La forteresse Pierre-et-Paul

La forteresse Pierre-et-Paul sur l’ile aux Lièvres est le Kremlin de Saint-Pétersbourg, le lieu le plus touristique dans la ville. La forteresse est classée réserve historique, ses courtines et bastions sont occupés par le Musée de l’Histoire de Saint-Pétersbourg. Dans la forteresse Pierre-et-Paul, il y a plusieurs salles d’exposition dans lesquelles les expositions changent régulièrement. Le plus facile est de rejoindre l’ile aux Lièvres depuis la station de métro Gorkovskaya.

wikipedia.org/Alex 'Florstein' Fedorov
Au printemps 1703, durant la troisième année de guerre avec la Suède, les troupes russes se sont emparées de la forteresse Nyenskans et ont chassé l’ennemi de l’estuaire de Néva. La flotte ennemi était jadis plus forte que la flotte russe et pouvait à tout moment débarquer dans le delta de la Néva. C’est pour cela que le 16 mai 1703 fut fondée la forteresse Saint-Pétersbourg sur la petite île aux Lièvres. L’ilot est situé de telle façon que les bateaux ennemis ne pouvaient pas le dépasser. La forteresse provisoire fut construite en un an, puis on la reconstruisit durant 100 ans avant qu’elle n’obtienne son apparence moderne. Finalement, le nom de Saint-Pétersbourg a été attribué à la ville qui deviendra la capitale de l’Empire Russe tandis qu’on commença à appeler la forteresse Pierre-et-Paul.
On entre dans la forteresse par la porte Saint-Jean et Saint-Pierre par le premier pont en bois de la ville, le pont Saint-Jean, jeté sur le détroit Kronverkski. A l’origine, en 1703, c’était un pont flottant, mais en 1706 on l’a transformé en pont sur pilotis et en 1738 il a obtenu son aspect actuel. A droite de l’allée principale se trouve un des monuments de ville des dernières décennies : Pierre le Grand, œuvre du sculpteur Mikhaïl Chemiakine.
Alexandre Demiantchouk/TASS
La forteresse Pierre-et-Paul fut construite selon les dernières avancées de la science militaire de l’époque. Elle a trois fortifications préliminaires : Le ravelin Saint-Jean à l’est, le ravelin Saint-Alexeï à l’ouest et six bastions pentagonaux desquels on pouvait tirer par un feu croisé dans tout l’espace alentour, il n’y avait pas d’angles morts. Les bastions sont reliés par six remparts : Petrovski, Nevski, Ekaterinski, Vassilievski, Nikolski et Kronverkski.  
Alexandre Demiantchouk/TASS
Nous passons dans la forteresse depuis le ravelin Saint-Jean par la porte Saint-Pierre. C’est la première porte de triomphe dans la ville. Cette porte ornée d’un énorme aigle bicéphale est l’une des rares constructions de Saint-Pétersbourg à avoir été achevée du vivant du premier empereur russe. Parallèlement à la porte Saint-Pierre, une poterne est aménagée : c’est une voie secrète sous la muraille de la forteresse.
Alexandre Demiantchouk/TASS

Pendant 300 ans, la cathédrale Pierre-et-Paul fut la construction la plus haute de Saint-Pétersbourg (actuellement le plus haut bâtiment de la ville est le gratte-ciel Leader Tower). Cette cathédrale érigée par le Suisse Domenico Trezzini allie les traditions de l’architecture protestante de l’Europe de Nord et le baroque italien. La hauteur de la flèche est de 122,5 mètres. Trezzini a emprunté l’image de la girouette en forme d’ange volant à l’hôtel de ville de Rotterdam. On peut monter en haut du clocher, examiner le mécanisme de l’horloge et le système de cloches. D’ici, une vue saisissante s’ouvre sur Saint-Pétersbourg.

La cathédrale n’a rien à voir à l’intérieur avec l’architecture traditionnelle de l’ancienne Russie : la splendide iconostase sculptée en style baroque, la station et le trône du tsar contrastent avec l’espace ascétique de l’église. Au mur, il y a les premiers tableaux russes à l’huile, avant cela les églises russes n’étaient décorées qu’avec des icônes.

La cathédrale Pierre-et-Paul est la sépulture de la famille Romanov. Ici sont enterrés tous les tsars russes de la Maison Romanov - sauf Pierre II et Ivan VI, leurs enfants et petits-enfants - les grands princes. Les pierres tombales sont uniformes en marbre statuaire blanc. L’exception sont les monuments sur les tombeaux d’Alexandre Deuxième Libérateur et de la tsarine Maria qui est morte avant lui. Ils sont réalisés en pierres de couleur.

