Itinéraire. Pouchkine

Ville de province tranquille reconnue monument historique classé à l’UNESCO. Pouchkine est l’ancien Tsarskoïe Selo (la ville s’appela ainsi jusqu’à la révolution de 1917), avec ses palais luxueux, ses parcs, son histoire et ses mystères : c’est ici que la Chambre d’ambre a disparu. Alexandre Pouchkine y passa son adolescence, ses héritiers, Anna Akhmatova et Nikolaï Goumilev, y étudièrent, l’enfance de tsars russes s’y déroula et, après la révolution, ses chambres accueillirent des orphelins soviétiques. Il faut y consacrer une journée entière. Pouchkine se trouve à 30 km de Saint-Pétersbourg sur la chaussée de Moscou (Moskovskoye Shosse).

Un jour à pied

Askhat Bardynov/Welcome2018.com

Jadis, à l’emplacement de la ville s’étendait une propriété suédoise du XVIIe siècle dont hérita Catherine Ire. L’impératrice y fit construire un palais avec un parc et des étangs, ainsi que deux églises (l’une d’elles, l’église Notre-Dame-du-Signe, existe toujours et constitue le plus vieux bâtiment en pierre de la ville). Suite à la mort de Catherine Ire, l’impératrice Élisabeth Petrovna hérita de Tsarskoïe Selo. Elle y fit bâtir un grandiose complexe parc et palais après avoir recruté l’architecte Bartolomeo Francesco Rastrelli. Mais ce n’était que le début. L’âge d’or de Tsarskoïe Selo intervint sous le règne de Catherine II. A la fin du XVIIIe siècle, le palais Alexandre y fut érigé et le palais Catherine sérieusement restauré. Quant au célèbre lycée de Tsarskoïe Selo, où étudièrent le jeune Pouchkine et d’autres grands noms, il ouvrit ses portes en 1811.

Au cœur de la ville se dresse l’élégante cathédrale Sainte-Catherine, construite entre 1835 et 1840 selon les plans de l’architecte de la Cour Constantin Thon.  Ce lieu de culte ne fait pas partie des principaux sites d’intérêt de la ville mais sa position fait de la cathédrale le point de départ des randonnées et un point de rendez-vous.

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Complexe architectural remanié plus d’une fois, la dernière en 1866 par l’architecte Nikolaï Nikitine. Le marché de la ville fonctionne toujours à l’intérieur, comme à l’époque de Pouchkine dans la première moitié du XIXe siècle. A vrai dire, l’endroit était alors plus impressionnant. Sur le trottoir du Gostiny Dvor, on vendait des poulets et des veaux vivants. Les galeries commerciales ont été restaurées en 2010 pour la célébration en grande pompe de l’anniversaire des 300 ans de Saint-Pétersbourg. 

Iouri Belinskiï/TASS

Construction décorative érigée au début de la chaussée de Saint-Pétersbourg (Peterburgskoye Shosse) en 1830 par l’architecte Adam Menelas. La porte est décorée de reliefs de style néo-égyptien et était autrefois l’entrée de parade de la ville en arrivant de Saint-Pétersbourg. Il est possible d’examiner longtemps cette porte. Ne manquez pas de chercher sur les reliefs les scarabées, les têtes de serpent et les scènes de la mythologie égyptienne. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’édifice a beaucoup souffert, mais il a été minutieusement reconstitué et la dernière rénovation a eu lieu dans les années 1980. 

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Installation technique pseudo-gothique rappelant davantage un château. Grâce à cette centrale électrique, Tsarskoïe Selo devint l’une des premières villes européennes à être alimentée en électricité. La mise en service de la centrale eut lieu en 1898. Elle était alors équipée de quatre chaudières qui fonctionnaient au pétrole. Dans les années 1920, la centrale électrique fut fermée faute de servir. Dix ans plus tard, tout l’équipement en fut enlevé. A l’époque soviétique, il y eut d’abord une usine à cet endroit, produisant des aiguilles pour réchaud à pétrole, puis elle se mit à produire des fers à repasser et des aspirateurs. 

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Ensemble architectural bâti selon des motifs empruntés à l’architecture russe antique pour l’escorte impériale (corps d’élite protégeant la famille impériale). La construction débuta en 1913 pour s’achever en 1918, quand l’escorte impériale n’existait déjà plus. Le premier nom du bourg était le suivant : Maison pour le clergé et les servants de la cathédrale seigneuriale Féodorovski. L’ensemble inclut le Pavillon impérial, la Chambre militaire, la Maison du clergé, les casernes de l’escorte particulière de Son altesse impériale et la cathédrale Féodorovski. Pendant la Première Guerre mondiale, il y avait ici une infirmerie où le poète Sergueï Essénine, alors brancardier, prêta secours aux blessés en 1916. 

Iouri Belinskiï/TASS

Le Lycée impérial de Tsarskoïe Selo était un prestigieux établissement d’enseignement pour les enfants de la noblesse inauguré en 1811. Il se trouva dans une aile du palais Catherine jusqu’en 1843, suite à quoi il déménagea à Saint-Pétersbourg et prit le nom de lycée Alexandre. Le lycée accueillait des garçons de 10 à 14 ans pour les former à devenir des fonctionnaires d’Etat de rang supérieur. Le diplôme final du lycée était comparable à un diplôme universitaire. A l’époque, l’éducation et la vie dans cette institution étaient les plus progressistes et éclairées du pays. En particulier, les châtiments corporels alors omniprésents dans les écoles y étaient interdits. Les meilleurs penseurs de l’époque y enseignaient les sciences humaines et naturelles. Ils exerçaient une forte influence sur les diplômés, parmi lesquels on comptait de nombreuses célébrités épousant les opinions libérales, tel que le satiriste Mikhaïl Saltykov-Chtchedrine. Le lycée est célèbre pour sa première promotion : parmi les 30 adolescents ayant étudié ici de 1811 à 1817 se trouvait Alexandre Pouchkine.

