Faubourg de l’outre-Tsaritsa

Il y a quelques siècles, la partie de la ville séparée de la vieille forteresse par la rivière Tsaritsa reçut le nom de « faubourg de l’outre-Tsaritsa ». Malgré les destructions subies durant la bataille de Stalingrad, des bâtiments historiques et monuments architecturaux y ont été préservés. En outre, cette partie de la ville fut moins modifiée par les urbanistes auteurs des plans de reconstruction d’après-guerre et les lieux conservèrent leur saveur d’avant-guerre.

Aleksandr Zelikov/TASS

La cathédrale Notre-Dame-de-Kazan est l’église principale de l’éparchie (diocèse) de Volgograd et de Kamychine. Elle a réussi à survivre à la fois à la période de persécution de l’Église et à la bataille de Stalingrad.

A l’origine, la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan n’en était pas une, elle a été construite en tant que simple église de cimetière, sans clocher et avec un plan représentant une croix absolument symétrique. La consécration de l’église a eu lieu le 23 août 1899. Architecturalement, elle a été réalisée dans le style pseudo-russe, y compris le décor tous les éléments. La construction a été réalisée grâce aux dons des paroissiens. 

Selon certaines sources, l’auteur du projet était Mikhaïl Groudistov, architecte en chef du gouvernement de Saratov à l’époque. Comme l’écrivit le journal « la Gazette de Tsaritsyne » le 1er septembre 1899, « l’église est une copie exacte de l’église orthodoxe de l’ambassade de Russie à Paris » (aujourd’hui cathédrale Saint-Alexandre-Nevski de Paris).

Avec l’augmentation de la population de Tsaritsyne, on décida d’agrandir l’église de Notre-Dame-de-Kazan et de construire un clocher. Une fois les travaux achevés, en 1904, l’église prit son aspect moderne. Elle fonctionna jusqu’au 15 décembre 1939 et fut la dernière de la ville à être fermée, devenant pour quelques temps l’atelier d’une boulangerie industrielle. Puis la Grande guerre patriotique commença.  À l’emplacement de l’église eurent lieu de violents combats. L’église fut gravement endommagée, néanmoins, au mois d’avril 1946, les autorités municipales décidèrent de rénover le bâtiment. Les travaux furent dirigés par l’éminent architecte Vassili Simbirtsev. Ils ont été réalisés sur les deniers des paroissiens. Pour restituer l’apparence initiale de l’église, les fonds manquaient, voilà pourquoi elle fut reconstruite dans une version légèrement simplifiée.  Les habitants de la ville rendirent à l’église l’icône de Notre-Dame-Kazan et un crucifix sauvés de la désolation qu’on peut toujours voir dans la cathédrale.

Pour la Pâques 1946, plus de 8000 personnes affluèrent. La majorité des paroissiens se tenaient debout à côté de l’église en plein air. A cette époque, des habitants de la ville ayant perdu des êtres chers pendant la guerre venaient à l’église Notre-Dame-de-Kazan. Les murs de l’église étaient blancs à cause des avis de recherche placardés « Je cherche ma mère .... », « Aidez-moi à trouver mes proches ... ».

En 1949, le peintre de Moscou Constantin Sarkhoch, natif de Tsaritsyne, mitrailleur de bord pendant la guerre, peint « Le Baptême », « L’Ascension du Seigneur » et d’autres icônes.

Le 30 juin 1954, l’église devint une cathédrale sur décret de sa sainteté Alexis Ier, patriarche de Moscou. Dans les années 1980, un baptistère fut ajouté au vieux bâtiment du presbytère, de même que quelques dépendances.

En 2005, des travaux de restauration commencèrent à l’intérieur de la cathédrale. Pendant quatre ans, l’église fut rénovée pour retrouver son aspect historique, d’avant la révolution : le dôme du clocher fut remplacé par un chapiteau, la base rectangulaire retrouva quatre coupoles à chapiteau et le dôme central fut changé. Aujourd’hui, le territoire de la cathédrale accueille une aire de jeux et un petit square, donnant un petit côté cosy à ce lieu historique.

