Starotcherkassk. Capitale des cosaques

Autrefois ville glorieuse de Tcherkassk, aujourd’hui stanitsa de Starotcherkassk dans l’oblast de Rostov, elle maintient soigneusement les traditions des libres cosaques. Aujourd’hui, tous les sites d’intérêt de la stanitsa sont concentrés dans les limites du Musée-réserve de Starotcherkassk. Ici, le temps s’est comme arrêté, c’est une des raisons pour lesquelles il vaut la peine de venir.

Valeri Matytsine/TASS

Considérée à juste titre comme le monument principal de Starotcherkassk, la Cathédrale militaire de la Résurrection a été érigée en 1719, mais son histoire remonte à 1652 quand s’élevait à cet emplacement une église en bois consacrée à la Résurrection du Seigneur.

La construction du temple s’est tenue en dépit d’un décret de Pierre Ier interdisant d’ériger des bâtiments en pierre ailleurs qu’à Pétersbourg. Selon la légende, le grand autocrate russe fit une exception spécialement pour Starotcherkassk, reconnaissant le caractère symbolique de la construction de la cathédrale qui soulignait le renforcement de son pouvoir sur la terre historiquement instable du Don. D’ailleurs, il faillit prendre part individuellement aux travaux de construction.

L’église, réalisée par un architecte inconnu dans le style du baroque ukrainien, impressionne aussi bien extérieurement que pour son décor intérieur. L’iconostase de 19 mètres de haut mérite l’attention. La paternité des 149 icônes est attribuée au célèbre maître moscovite Egor Grek, qui atteint le summum de sa créativité dans la première moitié du XVIIIe siècle.

Près d’une des entrées de l’église, on peut voir des fers auxquels, selon la légende, le chef d’un soulèvement paysan, Stepan Razine, fut enchaîné. Sur une des dalles devant l’autel, on distingue une plaque commémorative rappelant la visite de l’empereur Alexandre Ier et de plusieurs grands-princes de la famille impériale.

Valeri Matytsine/TASS

La place Maïdan devant la cathédrale militaire de la Résurrection est un lieu véritablement historique. Maïdan se souvient du passage de Pierre Ier à Tcherkassk, qu’il visita quatre fois entre 1695 et 1709. A cet endroit, les atamans Kondrati Boulavine et Matveï Platov prêtèrent serment. C’est ici même que le rebelle Stenka Razine souleva le peuple contre le pouvoir royal. Ici, prenant des décisions difficiles, battait le cœur de la volnitsa du don, le haut cercle militaire cosaque.

En s’imprégnant de l’esprit des lieux, il convient de prêter attention aux trophées légendaires du siège d’Azov. On peut admirer des pièces d’artilleries prises aux Turcs entre 1637 et 1641, ainsi que les battants en fonte des portes de la forteresse d’Azov, encore turque à l’époque.

Valeri Matytsine/TASS

Le complexe des dépendances de l’Ataman, combinant deux monuments historiques des XVIIIe et XIXe siècle (le palais de l’Ataman et l’église du Don) est lié au nom de l’influente dynastie cosaque Efremov. Plusieurs représentants de cette famille devinrent atamans, maintenant et accroissant la richesse de la lignée.

L’un des fondateurs de la dynastie cosaque, l’ataman Danila Efremov, était un homme extrêmement ambitieux : lors de la construction de son domaine, il prit exemple sur les meilleurs exemples données par les familles aristocratiques pétersbourgeoises.

Le palais de l’Ataman, qui a survécu jusqu’à nos jours, compte 21 habitations d’une superficie totale de près de milles mètres carrés.

L’église consacrée à l’icône Notre-Dame du Don construite en 1761 dans la demeure des Efremov mérite une attention particulière. Après la révolution, cette église richement décorée, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, fut pillée et endommagée, mais dans les années 1970 elle fut restaurée et est aujourd’hui rendue au culte.