Aux côtés de Pouchkine étudièrent dans ce lycée les futurs décembristes Wilhelm Küchelbecker et Ivan Pouchtchine, adeptes d’une idéologie orientée contre l’autocratie et le servage en Russie.  Le soulèvement organisé par les décembristes en décembre 1825 sur la place du Sénat fut réprimé. Cinq dirigeants du mouvement furent exécutés et plusieurs milliers d’entre eux exilés en Sibérie, réduits au grade de simple soldat ou envoyés dans le Caucase pour combattre les montagnards. Le mouvement des décembristes, parmi lesquels Pouchkine comptait un certain nombre d’amis, exerça une grande influence sur son œuvre.

En 1949, le bâtiment du lycée fut transformé en musée. Suite à une restauration menée de 1966 à 1974, les intérieurs de l’époque où étudiait l’illustre poète furent reconstitués.

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Jardin à l’anglaise du début du XIXe siècle. Sur son territoire se trouvent les ruines du palais de Babolovo, édifié à la fin du XVIIIe siècle pour Grigori Potemkine et reconstruit cent ans plus tard par le grand bâtisseur russe Vassili Stassov. C’est dans ce palais qu’est installée la Baignoire du Tsar, sculptée dans le granit rouge par le célèbre tailleur de pierre Samson Soukhanov, qui travailla également sur le monument à Minine et Pojarski situé sur la place Rouge à Moscou. Il fut payé 16 000 roubles pour son travail sur la baignoire. L’ouvrage d’un poids de 48 tonnes a été taillé dans un seul bloc de granit finlandais pendant dix années entières. Après la mise en place de la gigantesque baignoire dans laquelle on pouvait verser 8000 seaux d’eau, Stassov invita à renforcer les fondations du palais.  

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Cette modeste maison en bois à un niveau avec mezzanine a conservé l’apparence qu’elle avait lorsqu’à l’été 1831 Alexandre Pouchkine passa ici sa longue lune de miel. Le poète voulait passer cet été à Tsarskoïe Selo et demanda à son ami Piotr Pletniov de lui trouver un logement temporaire : « Trouve moi une piaule... dans n’importe quelle rue de Tsarskoïe Selo... Qu’il y ait un bureau, quant au reste ça m’est égal, » écrivit Pouchkine. Le logement fut rapidement trouvé : huit pièces dans la maison d’Anna Kitaïeva, veuve du valet de chambre de l’empereur. C’est justement dans la mezzanine de cette maison que le poète écrivit la lettre d’Onéguine à Tatiana et Le Conte du tsar Saltan. Lorsqu’il vivait ici, la journée Pouchkine travaillait beaucoup, mais le soir il se promenait avec sa jeune épouse Natalia Gontcharova dans les parcs. Les habitants du coin venaient l’épier : Pouchkine était alors incroyablement célèbre. Les gens qui vécurent dans la maison Kitaïeva dans les années qui suivirent étaient fiers que le grand poète ait séjourné ici. Voilà pourquoi ils s’efforcèrent de préserver la propriété et ses intérieurs. En 1910, une plaque apparut sur la façade de la maison : « Dans cette maison vécut A. S. Pouchkine du 25 mai au 20 octobre 1831. »

Iouri Belinskiï/TASS

Passées les portes Égyptiennes, on s’engage dans la rue du Palais (Dvortsovaïa oulitsa) pour rejoindre le palais Catherine, avec le magnifique parc Alexandre avant lui. Dans le parc, il faut aller voir le pont Cruciforme, la Chambre militaire, le théâtre Chinois et le célèbre palais Chinois.

Iouri Belinskiï/TASS

Il est malheureusement interdit de traverser le parc Catherine à vélo. Mais on peut y faire un tour à pied. Il est possible de rentrer en ville par le train de banlieue qui arrive à la gare de Vitebsk. 

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Le palais Alexandre, ou Nouveau palais de Tsarskoïe Selo, a été construit à la fin du XVIIIe siècle sur décret de Catherine II. L’impératrice s’apprêtait à faire don de cet édifice à son petit-fils Alexandre Ier pour son mariage. C’est ce qui arriva. Le palais à deux niveaux doté d’une grandiose colonnade a été bâti sur des plans de l’architecte Giacomo Quarenghi. Descendants d’Alexandre, les empereurs Nicolas Ier et Nicolas II appréciaient tout particulièrement cet endroit. A l’époque soviétique, il y avait là une maison de repos pour les employés du NKVD. Quant aux chambres qui appartinrent jadis aux enfants de Nicolas II, elles abritaient l’Orphelinat dit des Jeunes communards. A présent, le palais est en train d’être restauré et on ne peut l’observer que de l’extérieur.

Anatoli Medved’/TASS

Le parc du palais a été construit par Alexandre Ier qui, comme sa grand-mère Catherine II, aimait les promenades à pied. A l’instar du parc Catherine, il est divisé en une partie paysagère et une autre régulière. Parmi les curiosités, on compte la courtine du Petit champignon, le mont Parnasse, le pont des Dragons, le Grand pont chinois, le pont de la Croix, les Petits ponts chinois, ainsi que le village Chinois, les petit et grand Caprices, la tour Blanche, la Chapelle, l’Ecurie des chevaux invalides et le Cimetière des chevaux, l’Arsenal, les ruines du Pavillon des lamas et le Pavillon des enfants.