Demeures

Mikhaïl Mordassov/TASS

La maison du premier marchand millionnaire de Rostov, Piotr Maksimov, qui s’était enrichi dans le commerce de céréales, fut construite en 1867, vraisemblablement selon les plans de l’architecte Trofim Charjinski. Ce magnifique exemple de classicisme tardif est l’un des plus vieux bâtiments en pierre de la ville qui nous soient parvenus. A différentes époques, il fut occupé successivement par l’administration municipale (qui déménagea plus tard dans son propre bâtiment), par la guilde des marchands puis par un tribunal. Le maire de la ville Andreï Baïkov, à la tête de Rostov-sur-le-Don de 1862 à 1869, puis de 1884 à 1889, travaillait en ces lieux, de même que Pavel Tchekhov, père du grand écrivain. 

La maison Maksimov se trouve dans le centre historique de la ville, près du célèbre Vieux bazar (aujourd’hui marché central) et de la cathédrale de la Nativité-de-la-Vierge-Marie, à une visite de laquelle il conviendrait de combiner son observation.

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Située dans la principale rue piétonne de Rostov-sur-le-Don, la rue Pouchkine, ce bâtiment est connu de tous les étudiants de l’université fédérale du Sud (ex université d’Etat de Rostov) en tant que « zonalka » ou Bibliothèque scientifique zonale I. A. Jdanov. Mais cette demeure majestueuse réalisée dans le style néoclassique ne fut pas toujours un temple de la science. La maison fut construite en 1914 sur les plans de Leonid Eberg, qui la conçut sur commande de Nikolaï, représentant de la célèbre dynastie de marchands. 

Le mécène et éditeur Paramonov vécut ici avec sa famille jusqu’en 1918, après quoi la propriété de la maison fut transférée à un des organismes du parti. La même année, après que les bolcheviks eurent quitté la ville, le bâtiment abrita le quartier général de l’Armée de volontaires du mouvement Blanc. A l’heure actuelle, la demeure est en cours de rénovation, mais on peut l’observer de l’extérieur.

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Au cours de l’année 1910, sur commande de l’armateur et mécène rostovien Gueorgui Poustovoïtov, une maison art nouveau apparut dans une des rues commerçantes centrales de Rostov-sur-le-Don, devenant à l’époque l’un des édifices les plus hauts de la ville. L’auteur du projet était l’architecte Evgueni Gouline. On suppose que dans son travail Gouline s’est inspiré de l’immeuble de la compagnie Singer à Saint-Pétersbourg, et trouver des similitudes dans l’apparence extérieure de ces deux bâtiments n’est pas difficile.  

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la maison de commerce souffrit des bombardements. En 1960, TSOUM ouvrit dans le bâtiment restauré et doté d’une nouvelle aile. C’est précisément sous ce nom que la maison Poustovoïtov est connue de plusieurs générations de Rostoviens.

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Parmi les bâtiments les plus beaux et les plus solennels de Rostov-sur-le-Don, il a été construit en 1899 sur un plan du célèbre architecte Alexandre Pomerantsev. Aujourd’hui, il s’agit d’un chef d’œuvre, réalisé dans le style éclectique avec des éléments baroques, comme beaucoup d’autres œuvres du maître. C’est l’une des cartes de visite de la ville. 

A l’origine, le rez-de-chaussée se louait comme emplacements commerciaux, tandis que le premier, le deuxième et le troisième étages étaient occupés par des représentants de l’administration municipale. Pendant les années de guerre, comme beaucoup d’autres édifices de la ville, il subit d’importantes destructions, mais après la fin du conflit il fut restauré. 

De nos jours, comme il y a plus de cent ans, le bâtiment est occupé par l’administration de la ville. Il est possible d’admirer le chef d’œuvre de Pomerantsev le jour, mais il vaut la peine de revenir le soir : grâce à un éclairage spectaculaire à ce moment de la journée il n’a rien à envier à un palais.

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La date exacte de la construction de la demeure d’Ivan Souprounov, marchand et éleveur équestre de Rostov, est inconnue. Cependant, on peut affirmer avec certitude qu’elle a été construite au début du XXe siècle. Selon la légende, Souprounov, se promenant dans les ruelles d’une ville italienne, s’émerveilla de la vue d’une superbe propriété locale. La maison fit si forte impression à l’âme d’Ivan Aleksandrovitch qu’il l’acheta pour un million de roubles, puis la fit démonter en morceaux qu’il expédia à Rostov-sur-le-Don où il l’assembla à nouveau. 

