Le meilleur de la ville

Stanislav Krassilnikov/TASS
Le point de départ de l’itinéraire se situe dans la rue de la Démocratie (autrefois nommée rue du Premier Théologien) où se trouve l’église de l’apôtre Saint-Jean-le-Théologien). C’est l’un des quelques monuments historiques du XVIIe siècle à avoir été préservés dans la capitale mordve. L’église, encore active, a été construite dans le style baroque moscovite (aussi connu sous le nom de baroque Narychkine) en 1693, près de 50 ans après la fondation de Saransk. A cette époque, cet endroit accueillait la sloboda de Streletsk. En 1711, un réfectoire et un clocher furent ajoutés au bâtiment principal de l’église. Les historiens et ethnographes locaux insistent sur le fait qu’initialement, à l’emplacement de l’église Saint-Jean-le-Théologien, comme l’appellent les habitants de Saransk, se trouvait une église en bois.

Le territoire de l’église de l’apôtre Saint-Jean-le-Théologien abrite la petite église de l’Epiphanie, mais il s’agit là d’un édifice moderne. Au début des années 1990, l’éparchie (le diocèse) de Saransk et de Mordovie a été créée et l’église Saint-Jean-le-Théologien en est devenue le centre. Par ailleurs, les premières mentions écrites du baptême d’un Mordve datent du XVIe siècle : les représentants de la noblesse locale furent les premiers à embrasser l’orthodoxie. L’évangélisation des Mordves était pratiquement terminée au milieu du XVIIIe siècle.
Stanislav Krassilnikov/TASS
A partir du musée, on peut traverser le square sur 500 m vers la rue du Soviet (autrefois rue du Bazar) pour se retrouver face à la cathédrale Saint-Fiodor-Ouchakov. La construction de la cathédrale a commencé en 2002 et s’est terminée en août 2006. La croix centrale de l’église, construite dans le style empire, culmine à 62 m. Elle compte quatre clochers avec 12 cloches. La plus grande d’entre elles pèse 6 tonnes.

Un monument à l’amiral Fiodor Ouchakov, amiral russe ayant commandé la flotte de la Mer Noire de 1790 à 1792, se trouve à proximité. Les habitants de Saransk le considère comme saint patron de la ville. Le chef de guerre ne vécut sur le territoire de l’actuelle Mordovie que dans les dernières années de sa vie, mais l’histoire de sa famille est étroitement liée à l’histoire du peuple mordve. L’oncle de l’amiral, Ivan Ignatevitch Ouchakov, s’étant fait moine en 1747 sous le nom de Fiodor, contribua à faire du monastère de Sanaksar le centre spirituel de la région. Il est proche de Temnikov, à 153 km de Saransk (il s’agissait alors du gouvernement de Tambov). Le monastère de Sanaksar a conservé son rôle de monument culturel et spirituel de Mordovie.
Gleb NagaevWelcome2018.com
La place du Soviet se nommait place de la Cathédrale au milieu du XVIIe siècle, puis place du Bazar. C’est le centre historique de Saransk, qui souffrit d’un violent incendie en 1852, détruisant la cathédrale d’où la place tirait son nom initial. Elle avait aussi son kremlin, qui n’a pas survécu lui non plus. En 1885, à la place de l’église incendiée, une nouvelle fut construite, mais elle fut plus tard rasée par le pouvoir soviétique. Avant la période soviétique, la vie bouillonnait sur la place de la Cathédrale/du Bazar : des galeries marchandes et un marché s’y trouvaient, et c’est à cet endroit qu’apparurent les premiers immeubles en pierre de la ville. Les ouvrages construits avant la révolution ont presque tous disparu : dans les années 1960-1970, la place, qui s’appelait déjà place du Soviet (de 1918 à 1920 elle s’appela place de la Révolution), subit une profonde rénovation.

En rasant les bâtiments historiques, la place fut élargie et des bâtiments administratifs y apparurent. Au demeurant, un des bâtiments historiques en réchappa, même s’il subit une sérieuse reconstruction. Il s’agit de l’actuel bâtiment de l’administration de la capitale de Mordovie, au n°30 : à l’origine, il y avait là un séminaire puis, pendant la période soviétique, le Conseil municipal des députés du peuple de Saransk. Sur la place se trouve également un bâtiment monumental, la Maison de la République, résidence du gouverneur de Mordovie. C’est un exemple d’architecture soviétique unifiée.

Gleb Nagaev/Welcome2018.com
En 2012, au centre de Saransk, à la place de l’ancien stade Svietotekhnika apparut la place du Millénaire : elle fut inaugurée en l’honneur de l’union des Mordves à l’Etat russe. L’élément dominant de la nouvelle zone piétonne est la fontaine Etoile de Mordovie de 60 mètres de diamètre doté d’un éclairage à diodes électroluminescentes. Au centre de la fontaine se trouve un ornement en forme d’étoile à huit branches : Pour les peuples finno-ougriens, auxquels se rattachent les Mordves, ce symbole représente le soleil. A la belle saison, des spectacles musicaux y sont organisés en soirée.