Mikhaïl Mordassov/TASS

Les premières mentions d’une église en bois installée à l’endroit de l’actuelle église Pierre-et-Paul remontent à 1692. On considère que la construction du nouveau bâtiment en pierre de l’église a été menée sous le patronage de l’impératrice Élisabeth Petrovna en personne, ayant mis à disposition des fonds et un détachement d’artisans pour son édification. Les travaux de construction étaient dirigés par Danila Efremov.

En 1751, cette petite église de style baroque fut consacrée. Au cours de l’année 1753, le futur ataman cosaque légendaire, héros de Borodino et d’autres batailles, Matveï Platov, y fut baptisé.

Dans les années 1970, l’église, presque totalement détruite pendant la révolution, fut restaurée. De nos jours, son bâtiment est l’une des cartes de visite de Starotcherkassk.

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Autre monument remarquable de style baroque ukrainien, l’église (Militaire) de la Transfiguration était l’un des lieux les plus célèbres des contrées du Don dans les temps anciens. C’est à partir d’ici que, bénis pour la route, les droujinas cosaques s’en allaient batailler. Avant de partir en campagne, les régiments se réunissaient sur la Place militaire, qui a donné son nom à l’église. Selon les sources qui nous sont parvenues, l’église se dressait sur ce site depuis la fin du XVIIe siècle, d’abord en bois, avant qu’un bâtiment de pierre ne soit construit après 1740.

Comme beaucoup d’autres structures religieuses, l’église militaire fut détruite pendant la révolution. Dans les années 1970, le temple a été reconstruit sur la base de documents ayant été conservés.

Mikhaïl Mordassov/TASS

Le célèbre ataman cosaque Kondrati Boulavine fut le meneur d’un soulèvement populaire entre 1707 et 1709, auquel on donna son nom par la suite. La raison de l’insurrection étaient l’intervention de Pierre Ier dans les affaires des cosaques et les tentatives du pouvoir impérial de limiter considérablement les libertés de la cosaquerie.

Boulavine vécut dans cette maison de 1707 à 1708 et, selon la légende, fut tué dans une fusillade avec des représentants de la riche noblesse cosaque, dont l’ataman n’avait pas réussi à gagner le soutien, désireux de ne pas entrer en conflit avec Pierre.

Le bâtiment lui-même est un monument remarquable de l’architecture en pierre du début du XVIIIe siècle. Au cours de la visite de cette maison fortifiée, il convient de prêter une attention toute particulière à la solide porte forgée et aux grilles en fonte des fenêtres.

Représentants d’une vieille et très influente dynastie cosaque, les Joutchenkov vivaient dans la vallée du Don depuis la première moitié du XVIIe siècle et, selon la légende, c’est à leur arrivée que commença à se développer Tcherkassk (aujourd’hui stanitsa de Starotcherkassk).

Tout comme la maison de Kondrati Boulavine située non loin, la maison des cosaques Joutchenkov est une forteresse habitable. Mêmes murs puissants, grilles en fonte aux fenêtres rappelant les meurtrières d’un château-fort, cour parfaitement plane et absence presque totale de dépendances.

On considère qu’en 1671 Stepan Razine, autre rebelle russe légendaire, fut détenu en captivité précisément dans cette maison avant d’être exécuté.

Le bâtiment a été complété et reconstruit plus d’une fois. Aujourd’hui, c’est un merveilleux exemple de maison cosaque typique du XVIIIe siècle. 

La forteresse en terre Sainte-Anne est l’unique édifice fortifié de ce genre en Russie. Construite en 1731 sur ordre de l’impératrice Anna Ivanovna, la forteresse Anne était un avant-poste important pour les troupes russes pendant la guerre contre la Turquie qui dura de 1735 à 1739. Sa garnison maintenait l’ordre avec vigilance à la frontière sud de la Russie, tout en gardant un œil sur certaines droujinas (villages) cosaques.

Au fil du temps, la forteresse Sainte-Anne a perdu sa fonction militaire au détriment de la forteresse Dimitri de Rostov, plus puissante et mieux fortifiée, autour de laquelle la ville de Rostov-sur-le-Don commença à se développer en 1761.