Le meilleur de la ville

Nikolaï Galkine/TASS

Le métro léger permet de se rendre jusqu’à la station Mamaeïv kourgane et de se retrouver au pied du plus grand monument construit en mémoire des soldats de la Seconde guerre mondiale. De là, 200 marches conduisent au sommet, soit le nombre de jours que dura la bataille de Stalingrad. 

La hauteur 102, ou kourgane Mamaïev, était d’une importance cruciale pendant la bataille de Stalingrad : celui qui contrôlait cette colline contrôlait de facto la ville. Sur les 200 jours de la bataille de Stalingrad, les combats pour le kourgane durèrent 135 jours. Finalement, les troupes soviétiques se fixèrent sur le kourgane le 25 janvier 1943.

La construction du mémorial dura de 1958 à 1967, sous la direction du sculpteur Evgueni Voutchetich. La route vers le sommet passe par l’Allée des peupliers, la place « Debout jusqu’à la mort ! », des murs en ruines, des tableaux reconstituant les combats et la place des Héros, que parachève un mur de soutènement : en 1970, une capsule renfermant un message aux générations futures y a été emmuré. On ne pourra l’ouvrir que le 9 mai 2045.

Serguéï Grigorenko/Welcome2018.com
A l’époque, le célèbre élévateur de Stalingrad, mis en service en juin 1941, était l'un des plus hauts bâtiments de la ville. Cette particularité complétée par une haute résistance structurelle ont déterminé ses fonctions lors de la bataille de Stalingrad : l’élévateur est devenu une forteresse. En septembre 1942, le commandement soviétique a décidé de renforcer la défense de l'élévateur et y a renvoyé la 92e brigade d'infanterie séparée, composée des marins de la Flottille du Nord. Ces soldats ont écrit leurs noms dans l’histoire de la ville pour l’éternité. Malgré plusieurs captures de l'élévateur par les nazis, le 27 janvier 1943 les marins ont réussi à désarmer les envahisseurs. Après la guerre, ce bâtiment a été restauré et continue toujours à remplir ses fonctions pacifiques. En 1977, on a inauguré un monument aux marins de la Flottille du Nord près de l'élévateur.
Serguéï Grigorenko/Welcome2018.com

Le bâtiment du Magasin Central Universel de Volgograd constitue l’un des symboles de la ville et celui de la victoire dans la bataille de Stalingrad. C’est un monument historique d'importance fédérale et un monument classé d'importance régionale. Le Magasin Central Universel a été construit en 1938 d'après le projet de Maria Tsoubikova. Avec son grand coin arrondi, il a été construit dans le style populaire à Stalingrad à l'époque. Comme à cette période les grands magasins de ce genre étaient assez rares, le Magasin Central Universel de Volgograd est vite devenu très renommé. Pendant plusieurs années d’avant-guerre, il a réussi à plusieurs concours nationaux et était considéré comme un véritable étalon.

Le bâtiment a joué son rôle principal à la fin de la bataille de Stalingrad, où son sous-sol a hébergé, pendant cinq jours le maréchal Paulus, le commandant de la 6e armée allemande. Après la capture de Paulus, le 31 janvier 1943, les opérations militaires dans la partie centrale de Stalingrad se sont terminées. Après la guerre, le bâtiment s’est vu restaurer selon le projet d’Ivan Beldovski. Dans les années 1960, il a subi une reconstruction ayant remis l’entrée principale du magasin sur l'avenue des Héros. À l’heure actuelle, le sous-sol du magasin héberge un musée dénommé Mémoire avec des intérieurs de l’état-major du feld-maréchal Paulus. Les locaux principaux de ce bâtiment ont été mis à la disposition du Musée ethnographique régional de Volgograd.

