Saransk touristique

Saransk et ses environs comptent plus de 40 églises et chapelles. Les lieux de culte de la ville permettent de découvrir l’histoire du peuple mordve.

Stanislav Krassilnikov/TASS
Le point de départ de l’itinéraire se situe dans la rue de la Démocratie (autrefois nommée rue du Premier Théologien) où se trouve l’église de l’apôtre Saint-Jean-le-Théologien). C’est l’un des quelques monuments historiques du XVIIe siècle à avoir été préservés dans la capitale mordve. L’église, encore active, a été construite dans le style baroque moscovite (aussi connu sous le nom de baroque Narychkine) en 1693, près de 50 ans après la fondation de Saransk. A cette époque, cet endroit accueillait la sloboda de Streletsk. En 1711, un réfectoire et un clocher furent ajoutés au bâtiment principal de l’église. Les historiens et ethnographes locaux insistent sur le fait qu’initialement, à l’emplacement de l’église Saint-Jean-le-Théologien, comme l’appellent les habitants de Saransk, se trouvait une église en bois.

Le territoire de l’église de l’apôtre Saint-Jean-le-Théologien abrite la petite église de l’Epiphanie, mais il s’agit là d’un édifice moderne. Au début des années 1990, l’éparchie (le diocèse) de Saransk et de Mordovie a été créée et l’église Saint-Jean-le-Théologien en est devenue le centre. Par ailleurs, les premières mentions écrites du baptême d’un Mordve datent du XVIe siècle : les représentants de la noblesse locale furent les premiers à embrasser l’orthodoxie. L’évangélisation des Mordves était pratiquement terminée au milieu du XVIIIe siècle.
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En sortant du complexe d’églises, on peut se diriger du côté de la rue du Communisme (autrefois, deuxième rue de l’Intercession) et arriver en une dizaine de minutes, sans se presser, au Musée des Beaux-Arts Stepan Erzia de la République de Mordovie. Des œuvres du sculpteur mordve Stepan Erzia (1876-1959) et du peintre Fedot Sytchkov (1870-1958) y sont rassemblées. Les deux artistes sont nés sur le territoire de l’actuelle Mordovie. Avant de devenir un célèbre sculpteur, Stepan Erzia, dont les œuvres furent exposées à Venise, Rome, Milan, Nice et Paris, avait travaillé dans des équipes d’iconographes et peint des églises de la région de la Volga.

Il faut au moins une heure pour voir toute la collection du musée. Elle contient plus de 1500 pièces d’exposition, dont des œuvres d’artistes contemporains de Mordovie. La collection du musée contient une partie « Icône orthodoxe » : les pièces d’exposition sont datées de la fin du XVIIIe siècle - début du XXe. Sa collection de gravures du XIXe siècle comprend des eaux-fortes à partir de tableaux des célèbres peintres russes Ivan Chichkine, Ilya Répine et Nikolaï Gay.

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A partir du musée, on peut traverser le square sur 500 m vers la rue du Soviet (autrefois rue du Bazar) pour se retrouver face à la cathédrale Saint-Fiodor-Ouchakov. La construction de la cathédrale a commencé en 2002 et s’est terminée en août 2006. La croix centrale de l’église, construite dans le style empire, culmine à 62 m. Elle compte quatre clochers avec 12 cloches. La plus grande d’entre elles pèse 6 tonnes.

Un monument à l’amiral Fiodor Ouchakov, amiral russe ayant commandé la flotte de la Mer Noire de 1790 à 1792, se trouve à proximité. Les habitants de Saransk le considère comme saint patron de la ville. Le chef de guerre ne vécut sur le territoire de l’actuelle Mordovie que dans les dernières années de sa vie, mais l’histoire de sa famille est étroitement liée à l’histoire du peuple mordve. L’oncle de l’amiral, Ivan Ignatevitch Ouchakov, s’étant fait moine en 1747 sous le nom de Fiodor, contribua à faire du monastère de Sanaksar le centre spirituel de la région. Il est proche de Temnikov, à 153 km de Saransk (il s’agissait alors du gouvernement de Tambov). Le monastère de Sanaksar a conservé son rôle de monument culturel et spirituel de Mordovie.
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Près de la cathédrale et du monument se trouve la chapelle Alexandre Nevski, érigée en l’an 2000 en mémoire des habitants de la République de Mordovie disparus lors de calamités, de catastrophes ou au combat. Elle est faite de briques rouges, en forme de chapiteau octogonal, et a été consacrée par le patriarche Alexis II qui se trouvait alors en visite pastorale en Mordovie.

