Musées

Sergueï Bobylev/TASS

La datcha de la chanteuse d’opéra mondialement célèbre Valeria Barsova se cache dans une dense végétation presque au bord de la mer. Ayant achevé sa carrière au théâtre Bolchoï en 1947, Barsova, qu’on surnommait le « rossignol russe », arriva à Sotchi et décida d’y construire une datcha où elle pourrait ouvrir un studio d’opéra et de vocalises. Elle parvint à mener son idée au bout : les architectes Igor Lioublinski et Nikolaï Trichkine lui construisirent une maison à deux niveaux disposant d’une aile. Pendant vingt ans, la chanteuse passait chaque années plusieurs mois à Sotchi, y enseignait et tenait soirées créatives et réunions. Parmi ses invités figuraient la ballerine Galina Oulanova, les chanteurs Leonid Outessov et Ivan Kozlovski, le compositeur Dmitri Kabalevski ou la chanteuse Maria Bieșu.

En 1955, Valeria Barsova vendit une partie de sa demeure et du jardin. Après sa mort en 1967, la ville récupéra sa propriété et y ouvrit une école artistique pour enfants. Près de vingt ans plus tard, la maison de la chanteuse a été classée monument historique d’intérêt culturel et un musée en son honneur a ouvert ses portes. De nos jours, l’intelligentsia créatrice s’y rassemble et organise des visites guidées pour les touristes.

Sotchi est considérée comme la patrie du thé russe, et son « berceau » est le village de Solokh Aoul. Le paysan Judas Kochman, ayant travaillé dans des plantations de thé en Géorgie, décida de cultiver lui-même du thé. Il emporta avec lui des graines et déménagea en 1901 avec d’autres colons dans un village de montagne aux environs de Sotchi. Comparé à ses compagnons qui cultivaient des pommes de terre et du maïs, Judas Kochman avait l’air bien étrange avec ses théiers. Les tentatives malheureuses des autres cultivateurs de thé de Sotchi, dont les plantations gelaient et mourraient l’hiver, n’auguraient pas de son succès. Néanmoins, au bout de cinq ans, Kochman parvint à inviter ses voisins à déguster son propre thé et, quelques années plus tard, il écoulait sa production sur les marchés locaux. Le thé de Solokh Aoul plut tellement aux consommateurs que des négociants de thés géorgiens, turcs, indiens et chinois se liguèrent contre Kochman et essayèrent même de corrompre la police pour qu’elle arrête le producteur de thé.

Dix années supplémentaires s’écoulèrent avant que le thé de Solokh Aoul ne se fasse une réputation à l’extérieur de la ville. Avec le temps, des plantations de thé furent créées dans différents districts de Sotchi, et on y produit désormais des thés noirs, verts, rouges, jaunes et blancs. Aujourd’hui, on peut en apprendre davantage sur le parcours du premier producteur de thé russe en visitant sa maison, transformée en petit musée. Cette dernière est entourée de plantations de thé parmi lesquelles se trouve la tombe de Kochman et de son épouse. Le thé planté ici donne encore des récoltes. Les visiteurs de la maison-musée peuvent non seulement déguster le thé local avec des blinis, mais aussi en acheter en souvenir.

Aleksandr Demiantchouk/TASS

Une datcha pour Joseph Staline - dirigeant de l’URSS de 1922 à 1953 - fut édifiée à Sotchi en 1937 selon les plans de l’architecte Miron Merjanov, auteur de la datcha « du ruisseau Botcharov » et du sanatorium Vorochilov, tous deux également situés en ville. Staline aimait se reposer ici l’automne, et sa famille l’été. De plus, des rencontres avec d’autres chefs d’Etat s’y déroulaient. Ainsi, en souvenir de la visite de Mao Zedong, dirigeant et chef de l’idéologie de la République populaire de Chine, l’écritoire en argent qu’il offrit à cette occasion a été conservé. L’extérieur de la datcha a été préservé sans modifications, de même que ses intérieurs, remplis d’essences de bois précieuses, de lustres, de divans en cuir, d’un bureau fabriqué sur commande spéciale de Staline et de photographies de famille Au rez-de-chaussée, les visiteurs se retrouveront nez-à-nez avec Staline, assis à son bureau... enfin, avec sa statue de cire

Aleksandr Demiantchouk/TASS

Parmi les habitations privées de la rue Pavel Kortchaguine, dans un jardin, se trouve la maison de l’écrivain soviétique Nikolaï Ostrovski, transformée en complexe littéraire et commémoratif. Le roman d’Ostrovski, Et l’Acier fut trempé..., est un classique du réalisme soviétique, tandis que l’écrivain lui même, acteur de la guerre civile, était incroyablement populaire en URSS.

Cette maison de plain-pied a été construite en 1935 et offerte à Nikolaï Ostrovski par le gouvernement de l’URSS. L’auteur, alité à partir de l’âge de 24 ans à cause d’un lourd handicap, y vécut environ six mois. Le musée a été fondé en 1937 après la mort de l’écrivain. Les employés du musée ont réussi à sauvegarder l’aménagement de la maison d’Ostrovski ainsi que l’atmosphère de l’époque. En 1956, près de la maison commémorative de l’écrivain, un bâtiment à deux niveaux, partie littéraire du musée, fut construit.