Il est intéressant de regarder la fontaine de haut : pour ce faire, on peut essayer d’entrer dans le bâtiment de la Bibliothèque nationale Pouchkine de Mordovie, qui forme un ensemble architectural unifié avec l’Université d’Etat de Mordovie. Depuis les fenêtres de la bibliothèque, on dispose d’une superbe vue, non seulement sur la fontaine, mais aussi sur le groupe sculpté Arbre de vie, qui représente un immense chêne. L’arbre pèse près de 30 tonnes, à ses pieds est représentée la carte de la Mordovie.

Gleb Nagaev/Welcome2018.com
En 2012, le groupe de fontaines Pour toujours avec la Russie fut inauguré à Saransk, orné du monument éponyme. Le monument, d’une hauteur de 20 mètres, créé par le sculpteur Isaac Brodski, fut installé en 1986 et fait figure d’exemple de l’art monumental soviétique tardif. La sculpture représente deux femmes en costume national mordve avec un épi de blé dans les mains. Ce monument, selon l’idée de l’auteur, doit symboliser la fertilité de la terre mordve. Le groupe de fontaines, occupant une surface de vingt mille mètres carrés, se marie bien avec le monument. C’est particulièrement spectaculaire le soir, quand les illuminations se déclenchent. A partir d’ici, on peut aller à pied jusqu’aux berges pittoresques du fleuve Saranka, cours d’eau principal de la capitale de Mordovie.
Gleb Nagaev/Welcome2018.com
Saransk est une ville comptant de très nombreuses fontaines. L’endroit préféré des habitants pour la promenade est la descente aux fontaines. Le relief de la rue Moskovskaïa, où elle se situe, permit en 1980 d’y construire une cascade de fontaines. Au XVIIIe siècle déjà, les habitants appelaient cet endroit « la descente de Moscou ». Au centre de la descente se dresse le monument à Pouchkine, qui est l’un des symboles de la ville, tandis que la descente en elle-même mène au parc municipal Pouchkine. A quelques minutes de marche se trouve le groupe sculpté aux fondateurs de Saransk, installé là en 1982, à l’endroit où, au XVIIe siècle, se trouvait une tour de guet en bois, comme l’attestent les historiens locaux.
Gleb Nagaev/Welcome2018.com
Cette place fait partie du centre historique de Saransk. Jusqu’au XIXe siècle, il y avait ici une prison municipale et des galeries commerciales s’étendant jusqu’à la place centrale du Bazar. Désormais, rien ne rappelle le Saransk de l’époque de la monarchie russe. En mai 1972, la place fut baptisée place de la Victoire. Son ornement principal est le monument aux combattants de Mordovie morts pendant la Grande guerre patriotique de 1941-1945. La partie la plus importante du monument est la sculpture d’une mère en habit traditionnel mordve tendant une épée à son fils combattant, agenouillé devant elle. A côté du monument s’élève un pylône de 18 mètres.

L’un des auteurs du monument était le célèbre sculpteur soviétique Nikolaï Tomski, qui dirigea l’équipe artistique ayant créé les figures monumentales des sept gratte-ciel de Moscou, notamment les bâtiments des hôtels Ukraine et Leningrad, et le bâtiment principal de l’Université de Moscou sur la colline des Moineaux. L’architecte était Alexeï Douchkine, célèbre notamment pour ses projets de construction à Moscou du grand magasin Dietski Mir (aujourd’hui Magasin central pour enfants sur la Loubianka) et du bâtiment de la gare ferroviaire de Sotchi, devenu le symbole de cette ville. En 1985, du côté est du monument, cinq stèles verticales en granit rose ont été installées sur la place de la Victoire. Sur la première est inscrite le nombre total de Mordves tombés dans les combats de la Grande guerre patriotique : 103 902. Sur les quatre autres stèles sont marqués les noms de plus de six mille natifs de Saransk morts au front.A quelques minutes de marche de la place se trouve le Musée commémoratif de l’exploit de guerre et de travail des années 1941-1945, inauguré en mai 1995.

Stanislav Krassilnikov/TASS

En sortant du complexe d’églises, on peut se diriger du côté de la rue du Communisme (autrefois, deuxième rue de l’Intercession) et arriver en une dizaine de minutes, sans se presser, au Musée des Beaux-Arts Stepan Erzia de la République de Mordovie. Des œuvres du sculpteur mordve Stepan Erzia (1876-1959) et du peintre Fedot Sytchkov (1870-1958) y sont rassemblées. Les deux artistes sont nés sur le territoire de l’actuelle Mordovie. Avant de devenir un célèbre sculpteur, Stepan Erzia, dont les œuvres furent exposées à Venise, Rome, Milan, Nice et Paris, avait travaillé dans des équipes d’iconographes et peint des églises de la région de la Volga.

