Manoirs

Pavel Novikov/Welcome2018.com

Cette solide bâtisse en pierre blanche datant du XVIIe siècle est la plus ancienne maison d’habitation en pierre de Nijni Novgorod. Selon la légende, c’est dans cette maison appartenant au riche commerçant Iefim Chatyguine que séjourna pendant une semaine Pierre Ier. C’est pourquoi on l’appelle aussi " la petite maison de Pierre ". Vers la fin du XIXe siècle, la maison devint le lieu de stockage des antiquités de la commission scientifique d'archives provinciales de Nijni Novgorod. Un perron principal fut ajouté à cette époque.

Durant les années soviétiques, la maison a abrité à différentes périodes un logement communautaire, une filiale de la société de protection des monuments historiques et culturels et un atelier de restauration. Aujourd’hui, le bâtiment est vide, mais protégé en tant que monument d’architecture d’importance fédérale.

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Un autre monument d’architecture russe ancienne, datant du XVIIe siècle et parfaitement conservé. Les historiens assurent qu’il ne reste plus que deux dizaines de palaty (bâtisses de maître) en pierre blanche dans toute la Russie. Tous les guides touristes mentionnent qu'ils appartenaient au richissime commerçant de Nijni Novgorod, Afanassi Olissov, mais les historiens ne sont pas certains qu’il ait participé au chantier, car aucune preuve tangible n’existe. Cependant, on sait qu’Olissov a fait construire l’église de l’Assomption qui se trouve tout près.

Jusqu’à la fin des années 1970, la maison était habitée, puis, après une rénovation, elle a accueilli le centre régional d’art traditionnel. Aujourd’hui, des ateliers de broderie d’or pour l’église y sont installés.

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Deux maisons des XVIIe et XVIIIe siècles ont été construites par différentes générations de descendants d’Ivan Pouchnikov, riche négociant spécialisé dans la fabrication de cuir. Elles font partie des premières maisons en pierre de Nijni Novgorod. Leur construction nécessitait des pierres massives et très chères, ce qu’à l’époque seuls les gens très aisés pouvaient se permettre.

Comme la maison Chatyguine, l’histoire des palaty Pouchnikov est liée au nom de Pierre Ier. L’empereur s’est arrêté à Nijni Novgorod en 1722 sur le chemin de la mer Caspienne et y a peut-être fêté ses cinquante ans. Au moment de la révolution de 1917, les palaty servaient de logement aux prêtres et l’ensemble architectural fut donné à l’église Saint-Serge qui se trouvait à côté. Plus tard, différentes organisations et institutions ont été installées dans le bâtiment. Aujourd’hui, les palaty, ayant gardé toute leur splendeur, sont vides. Les palaty Pouchnikov sont un lieu incontournable dans tous les circuits touristiques.

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Cette maison au style néo-classique, dont les colonnes de la façade donnent sur le quai, a été construite en 1912 pour l’armateur Fiodor Kamenski. Son père dirigeait le musée d’histoire et d’art de la ville et la famille possédait une grande collection de toiles et d’autres objets de valeur. Après la révolution d’Octobre, on croyait cette collection perdue. La maison a longtemps gardé son secret. C’est seulement en 1973, lorsque le manoir a été donné par l’Institut de la chimie de l’université de Gorki à la société scientifique Znanié, qu’on a retrouvé pendant les travaux la cachette sous un escalier en chêne massif. Tous les trésors des Kamenski ont été retrouvés intacts. Porcelaine russe et saxonne, statuettes rares, lustres anciens, vaisselle en cristal et toiles, soit plus de 600 objets, le tout enveloppé dans des journaux datant de 1917. Aujourd’hui, on peut admirer cette collection au musée-réserve d’histoire et d’architecture.

La maison a le statut de monument d’architecture d’importance fédérale.

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Dmitri Sirotkine, riche armateur et chef de la ville, commanda la maison principale de la propriété, qui à l’époque occupait un quartier entier, à deux frères architectes, Viktor et Alexandre Vesnine. Leurs noms sont inscrits dans l’histoire du constructivisme soviétique. Ils furent également les auteurs de plusieurs bâtiments connus (l’univermag de Krasnaïa Presnia, le palais de la Culture Likhatchev). Or, le projet de propriété à Nijni Novgorod, réalisé en 1916, était tout autre chose, accompli selon les goûts prérévolutionnaires.

Incroyable mais vrai, cette bâtisse grise et bleue décorée de stuc blanc, avec son portique à quatre colonnes et sa semi-rotonde légère, a traversé toutes les époques et a toujours abrité le musée des beaux-arts, comme le voulait Dmitri Sirotkine. En 1992, la collection s’étant considérablement agrandie, il a été décidé de la transférer dans un bâtiment donné au musée et situé au kremlin. La propriété Sirotkine fut fermée pour travaux de rénovation jusqu’en 2009.

Aujourd’hui, la propriété abrite une collection d’art d’Europe de l’Ouest et, dans une aile, se trouve la toile de Constantin Makovski L'appel de Minine aux Nijégorodiens.

Une autre maison individuelle de la propriété Sirotkine est un exemple de ce que peut être une excellente rénovation de nos jours. Les historiens disent que la bâtisse, reconnaissante pour le soin et l’attention dont les gens l’ont entourée, a dévoilé son secret. Pendant des travaux sur le plafond, on a retrouvé des peintures aux couleurs vives réalisées dans le style de la peinture d’église du XVIe siècle, c’est-à-dire avant la reforme du patriarche Nikon et avant le schisme de l’église russe. En fait, Dmitri Sirotkine était le leader des communautés de vieux-croyants de Nijni Novgorod, et cette maison abritait une chapelle. Histoire presque incroyable pour l’époque : Sirotkine était tellement respecté, que le gouverneur ignora la demande du métropolite de faire fermer cette chapelle. Dans les années qui ont suivi, le bâtiment a hébergé un orphelinat, un lycée des beaux-arts et même un musée de l’athéisme. Aujourd’hui, une banque y est installée.

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Il serait difficile de trouver un autre édifice de Nijni Novgorod aussi chargé d’histoire que celui-ci. Cette maison avec une aile, dans un coin calme et arboré, située à deux pas de la rue principale Bolchaïa Pokrovskaïa, appartenait à la famille du critique littéraire Nikolaï Dobrolioubov. Ils habitaient dans l’aile, et la maison, avec ses deux étages, était en location.

Durant la deuxième moitié du XIXe siècle la maison a accueilli d’illustres personnages, comme l’écrivain Pavel Melnikov-Petcherski, le critique musical russe Alexandre Oulybychev qui organisait chez lui des soirées musicales où le futur compositeur Mili Balakirev fit sa première audition. Après l’insurrection des décabristes, c’est dans cette maison que s’est rendu un des leaders du mouvement, Sergueï Troubetskoï, originaire de Nijni Novgorod. Au début du XXe siècle, une école de filles s’est installée dans la propriété, avant qu’elle ne redevienne ensuite un ensemble de logements.

Aujourd’hui, c’est l’unique musée consacré à la mémoire de Nikolaï Dobrolioubov en Russie. On y organise des spectacles et des thés selon les traditions de la famille Dobrolioubov.