Aujourd’hui, des expositions littéraires, artistiques, d’œuvres décoratives, d’arts appliqués et populaires s’y déroulent. Un des programmes les plus excitants se tient dans le cadre de la campagne internationale de la Nuit des musées.

Sergueï Bobylev/TASS

Comptant parmi les plus récents musées de la ville, il est apparu avant les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi 2014. Le président du Comité international olympique, Jacques Rogge, assista à son inauguration en 2010.

Les habitants l’appellent plus simplement musée olympique. Il est logé dans un petit bâtiment jouxtant l’université d’Etat de Sotchi. Plus de 300 pièces d’exposition retraçant les exploits des sportifs de Sotchi y sont exposées. Sont ainsi conservés les effets personnels du joueur de volley-ball et champion olympique, Vladimir Kondra, du tennisman russe le plus titré, le champion olympique Evgueni Kafelnikov ou du champion olympique de bobsleigh et champion du monde de bras de fer, Alekseï Voïevod.

Drapeaux olympiques et paralympiques, flambeaux olympiques et autres objets liés à l’organisation des Jeux à Sotchi occupent une place à part dans le musée. Le Musée de la gloire sportive organise aussi des rencontres avec des sportifs de premier plan et des figures du monde culturel.

Les Maisons du thé se visitent et forment un complexe dédié à la production du thé à Sotchi. Il se compose de plusieurs constructions en bois et d’une plantation de thé à flanc de montagne. Attraction « théière » principale, elle s’est constituée dans les années 1970 pour accueillir des délégations étrangères.

Le bâtiment principal des Maisons du thé, conçu par des artisans houtsoules, est orné de sculptures sur bois et de pièces d’artisanat traditionnel russe réalisées par de célèbres artisans russes. Dans ce complexe, il est non seulement possible d’en savoir plus sur l’histoire de la culture du thé le plus septentrional de Russie, mais aussi de se promener dans les plantations de thé et d’en cueillir des feuilles en souvenir.

La visite se termine par une tournée de thé coulant d’un samovar, par des tartes fraîchement sorties du four, des confitures de fruits locales, du miel de Sotchi et des noisettes. La meilleure période pour les visites s’étend de mai à octobre, au moment où a lieu la récolte du thé. Depuis les plantations, une vue magnifique s’ouvre sur les montagnes du Caucase.

Artur Lebedev/TASS

Dans la petite commune d’Outch-Dere, dans le district de Lazarevskoïe de Sotchi, on trouve trois petits musées: ils racontent l’histoire du kraï de Krasnodar et de la culture du thé, présentent une collection de samovars à nuls autres pareils et d’objets de la vie quotidienne russe. Ils permettent également de se familiariser avec le développement de l’industrie automobile en Russie et à l’étranger. Le Musée de l’automobile présente plus de cinquante modèles de véhicules russes et étrangers du XXe siècle: voitures anciennes, motos, camions militaires et autobus. Les connaisseurs apprécieront les légendes soviétiques exposées, tels que le GAZ-A, la Emka, la Moskvitch, le ZIS-5, la Pobeda et la Volga. La visite guidée permettra d’en savoir plus sur l’histoire de certaines de ces «montures de fer», mais aussi sur l’activité automobile en général. Une tournée de thé attend les visiteurs à la fin de cette divertissante visite.

Les poupées gigognes, ou matriochkas, sont devenues l’un des symboles principaux de la culture russe et séduit le monde entier. Sotchi présente une collection exceptionnelle de ces beautés en bois. Elle a été conçue et installée dans le musée-atelier des artistes décorateurs Vladimir et Evguenia Bedrak. Cette exposition rassemble plus de mille matriochkas de toutes les formes et tailles possibles, dans différents styles et genres. Des thèmes historiques, religieux et folkloriques se reflètent dans la sélection. Il y en a des séries qui vont de trois à cinquante unités dans la même poupée. A part des poupées, le musée présente d’autres objets en bois : des culbutos, des œufs de Pâques, des coffrets et des broches. On peut aussi y voir une collection éclectique d’aquarelles, de peintures et de gravures.

Artur Lebedev/TASS

Le modeste bâtiment de couleur jaune à côté de la masse de verre de la gare ferroviaire moderne d’Adler est sa première version. C’est à cela que ressemblait la gare avant la mutation olympique de Sotchi. Lors de la construction du nouveau complexe de transport, il fut décidé de préserver le vieux bâtiment, de le restaurer et de l’ouvrir aux visiteurs. Ce dernier abrite une salle d’attente tout confort pour les voyageurs, un buffet et un petit musée d’histoire du transport ferroviaire en Russie. Il n’y a pas que les pièces d’expositions (plus d’une centaine) qui sont intéressantes ici. Elles racontent l’histoire de l’apparition et du développement des chemins de fer depuis la Russie tsariste jusqu’à nos jours. Mais le bâtiment en lui-même impressionne par ses majestueuses colonnes d’un blanc immaculé avec leurs moulures d’or, ses arcs et ses murs beiges clairs aux finitions de marbre sur lesquels sont accrochés des tableaux et photographies en noir et blanc.