Aleksandr Zelikov/TASS

La rue de la Volga et du Don est un petit îlot de la vieille ville qui commence à partir de l’immeuble au n°3, édifice du complexe de bâtiment de la Poste centrale. La rue est apparue à l’époque de la construction du faubourg Préobrajenski de Tsaritsyne à la fin du XVIIIe siècle et a reçu le nom de rue Anastasia. Toutes les rues de ce faubourg étaient baptisées de jolis prénoms féminins. La ligne de constructions du faubourg Préobrajenski formait un angle à 45 degrés par rapport à la vieille forteresse de Tsaritsyne. Avant la révolution, dans la rue Anastasia, il y avait de petits hôtels, des auberges et une vive activité commerciale. Dans les années 1920, la rue changea de nom pour l’actuel, devenant la rue de la Volga et du Don. Une légende veut qu’il incarnât le vieux rêve, non réalisé à l’époque, de relier les deux grands fleuves russes de la Volga et du Don.

Aujourd’hui, tout l’ensemble des bâtiments de la rue de la Volga et du Don et un site classé au patrimoine culturel. Les bâtiments concentrés ici sont typiques de l’éclectisme en briques avec des éléments art nouveau. Il y en a cinq : quatre côté impair, un côté pair. Les constructions d’avant la révolution sont datées de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Il s’agit de la maison du marchand Dontsov (oul. Volgodonskaïa, 7), de celle du marchand Alekseïev (oul. Volgodonskaïa, 5) ainsi que de la maison ayant appartenu au membre de la Douma municipale, le marchand Michnine, au 11 rue de la Volga et du Don, où se trouve aujourd’hui une annexe de l’Université russe d’économie Plekhanov, et au 13 de la même rue, où il y a à présent des cours du soir. Les maisons sont bien conservées de l’extérieur et partiellement reconstruites à l’intérieur.

Aleksandr Zelikov/TASS

Le monument à Nicolas Gogol est le tout premier monument de la ville, situé dans le jardin du Komsomol derrière le bâtiment du Nouveau théâtre expérimental. Ce buste est apparu à Tsaritsyne en 1910 en l’honneur du centenaire du grand écrivain. Initialement, il était installé à l’endroit de la stèle actuelle de la Flamme éternelle. Ce buste est l’un des quatre monuments de la ville à avoir survécu à la bataille de Stalingrad. Au revers du buste sont visibles les traces laissées pr éclats de balles et d’obus. Les autres monuments à avoir survécu sont : celui dédié au premier Tchékiste, Félix Dzerjinski, sur la place du même nom près de l’Usine de tracteurs ; le monument au pilote Viktor Kholzounov sur le quai Central dans les environs de la Gare fluviale : le monument du charnier Yakov Erman et autres participants de la Guerre civile dans le jardin du Komsomol.

Aleksandr Zelikov/TASS

Une histoire dramatique est liée à la propriété Repnikova bâtie en 1903 dans le style russe. Selon l’avis des historiens, le plus riche marchand de Tsaritsyne, Constantin Voronine, offrit la maison à sa fille Avgousta en guise de dot.  Un membre d’une autre famille marchande, Grigori Serebriakov, voulait se marier avec Avgousta Voronina, mais il essuya un refus. La jeune fille donna sa préférence au célèbre mécène de Tsaritsyne Aleksandr Repnikov. En représailles, le fiancé éconduit aurait fait construire dans les environs immédiats de la maison une clouterie dont le bruit transforma la vie des habitants de la demeure en véritable enfer. Peut-être est-ce la raison pour laquelle Avgousta décida de se débarrasser de la maison et de l’offrir à sa belle-mère, Ioulia Repnikova, qui fut le dernier propriétaire de la maison. De nombreux visiteurs illustres pour l’époque furent invités dans la demeure, notamment Piotr Stolypine.

Au cours de la Guerre civile, en 1918, le quartier général de la défense du Soviet de Tsaritsyne des députés ouvriers, soldats, paysans et cosaques, ainsi que le commissariat militaire de la province, se trouvaient en ces lieux. Par la suite, ils abritèrent le Musée de la Défense de Tsaritsyne Joseph Staline avec une reconstitution complète de son cabinet de travail. Au cours de la bataille de Stalingrad, la propriété a souffert mais elle a rapidement été rénovée. Après la guerre, un musée s’y est de nouveau établi. Il porte aujourd’hui le nom de Musée historique et commémoratif.