Aleksandr Zelikov/TASS

Rue du Communisme se dresse un bâtiment historique, la tour de guet de l’outre-Tsaritsa. Il y a longtemps, deux tours s’élevaient au-dessus de Tsaritsyne, deux tours de guet destinées à la lutte contre les incendies des deux côtés de la rivière Tsaritsyne, divisant la ville.

L’une des tours mit assez longtemps à se construire. A l’origine, elle était en bois, et au début du XXe siècle elle était considérablement détériorée. Les journaux de la ville de cette époque se plaignaient souvent du mauvais champ de vision et de l’usure technique d’un édifice si important en ce temps-là.  Cependant, ce n’est qu’au début de la Première guerre mondiale que la ville réunit les fonds nécessaires.

La caserne de pompiers fut créée pendant la guerre, à la fin des années 1910. L’ouvrage en lui-même avait deux niveaux et une tour se dressait au-dessus de lui. Aux début des années 1930, un troisième niveau fut ajouté au bâtiment.

Au cours de la bataille de Stalingrad, l’édifice parvint à survivre. Les dommages reçus étaient mineurs, voilà pourquoi il nous est parvenu presque intact. De plus, la construction accueille toujours une caserne de pompiers. Dans la vieille tour, qui n’est plus utilisée, un escalier métallique en spirale a été conservé. Depuis la plateforme supérieure, une magnifique vue s’ouvre sur la ville.

Aleksandr Zelikov/TASS

Sur un tronçon de la rue de la Barricade, de la voix ferrée à l’intersection avec la rue des Ouvriers et paysans, des édifices d’avant la révolution et d’avant-guerre ont été préservés. Des rails courent tout le long de la partie historique de la rue. C’est le plus vieux tronçon du tramway de la ville, le seul survivant du premier jour d’ouverture du transport en tramway de 1913.

Un groupe de cinq immeubles à quatre niveaux, situés aux 11, 13, 13a et 13б de la rue de la Barricade, ainsi que les immeubles aux 34 et 36 de la rue des Ouvriers et paysans, sont appelés immeubles Voïenved. Construits sur l’ancienne place Sennaïa, bien avant la guerre, ils ont traversé sans encombre la bataille de Stalingrad et forment jusqu’à présent la cour la mieux conservée de la ville.

Du côté droit de la rue de la Barricade se trouve le bâtiment à deux niveaux de l’hôtel du ministère de l’Intérieur, un immeuble datant d’avant la révolution qui appartenait jadis aux marchands Amirkhanov. Les descendants de cette importante famille marchande, en dépit de la réquisition de leur propriété, continuèrent à y vivre jusqu’à la guerre, même si toute la famille n’avait plus qu’une pièce pour vivre.

Plus tard, au croisement de la rue de la Barricade et de la rue Kozlov, gardant son nom d’avant la révolution, on peut voir un grand bâtiment à cinq étages présentant une asymétrie inhabituelle, avec une colonnade dans l’arche et de vieux piliers à l’intérieur de la cour. C’est l’immeuble de la distillerie, construit avant la guerre. Il souffrit pendant la bataille de Stalingrad mais fut complétement rénové à la fin des années 1940.

A l’intersection avec la rue du Socialisme on trouve deux bâtiments intéressants. A gauche se trouve la caserne des pompiers et sa tour de guet, très bien conservées, construites pendant la Première Guerre mondiale. A droite, l’immeuble du Kommounkhoz (équipements collectifs), bâti en 1929. Ce bâtiment a été parmi les premiers de la rue à être restaurés. Il est devenu à sa manière le symbole du début du renouveau de la rue de la Barricade et de nombreuses autres rues des environs.

La rue se termine par l’arc du pont ferroviaire. Cet arc a été érigé ici en 1897 et son apparence n’a presque pas changé depuis, se présentant comme un superbe exemple d’infrastructure de transport de la fin du XIXe siècle.

