, qui représente l'amitié des peuples de l'URSS, a été inaugurée le 1er août 1939 au Nord de Moscou, avec l’ouverture de l’Exposition agricole de l'Union. Avec ses 250 bâtiments, l’un plus beau que l’autre, l’Exposition était une ville dans la ville. Le noyau de l’Exposition était les pavillons consacrés à chacune des républiques de l'Union et aux principales industries et professions agricoles.

Les meilleurs architectes et ingénieurs soviétiques ont contribué au projet de la VDNKh. L'Exposition a été officiellement fermée en l'été 1941, lorsque la guerre a commencé, certaines des pièces de base ont été vendues et certaines ont été évacuées. Les territoires libérés ont été réaménagés selon les besoins militaires, dans l'un des pavillons on a organisé une école de contre-espionnage. Pendant la guerre, la plupart des pavillons sont tombés dans la décrépitude, mais, une fois la guerre terminée, tout le complexe a été rénové avec un grand enthousiasme. Les anciens pavillons ont été restaurés et de nouveaux construits, on y amenait les écoliers pour admirer les dindes spécialement engraissées et les cochons. Aux pavillons des républiques, les visiteurs recevaient de la confiture de cône de sapin et du Churchkhela (un plat géorgien de noix sur une corde, bouilli dans du jus de raisin). Deux fontaines étonnantes ont été ouvertes ici en 1954 : « L'amitié des peuples » et «La fleur de pierre », la première fontaine du monde où le spectacle lumineux était synchronisé avec la musique composée par Dmitri Chostakovitch. A partir des années 1950 jusqu’aux années 1990, VDNKh a servi comme modèle parfait d'un pays heureux : beaux pavillons décorés dans les traditions ethniques des républiques soviétiques, chacun offrant le meilleur de la cuisine nationale respective, avec une exposition fière de toutes les réalisations agricoles, sous forme de porcs reproducteurs, des vaches et toutes sortes de volailles et les merveilles de l'industrie soviétique (le pavillon "Cosmos" était vraiment remarquable). Le VDNKh est tombé dans la négligence après la dissolution de l'Union Soviétique.

La deuxième vie de la VDNKh a commencé en 2013. On a entreprit la reconstruction des pavillons (certains ont déjà retrouvé leur beauté d'antan), le commerce illicite a été arrêté, le Théâtre Vert a été inauguré, où des artistes de classe mondiale, tels que Iouri Bachmet et Sinead O'Connor donnent des concerts. Aujourd’hui le complexe abrite un musée polytechnique et le plus grand aquarium de l'Europe. Les allées infinies de la VDNKh sont parfaites pour le patinage, les scooters et le vélo. À droite de l'entrée principale se trouve la sculpture « L'ouvrier et la femme kolkhoze » de Vera Mukhina, créé en 1937 pour l'Exposition universelle de Paris.

Nikolaï Galkine/TASS
Le Gossoudarstvenny ouniversal’ny magazine (Grand Magasin d’État), c’est le magasin principal de Moscou, le lieu de pèlerinage pour les touristes de tous les temps. Au Moyen Âge l'endroit où se trouve le GUM était un marché en plein air et seulement au XVIIIe siècle, sur ordre de Catherine II, on a décidé de construire sur la place du marché une galerie commerciale dans le style classique. Giacomo Quarenghi, le créateur du Palais Pokrovski et de l’Institut Smolny à Saint-Pétersbourg, a commencé le travail sur ce projet, mais le bâtiment n'a jamais été achevé selon son design. Après l'incendie de Moscou de 1812, le projet a été commandé à Joseph Bové, le créateur du Théâtre du Bolshoi, du Manège de Moscou et de l'Arc de Triomphe, mais l'édifice qu'il a conçu est devenu rapidement obsolète et on l’a oublié. Le bâtiment actuel des Rangées Supérieures de Commerce, comme le GUM s’appelait, a été construit en 1893 par l'architecte innovateur Alexander Pomerantsev. Le résultat a été un centre commercial classique, comme ceux largement répandus en Europe au XIXe siècle, mais dans le style pseudo-russe. En ce qui concerne les étonnantes voûtes en verre, Pomerantsev a invité le grand ingénieur Vladimir Choukhov, l'inventeur de la voûte cintrée et de nombreuses structures hyperboloïdes, y compris la célèbre Tour Choukhov à Chabolovskaya. Choukhov a construit un énorme toit de 800 tonnes, qui brille au soleil et semble sans poids.