A part dans la chapelle de Catherine se trouve le dernier lieu de repos des dépouilles des martyrs royaux : de Nicolas II,de l’impératrice Alexandra,de l’héritier Alexei et des princesses Olga, Tatiana, Maria, Anastasia. Les domestiques de la dernière famille royale qui sont morts de la mort martyre y sont enterrés aussi.

Peu à peu la forteresse perdait sa destination militaire et c’étaient des généraux mérités, d’habitude les invalides qui devenaient ses commandants. On les enterrait près de la cathédrale à un petit cimetière de Commandant situé près de la cathédrale.

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Pierre le Grand apprenait l’art de navigation sur un célèbre canot lorsqu’il était encore adolescent. Pour ce canot, « grand-père de la flotte russe » on a bâti une maison de canot spéciale près de la cathédrale. Actuellement le canot est gardé dans le Musée naval central.
Alexandre Demiantchouk/TASS

La Maison de commandant rouge et blanche en style baroque occupe la partie sud de la place. Au premier étage se trouvait le logement de service du commandant de la forteresse, au rez-de-chaussée - son secrétariat. Maintenant ici il y a un musée consacré à l’histoire de Saint-Pétersbourg avant la révolution.

Au premier étage il y a une salle commémorative dans lequel les rebelles décembristes ont écouté en 1826 le verdict de la Cour pénale suprême. Plus loin un énorme modèle de la colonne d’Alexandre à la place du Palais. La salle suivante est le célèbre panorama de la perspective Nevski de l’époque de Pouchkine.

Derrière elle est une série des chambres consacrées à Petersbourg du début du XX siècle, une des meilleures collections dans le monde des objets ménagers de cette époque. Il y a beaucoup de choses : arithmomètres, chapeaux de dames et souliers, sacs de voyage, coffre fort énorme, collections de vaisselle, de robinetterie, voiture authentique « Benz-Velo » fabriquée en 1896. Dans le musée on peu toucher tout, on utilise des enregistrements audio et vidéo. C’est un hôtel de rapport avec de petits habitants,vaisselle, vêtements qui est surtout intéressant pour les enfants.

Alexandre Demiantchouk/TASS
L’administration des monnaies occupe toute la partie orientale de la Place des cathédrales. Depuis l’époque de Catherine la Grande on y frappait la monnaie russe et on le fait toujours jusqu’au présent. On fabrique les ordres et les merdailles dans la même administration des monnaies.
Rouslan Chamoukov/TASS
Si on sort de la forteresse par la porte Vassilievski on peut arriver à une plate-forme de laquelle s’envolent régulièrement des hélicoptères et avec eux ceux qui veulent observer la ville depuis les nuages. Si vous allez dans le sens opposé en contournant la cour de la monnaie vous arriverez vers la prison du bastion Troubetskoï.
Alexandre Demiantchouk/TASS

En 1872, on a érigé dans la cour intérieure du bastion Troubetskoï une prison à un étage contenant 73 cellules individuelles (qui sont devenues 69 au bout de six ans). On peut la visite : à l’intérieur il y a un musée avec des cellules, un cachot et des bains de prison. Parmi les prisonniers du bastion Troubetskoï, il y avait Alexandre Oulianov, frère aîné de Vladimir Oulianov-Lénine, Lev Trotski, Maxime Gorki et Andreï Jeliabov, membre de l’association Volonté du peuple (commanditaire direct de l’assassinat d’Alexandre II). Après l’abolition du tsarisme, les ministres du tsar s’y retrouvèrent, puis les ministres du Gouvernement provisoire lorsque les bolcheviks prirent le pouvoir et enfin des « otages » qu’on fusillait près des murailles de la forteresse. Parmi eux, quatre grands princes : l’historien Nicolas, le chef militaire Paul, le directeur du musée Russe et numismate Georges, le spécialiste de l’élevage de chevaux Dmitri.

Pendant toute l’histoire du bastion Troubetskoï et des autres prisons de la forteresse Pierre-et-Paul, il n’y eut jamais aucune évasion.

Alexandre Demiantchouk/TASS

Nous passons de la prison le long de la courtine Kronverkskaïa vers le bastion Narychkine et la Tour du Pavillon. Tiré d’ici, un coup de canon informe jusqu’à présent les habitants de Saint-Pétersbourg qu’il est midi. On peut faire une promenade à pied sur le toit de la courtine Nevskaïa entre le bastion Narychkine et celui du Souverain. La vue d’ici est magnifique : quai du Palais, Strelka et pont de la Trinité.

Rouslan Chamoukov/TASS
On peut sortir par la porte Nevski vers le quai de Commandant et voir jusqu’à quel niveau l’eau est montée dans la Néva lors des inondations de 1752, 1777, 1788, 1924 et 1975. Un puisard spécial dallé de cailloux a été creusé jusqu’à la hauteur du niveau moyen de la Néva pour plusieurs années et on y a placé les plaques commémoratives marquant le niveau de l’eau lors des intempéries.