Vieux Samara

L’itinéraire commence place de la Révolution et se termine place de la Gloire. Il est préférable de le suivre à pied, afin d’observer les environs au cours de la promenade : le vieux Samara est un ensemble unique de bâtiments d’époques différentes. La promenade prend plusieurs heures. Toute la journée si on visite les musées.

La place centrale de la ville, dans le vieux Samara, s’appelait place Alekseï. Déjà, au XIXe siècle, on y célébrait des fêtes populaires. Ainsi, en septembre 1879, le régiment de Gourie revenant du front caucasien de la guerre russo-turque fut accueilli sur la place Alekseï. Après la révolution d’Octobre, elle reçut le nom de place de la Révolution.
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En dépassant le premier pâté de maison de la rue Kouïbychev en venant de la place de la Révolution, on peut voir sur la droite la partie piétonne de la rue de Leningrad, que les habitants appellent Arbat de Samarade. C’est une rue piétonne avec des fontaines, des parterres de fleurs, des bancs et des musiciens. A droite et à gauche, il y a de vieux bâtiments datant du passé marchand de Samara. Ils abritent aujourd’hui des magasins de mode, des restaurants et des cafés. On peut y acheter les toiles de peintres de Samara représentant des endroits de la ville.
A l’intersection des rues Kouïbychev et Nekrassov, se dresse l’austère silhouette d’une église luthérienne, l’une des plus anciennes de la région de la Volga à être encore debout. Les façades de l’église sont réalisées dans le style gothique. A présent, l’une des salles de l’église luthérienne de Samara accueille le Centre national et culturel allemand. On peut s’y familiariser avec l’histoire des Allemands de la Volga, présentée sur des documents et des photographies. La bibliothèque et la salle vidéo proposent de lire des livres ou de regarder des films en allemand.
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En continuant encore un peu sur la rue Kouïbychev, puis en montant la rue Léon Tolstoï, on se retrouve face à la Philharmonie nationale de Samara. Cette salle de concert moderne reprend le style art nouveau du Samara du XIXe siècle. Mais le joyau de la philharmonie de Samara est son orgue, apparu en 2001. La caractéristique principale d’un bon orgue est la quantité et la beauté de ses timbres. L’orgue de Samara en compte 52, ses sonorités faisant de lui le véritable roi des instruments.
Un peu plus loin sur la rue Frounze se trouvent trois monuments du vieux Samara. Le premier est la propriété d’Alekseï Tolstoï, qui abrite aujourd’hui le Musée littéraire de Samara. A la fin de l’année 1899, cet hôtel de ville de la seconde moitié du XIXe siècle de l’ancienne rue de Saratov fut acquis par Alekseï Apollonovitch Bostrom, beau-père d’Alekseï Nikolaïevitch Tolstoï. A l’été 1901, le jeune écrivain vécut dans l’appartement du deuxième étage de l’aile droite de la maison à l’intérieur de la cour, jusqu’à son départ pour Saint-Pétersbourg. Il s’y rendait pour étudier à l’Institut technologique et revenait pour les vacances. Vers la fin de son cursus, il résidait chez son beau-père presque chaque année, ayant déjà acquis une certaine reconnaissance en tant qu’auteur populaire. Aujourd’hui, le musée littéraire de Samara permet non seulement de voir comment vivait le grand écrivain russe, mais aussi d’assister à des conférences et séminaires dédiés à la littérature, à l’art moderne, à l’architecture et au cinéma.
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Plus loin, on trouve l’église catholique du Sacré-Cœur-de-Jésus. Aujourd'hui, c’est l’édifice le plus haut du vieux Samara. A première vue, cette église construite dans le style gothique donne l’impression de se trouver non pas à Samara mais dans une ville européenne.
A côté de l’église catholique se trouve la maison d’Aleksandra Kourlina, épouse d’un marchand de Samara. Le bâtiment fut construit en 1903 et devint le premier édifice art nouveau de Samara. La maison Kourlina était l’un des biens immobiliers les plus chers de la ville au début du siècle dernier. En plus de sa richesse extérieure et de son confort, elle était équipée de toutes les commodités possibles à l’époque : distribution d’eau, chauffage calorifère, canalisations, électricité et même le téléphone, luxe inouï en ce temps-là. Aujourd’hui, la maison Kourlina abrite le musée d’Art Nouveau.
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Non loin de la maison Kourlina s’étend la place Kouïbychev. C’est l’une des plus grandes places d’Europe : sa superficie s’élève à 17,4 ha, soit presque un hectare de plus que la Place Rouge à Moscou. Le théâtre académique d’opéra et de ballet de Samara se dresse sur la place Kouïbychev. Devant le théâtre est installé un monument au révolutionnaire Valerian Kouïbychev, dont la ville porta le nom de 1935 à 1991.
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En descendant de la place Kouïbychev vers la Volga par la rue Chostakovitch, il est impossible de ne pas remarquer le majestueux bâtiment rouge aux détails sculptés de pierre blanche ressemblant à un vieil hôtel particulier. C’est le théâtre dramatique de Samara. Son histoire commence en 1851. En 1854, lors du grand incendie de Samara, le bâtiment en bois du théâtre brûla. Les habitants et le conseil municipal réunirent 3000 RUB grâce auxquels un grenier à pain fut acheté et installé sur la place du Pain. Il abrita longtemps la troupe du théâtre de Samara. Ce n’est qu’en 1888 que fut édifié un bâtiment en pierre sur la place du Théâtre (aujourd’hui place Tchapaïev).

Devant le théâtre dramatique, on peut admirer le monument à Vassili Tchapaïev, héros de la Guerre civile de 1917-1922. Pendant longtemps, cette sculpture resta l’une des plus imposantes de toute l’URSS. Haute de 10 m, ses fondations font dix-sept mètres sur vingt-deux. Le monument à Tchapaïev a été réalisé à Leningrad avant d’être envoyé à Samara. Le célèbre homme d’Etat et politicien Sergueï Kirov fut l’un des premiers à voir la sculpture. Elle lui plut tellement qu’il demanda à l’auteur d’en faire une copie exacte pour l’installer à Leningrad. Aujourd’hui, la copie du monument se trouve à Saint-Pétersbourg, non loin de l’Académie militaire Boudienny.
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La ville de Samara est aussi connue dans tout le pays pour sa célèbre bière Jigoulevskoïe. Son histoire a commencé en 1880, quand l’aristocrate autrichien Alfred von Vacano fit une demande d’acquisition d’un terrain auprès du pouvoir local pour y construire une brasserie. Un an après, la première bière en barrique est sortie, appelée Venskoïe et Venskoie Stolovoïe. L’usine est devenue la première brasserie de Russie équipée avec autant de modernité. L’entreprise a connu un très grand succès et a multiplié sa production par 50 en un quart de siècle. Après la révolution de 1917, les bolcheviks ont exproprié cette usine, affaire à laquelle von Vacano avait consacré quarante ans de sa vie. En 1936, la bière a été baptisée Jigoulevskoïe. Aujourd’hui, plusieurs usines russes fabriquent cette boisson, mais la bière faite à Samara reste la référence et l’étalon du goût.
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Il est possible d’achever sa promenade à travers le vieux Samara en visitant le monastère féminin d’Iverski depuis lequel s’ouvre une vue à nulle autre pareille sur la Volga.