Aleksandr Zelikov/TASS

En plein cœur du square de la place Privokzalnaïa se trouve la fontaine de la Ronde des enfants, œuvre du sculpteur Aleksandr Bourganov. Sur une éminence, au centre d’un bassin de granit circulaire, se dressent les silhouettes d’enfants dansant autour d’un crocodile : trois filles et trois garçons. Face à eux, il y a huit grenouilles d’où jaillit l’eau.

Le prototype de la construction était la fontaine légendaire située sur cette place avant la Seconde Guerre mondiale. Elle n’avait alors aucun nom officiel, voilà pourquoi les habitants inventèrent leurs versions :  « Crocodile », « Enfants dansants » et même « Barmaleï ». On considère que la fontaine de Stalingrad avait été créée en 1930 et son groupe sculpté réalisé par Romuald Iodko. La fontaine acquit une large célébrité grâce aux clichés réalisés après un raid aérien de la Luftwaffe le 23 août 1942. Au premier plan de la photographie, connue dans le monde entier, se trouve la composition sculptée avec les enfants et, en arrière-plan, la gare de Stalingrad en flammes. La fontaine fut rénovée juste après la fin des hostilités.

Dans les années 1950, la fontaine fut démontée dans le cadre de la construction du bâtiment moderne de la gare, mais elle continua à être l’un des symboles de la ville indomptée. Une copie de la sculpture d’avant-guerre intitulée « Ronde des Enfants » a été inaugurée en août 2013 non loin de son emplacement histoire sur la place Privokzalnaïa.

Aleksandr Zelikov/TASS

Le bâtiment moderne de la gare Volgograd 1 est un édifice d’après-guerre. Le chantier de la première gare de Tsaritsyne commença en 1868. Le vieux bâtiment en pierre se distinguait des autres constructions. C’était un bel ouvrage, monumental pour la ville de cette époque. Sur le fronton de la gare ont été peintes les initiales CFGS, pour Chemins de Fer Griazi-Tsaritsyne. Par la suite, la gare fut rebaptisée Stalingrad 1 et subit plusieurs reconstructions pour fonctionner jusqu’à la bataille de Stalingrad.

En 1942, la gare essuya un violent bombardement, détruisant largement le bâtiment. Juste après la capitulation des troupes fascistes au mois de février 1943, la reconstruction de la gare démarra. Les travaux furent menés au pas de charge et dès le 14 mars 1943 un premier train, venu de Moscou, entra en ville. Les ruines furent partiellement démantelées et, en 1954, sur les vieilles fondations fut construit l’édifice moderne selon les plans des architectes Aleksandr Kourovski et Samuel Briskine, avec une flèche et un grand beffroi.

Les façades du bâtiment sont recouvertes de granit et de pierre d’Inkerman, mais aussi ornées de groupes sculptés et de bas-reliefs monumentaux, œuvres de Moïsseï et Nadejda Pavlovski et de Vassili Bezroukov. A l’intérieur de la gare, les murs sont recouverts de marbre. Les plafonds sont ornés de corniches de stuc, de caissons, de rosaces et de peintures.

Serguéï Grigorenko/Welcome2018.com
L’Union des peintres a réuni plusieurs artistes en 1934 à Stalingrad. Cette année-là, une grande exposition présentant près de 150 œuvres a été organisée en ville. Dès 1938, une galerie contenant une large collection de toiles fut ouverte dans le bâtiment de l’ancienne cathédrale. Cette dernière a brulé pendant la bataille de Stalingrad.

Aujourd’hui, la section régionale de Volgograd de l'Union des peintres russes rassemble plus de 150 membres. Depuis quelques années, les expositions les plus importantes de la région ont lieu dans la salle d’exposition de l’Union des peintres : Bolchaïa Volga (2000), 60e anniversaire de la Victoire de la bataille de Stalingrad (2002-2003), 65e anniversaire de la bataille de Stalingrad (2007), Le monde du Caucase (2008) et autres.