Au printemps 2015, sur la place du Soviet, la principale du district Vorochilov de Volgograd, est apparue une fontaine sèche. Elle a reçu son nom car elle ne possède pas de bassin. Des jets d’eau jaillissent du sous-sol dans une séquence particulière à intervalles fixes. Un rétro-éclairage de la fontaine s’enclenche pendant la nuit. La fontaine est tout de suite devenue l’endroit préféré des enfants, surtout les jours de chaleur.

Nikolaï Galkine/TASS

Le Tsaritsyne d’avant la révolution est devenu la première ville provinciale de l’Empire russe à disposer d’un tramway électrique. Il a été inauguré le 9 avril 1913. Les wagons des tramways, mis en exploitation à cette époque, transportèrent des voyageurs jusqu’aux années 1930. La première ligne de tramway, d’une longueur de 10 km, reliait deux gares de chemin de fer : la gare Tikhoretski (aujourd’hui Volgograd II) et la station Tsaritsyne-Griazi-chemin de fer de Tsaritsyne (aujourd’hui Volgograd I).

Le monument au premier conducteur provincial de Russie, installé non loin du square Sacha Filippov, à l’intersection de la rue des Ouvriers et paysans et de la rue de l’Académie, a été inauguré le 29 avril 2015. La sculpture se présente comme une figure composite d’un conducteur du début du XXe siècle, reconstituée à partir de photographies. L’endroit n’a pas été choisi accidentellement. Le tramway de Tsaritsyne, qui sortait du parc de tramways dans la rue de Serdobsk (aujourd’hui rue de l’Internationale des jeunes communistes), débouchait dans la rue Kniaguinine (aujourd’hui rue des Ouvriers et paysans). A côté du monument au conducteur se trouvent des rails de tramway symboliques.

Aleksandr Zelikov/TASS

Dans la rue des Ouvriers et paysans, un parc nommé en l’honneur du jeune éclaireur Sacha Filippov, mort entre les mains des envahisseurs hitlériens, a été aménagé. Aleksandr Filippov est né le 26 juin 1925 à Stalingrad, il vivait dans le quartier Dar-gor, rue de Briansk. Aujourd’hui, cette rue porte son nom.

Quand la bataille de Stalingrad commença, le komsomolets Sacha Filippov, âgé de 17 ans, devint espion soviétique. Par tous les temps, le « cordonnier » Sasha se rendait aux positions hitlériennes. Après quelques instants, les abris de l’ennemi que Sacha Filippov avait « travaillés » subissaient les attaques massives des soldats de l’Armée rouge.

Les fascistes capturèrent Sacha et l’exécutèrent le 23 décembre 1942. Aleksandr Filippov fut décoré à titre posthume de l’ordre du Drapeau rouge et de la médaille « Pour la défense de Stalingrad ». Le parc Sacha Filippov a été aménagé en 1966. Dans les années 1970, une pierre de granit fut posée ici, à l’endroit de sa tombe. Le 8 mai 1981, la pierre fut remplacée par un buste, œuvre du célèbre sculpteur Piotr Malkov.

Aleksandr Zelikov/TASS

Dans le parc Sacha Filippov, au cœur même de ce lieu agréable, se trouve une magnifique sculpture, l’Ange-Gardien de la ville de Volgograd. Réalisé en bronze teinté par un sculpteur de la Volga, l’illustre artiste russe Sergueï Chtcherbakov, le monument se dresse sur un socle de granit.

La sculpture de l’Ange-Gardien a été pensée comme symbole de réparation du lien brisé entre les générations de la ville sur la Volga. Les croquis du futur monument ont été examinés par German, métropolite de Volgograd et de Kamychine. C’est lui qui a choisi en personne la représentation de l’Ange-Gardien imaginé par Sergueï Chtcherbakov.

L’installation du monument a eu lieu le 11 septembre 2005 pour le Jour de la ville grâce à la société civile et à des entrepreneurs de Volgograd. Il est écrit sur le piédestal en bronze de la sculpture :  « Saint Ange-gardien, priez Dieu pour nous ». Bon et fier, l’Ange urbain a tout de suite été adopté par les habitants de la ville qui viennent souvent le voir. Les pointes de ses ailes et ses orteils sont devenus dorés à cause des nombreuses mains les ayant touchés.