Il faut au moins une heure pour voir toute la collection du musée. Elle contient plus de 1500 pièces d’exposition, dont des œuvres d’artistes contemporains de Mordovie. La collection du musée contient une partie « Icône orthodoxe » : les pièces d’exposition sont datées de la fin du XVIIIe siècle - début du XXe. Sa collection de gravures du XIXe siècle comprend des eaux-fortes à partir de tableaux des célèbres peintres russes Ivan Chichkine, Ilya Répine et Nikolaï Gay.

Stanislav Krassilnikov /TASS
Il est logique de commencer la visite de Saransk par la plateforme d'observation de l'université républicaine. Son bâtiment principal est une copie réduite du bâtiment principal de l'Université d'Etat de Moscou et s'appelle également MGU, sauf que la première lettre signifie ici Mordovie. Le bâtiment principal de l'université d'Etat de Mordovie Nikolaï Ogarev fait partie de l'ensemble architectural de la place du Millénaire. De la plateforme d'observation de l'université, on distingue de nombreux sites d'intérêt de la ville et le nouveau stade, où se dérouleront des matches de la CdM 2018.
Gleb Nagaev/Welcome2018.com
Le musée ethnographique de la ferme mordve a ouvert en 2012 à l’occasion du millième anniversaire de l’union des peuples mordve et russe. En été, ce musée à ciel ouvert attire beaucoup de touristes. On découvre ici des maisons typiques des Mordves. Ceci étant, il n’y a pas énormément de différences avec les maisons situées dans la partie européenne du pays. L’ensemble architectural est un musée interactif : les visiteurs peuvent assister aux rites traditionnels organisés par les employés. Pour cela, une demande préalable est nécessaire. On découvre ici les croyances des Erzianes et des Mokchas avant le christianisme. Pendant leur période païenne, les Mordves vénéraient les Déesses Vir-ava (Mère de la forêt), Moda-ava (Mère de la terre), Ved-ava (Mère de l’eau), Varma-ava (Mère du vent), Tol-ava (Mère du feu) et la Déesse principale, Mère de la maison, ou Koudo-ava.

début du XXe siècle, dans une partie du parc actuel, s’étendait la place de la Foire, appelée ainsi car les marchands vivaient dans ce coin de la ville. Il est possible de traverser le parc de part en part, en ignorant le petit parc zoologique, et de déboucher dans la rue de Moscou. Ensuite, il faut tourner à droite et faire encore un petit bout de chemin à pied jusqu’au Musée ethnographique de Mordovie, nommé d'après Ivan Voronin.

Les pièces d’exposition les plus anciennes du musée remontent à l’époque du Mésolithique. Le Musée Ivan Voronine, considéré comme le fondateur de l’ethnographie scientifique en Mordovie, est l’un des rares endroits où l’on peut s’instruire sur les us et coutumes des Mokchanes et des Erzianes, les sub-ethnies composant le peuple mordve, et notamment sur l’époque de leur christianisation.

Gleb Nagaev/Welcome2018.com
L’édifice se trouve en proche banlieue de Saransk, dans le village de Makarovka. L’ensemble monastique est composé de l’église Saint-Michel-Archange (1702), de la cathédrale Saint-Jean-l’Evangéliste (achevée en 1704), de l’église de Notre-Dame-du-Signe (1803), ainsi que d’une enceinte avec deux tours et un clocher. Le monastère a été fondé au XVIIIe siècle par la riche famille Polianski. C’est Makar Polianski qui a démarré la construction de la cathédrale Saint-Jean-l’Évangéliste, d’où le nom du monastère, Makarovski. Son autre appellation est « cimetière Makarovski ». Le monastère masculin Saint-Jean-l’Évangéliste de Makarovka a été rouvert en 1994.
Stanislav Krassilnikov/TASS
A 9 km de Staroïe Chaïgovo se trouve le village de Staraïa Terizmorga. Le village est un véritable musée, et plus précisément le Centre de la culture nationale, où a eu lieu le premier festival folklorique international des peuples finno-ougriens. A Staraïa Terizmorga, les habitants portent le costume national et accomplissent pour tous ceux qui le souhaitent des cérémonies nationales. En 1797, l’écrivain et archéologue polonais Jan Potocki décrivait ainsi le mode de vie local : « Les femmes mordves, surtout les jeunes filles, s’habillent d’une façon extrêmement étrange et extraordinaire. Elles portent à leurs oreilles d’épais morceaux de laine ; des clochettes se mêlent à leurs cheveux, de gros grelots de cuivre sont attachés à leur cou ». A Staraïa Terizmorga, on explique aux touristes chaque détail du costume. Dans le village, on peut visiter le complexe ethnographique à ciel ouvert Maison d’un paysan aisé, qui inclut un petit bania que les surveillants chauffent pour les touristes et un four où l’on cuisine. On y sert des crêpes et de la poza, une boisson à la betterave peu alcoolisée. Le dimanche, tous les habitants de Staraïa Terizmorga se réunissent dans l’église Saint-Nicolas, édifice de couleur blanche aux coupoles bleues.