En 2012, après une longue restauration, les toilettes historiques ont été rouvertes dans le sous-sol du centre commercial. Elles sont trop chics pour être des toilettes, ressemblant plutôt à un salon dans le palais d'un noble. Les bolcheviks avaient clos les toilettes après la Révolution, en le considérant comme trop excessives. Ils assurent que le GUM a été le premier magasin de l'histoire du commerce de détail soviétique où un livre de plaintes et de suggestions a été introduit, mais il n'existe aucune preuve historique concernant ce fait.

Les moscovites vont au GUM pour y passer leur temps libre, pas seulement pour faire des achats. Il y a quelques cafés et un cinéma au troisième étage. Au GUM on vend de la glace délicieuse, qu’on recommande de manger près de la fontaine située au centre du magasin, c’est aussi le lieu parfait pour un rendez-vous.

La glace classique, familière à tout moscovite dès son plus jeune âge, se trouve définitivement au GUM. La vente de cette glace est commencée le 3 juillet 1954. Au sous-sol du magasin un atelier spécial pour la production de la crème glacée a été ouvert. D’abord on y produisait seulement le plombir (crème glacée riche) et la crème brûlée. Plus tard, d'autres sortes de glaces ont été introduites. L'atelier fonctionne jusqu'à présent, les gens qui y travaillent gardent soigneusement les recettes et les secrets de la production de la glace dans des gobelets à gaufres.

Jadis il y avait des vendeuses élégantes avec des wagons de glaces, où l'on pouvait voir beaucoup de gobelets croquants avec des saveurs traditionnelles : crème riche, crème brûlée, crème au chocolat, melon. Maintenant, il y a un grand kiosque avec un assortiment plus grand : avec les arômes classiques, vous pouvez trouver des glaces de cerise, de pistache et de glace esquimau dans du papier d'aluminium. Il y a toujours une grande queue devant le kiosque même pendant l'hiver.
Nikolaï Galkine/TASS
La maison monumentale sur le quai est en fait un ensemble de maisons construites en 1931 pour hauts fonctionnaires d’État et personnages soviétiques : membres du gouvernement, scientifiques, explorateurs, musiciens, écrivains et héros de guerre. Les locataires de presque tous les appartements occupent une place notable dans l'histoire de l'URSS. La maison a été conçue par le grand architecte Boris Iofan dans le style du constructivisme tardif. Iofan a supervisé personnellement la construction, vérifiant chaque détail, jusqu'aux meubles et les poignées des portes. Les intérieurs étaient méticuleusement pensés. Il y avait des peintures murales, des trous pour le tuyau du samovar et des presses à papier qui s’harmonisaient au feutre qui tapissait les tables. La maison était équipée avec tout le nécessaire. En cas d'urgence, les habitants pouvaient survivre longtemps sans quitter leur appartement. La maison comprenait une buanderie, un grand magasin, une cafétéria, une salle de sport et un cinéma. Dans les années des répressions de Staline, beaucoup de résidents avec leurs familles ont été arrêtés. Aujourd’hui il y a un musée à leur mémoire dans la Maison, dirigé par Ol’ga Trifonova, la veuve de l'écrivain Iouri Trifonov, qui a inventé le nom «La maison sur le quai», ce qui en fait le titre d'un de ses courts romans.
L'architecte Ernst-Richard Nirnsee a construit plusieurs maisons à Moscou, mais une seule porte son nom : un immeuble résidentiel dans la Bol’choï Gnezdnikovski pereoulok (rue Bol’choï Gnezdnikovski). Il y a toute une histoire derrière cette maison. Le terrain sur lequel se trouve la maison a été acheté par l'architecte Nirnzee avec son propre argent afin d’y construire le premier gratte-ciel de neuf étages à Moscou, avec de petits appartements et une salle à manger séparée sous le toit. C’est pourquoi on l’a nommé la Maison des célibataires. L'idée a été réalisée en 1913. La maison se trouvait dans la rue Tverskaya, sa façade amalgamait différents styles : du constructivisme émergeant jusqu’à l’art déco et le néoclassicisme. Pour que la façade, sèche et sévère, donnât de la joie à ses habitants, Nirnsee a conçu chaque balcon avec des boîtes à fleurs. De la sorte, en été, le gratte-ciel serait décoré de verdure. Le banquier Dmitry Rubinstein a vécu ici et on dit que l'ami intime de la famille royale, Grigory Rasputin, s’est présenté aux soirées de Rubinstein en 1914. En 1915, sur le toit du gratte-ciel a été ouvert le restaurant « Krycha » avec une terrasse d’observation. En 1918, la maison a été nationalisée et rebaptisé comme la 4e maison du Soviet de Moscou. Des hauts fonctionnaires soviétiques ont vécu ici, telles que Vadim Podbel’skiï, Ivan Likhatchev, Andreï Vychinskiï et d'autres.