Une autre version a néanmoins l’air plus vraisemblable. Au cours de l’année 1910, Souprounov visita l’exposition universelle de Bruxelles, d’où il revint inspiré par un projet de maison revêtue de marbre et de maïolique. La famille Souprounov vécut dans la maison jusqu’en 1918. Elle fut presque entièrement détruite pendant la Première Guerre mondiale. Toutefois, une partie du revêtement de la façade d’avant la révolution a été conservée puis restaurée.

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Encore un chef d’œuvre d’éclectisme auquel il convient de prêter attention en se promenant à travers Rostov-sur-le-Don. Il a été construit selon les plans du célèbre architecte Grigori Vassiliev en 1890. Le trait caractéristique de son apparence architecturale est son belvédère, surmonté d’un dôme à flèche. Pendant les années de la Seconde Guerre mondiale, le dôme fut détruit, puis reconstitué après la guerre sous une forme simplifiée. 

Avant la révolution, le bâtiment appartenait à la famille de marchands Massalitinaïa. Il abritait une horlogerie, une pâtisserie et une fabrique de saucissons. Aujourd’hui, le rez-de-chaussée accueille un restaurant.

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Nouvel exemple du style architectural art nouveau, voici la maison de rapport du fabricant Gueorgui Kistov, ayant fait fortune dans le commerce du bois. La paternité du projet est attribuée à l’architecte Grigori Vassiliev.

Le bâtiment a été construit en 1914. Depuis 1935, il accueille le bâtiment principal de l’université d’État de Rostov, désormais université fédérale du Sud. Certains éléments de la composition de l’architecture ont été préservés depuis la période prérévolutionnaire, même si, bien sûr, ils ont subi des rénovations esthétiques. La façade du bâtiment revêt un intérêt particulier avec ses moulures, ses balconnets, sa potence et ses demi-colonnes.

Cette maison de rapport parfaitement conservée appartenait au propriétaire de la fabrique de confiseries de Rostov, Vladimir Tchirikov. Il commanda la construction de la maison à son ami, l’architecte Leonid Eberg, et en 1913 le majestueux bâtiment de style éclectique ornait déjà l’avenue de Taganrog (aujourd’hui Boudienny) de Rostov-sur-le-Don.

Étant un homme d’affaires visionnaire, Tchirikov visait une clientèle aisée. Les appartements de sa maison de rapport contenaient tout ce qu’il faut pour vivre confortablement : électricité, éclairage, canalisations et distribution d’eau. Durant la période soviétique, le bâtiment était occupé par le Soviet municipal. Aujourd’hui, il abrite un commissariat de police de quartier (commissariat de police n° 4 de la direction du MI de la Russie pour Rostov-sur-le-Don).

L’architecte Nikolaï Dorochenko ne vécut que 13 ans à Rostov-sur-le-Don, mais cette courte période lui suffit pour être l’auteur de nombreux édifices conçus principalement dans le style éclectique. L’un de ses chefs d’œuvre incontestables est la demeure commandée par le marchand Dombrovski qui, soit dit en passant, au moment de l’achèvement de la construction dans les années 1890, fit faillite et vendit la maison pour régler ses dettes. Pendant quelques temps, la propriété appartint aux chemins de fer de Vladikavkaz, puis l’avocat Apollon Petrov la reçut en guise de paiement pour les heures de travail consacrées à remporter un procès délicat pour la compagnie ferroviaire. 

Après la révolution de 1917 et l’émigration forcée de la famille Petrov, différents organes du parti investirent les lieux. Depuis 1959, il présente une remarquable collection du Musée des Beaux-Arts de Rostov.

Mikhaïl Mordassov/TASS

Une intéressante histoire romantique est liée à cette magnifique demeure préservée. Le prospère commerçant Piotr Paramonov, produit d’une dynastie influente et riche de négociants rostoviens, recherchant la bienveillance d’une artiste d’un théâtre de rue populaire dans le Rostov-sur-le-Don de l’époque, causa une attraction d’une générosité sans précédent. Le cavalier amoureux s’adressa à un célèbre architecte de Rostov, Nikolaï Dorochenko, et lui commanda un projet de bâtiment qui ne devait ressembler à aucun des édifices existant dans la ville. En 1899, la commande de Paramonov fut exécutée, le cœur de la belle dame conquis, et elle emménagea dans cet authentique chef d’œuvre d’éclectisme situé dans l’une des rues centrales de Rostov-sur-le-Don, la Grande rue des Jardins. 

On y tenait de riches réceptions, Fiodor Chaliapine y chantait et Nikolaï Goumilev y déclamait des poèmes. L’histoire post-révolutionnaire de la maison n’est pas tellement romantique. Au début des années 2000, le bâtiment se trouvait en mauvais état, mais après une rénovation il retrouva son apparence d’antan. Aujourd’hui, une agence d’une grande banque commerciale occupe le bâtiment.