A une centaine de mètres de la chapelle, il y a un monument au patriarche Nikon (né Nikita Minine ; 1605-1681), réformateur de l’Eglise orthodoxe russe et fondateur du monastère d’Iverski à Valdaï et du monastère de la Nouvelle Jérusalem sur le territoire de l’actuelle Istra. A côté du monument se trouve une rotonde, symbole moderne de Saransk : les habitants aiment s’y prendre en photo.

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A 100 m en contrebas de la rotonde, on arrive directement rue de l’Armée rouge, qui s’appelait autrefois rue de la Dormition. C’est là que se trouve l’église de la Dormition-de-la-Vierge-Marie. En 1734, les frères Kotelnikov, marchands de Saransk, édifièrent une église aux croix dorées en l’honneur de la Sainte Vierge, en lieu et place de deux vieilles chapelles en bois. 68 ans plus tard, un autre marchand local fit construire à proximité une seconde église de pierre, nommée en l’honneur de Saint Nicolas le Thaumaturge. En 1882, entre les deux églises, les marchands Syromiatnikov firent ériger un nouveau clocher unifiant les deux édifices. Au cours de la période soviétique, le complexe d’églises fut nationalisé. En 1992, l’église Saint-Nicolas fut consacrée à la Dormition de la Vierge Marie.

début du XXe siècle, dans une partie du parc actuel, s’étendait la place de la Foire, appelée ainsi car les marchands vivaient dans ce coin de la ville. Il est possible de traverser le parc de part en part, en ignorant le petit parc zoologique, et de déboucher dans la rue de Moscou. Ensuite, il faut tourner à droite et faire encore un petit bout de chemin à pied jusqu’au Musée ethnographique de Mordovie Ivan Voronine.

La construction du bâtiment du musée dura de 1761 à 1765. Au début du XXe siècle, il abritait l’église des trois Saints (Nijnekazanskaïa). Le site est classé monument historique et son architecture date de la seconde moitié du XVIIIe siècle. L’exposition ouvrit dans l’ancienne église en 1937.

Les pièces d’exposition les plus anciennes du musée remontent à l’époque du Mésolithique. Le Musée Ivan Voronine, considéré comme le fondateur de l’ethnographie scientifique en Mordovie, est l’un des rares endroits où l’on peut s’instruire sur les us et coutumes des Mokchanes et des Erzianes, les sub-ethnies composant le peuple mordve, et notamment sur l’époque de leur christianisation.

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Depuis le Musée ethnographique, on peut s’engouffrer dans la rue de Moscou vers la rue du Soviet : après 15 minutes de promenade, dont une partie se fait à nouveau à travers le parc Pouchkine, on débouche sur le Musée de la Minéralogie. Le musée est rattaché à la faculté de géographie de l’Université d’Etat de Mordovie Nikolaï Ogarev. Les principaux minéraux, roches et ressources minières de Russie, des pays de la CEI et d’autres coins du monde y sont rassemblés. La collection du musée compte plus de 5000 pièces d’exposition, la moitié d’entre elles étant exposées.

Stanislav Krassilnikov/TASS

Le théâtre dramatique de Mordovie se trouve juste en face du musée. L’histoire du théâtre national de la République a commencé dans les années 1930 avec comme première représentation une adaptation de la pièce d’Alexandre Ostrovski, L’Orage, en langue erzya. Le bâtiment, qui appartient désormais au théâtre, a été construit en 2007. Autrefois, à cet endroit, se trouvait un édifice à un étage bâti avant la révolution dans lequel se trouvait le premier cinéma de l’histoire de Saransk, dénommé l’Artistique.