Arguments en béton armé



Arguments en béton armé
L’architecture des stades de la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™





Arguments en béton armé
L’architecture des stades de la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™
 
La Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™ s'est déroulée dans douze stades de onze villes. Comment les architectes ont imaginé ces enceintes, comment leurs conceptions ont changé, qu'est-ce que cela a donné et quel avenir pour ces stades : on en parle dans ce contenu de welcome2018.com.
Un vaisseau spatial à l'embouchure de la Neva
Le Stade Saint-Pétersbourg
Le plus grand des stades parmi ceux qui ont été construits pour la Coupe du monde se trouve à Saint-Pétersbourg. « Sa construction a duré treize ans et cela a donné lieu à la plus belle et à la plus multifonctionnelle des enceintes de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™ », considère l'architecte émérite de Russie et académicien de l'Académie russe d'architecture et des sciences de la construction (RAASN) Dmitri Bouch, qui a pris part à la création de sept enceintes de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™. « Le Stade Saint-Pétersbourg constitue un bond en avant du point de vue des installations sportives en Russie, même s'il y a eu beaucoup de cas de force majeur qui ont fortement influencé la construction et la réalisation de la conception architecturale. Le droit de tenir la Coupe du monde en Russie a été remporté en décembre 2010. Kishō Kurokawa, l'architecte japonais auquel le projet avait été commandé en 2005, mourut en 2007. Quand nous avons commencé à nous occuper du stade, nous avons rencontré des représentants du bureau de Kurokawa, qui est désormais géré par son fils. En définitive, de la part de Kishō, nous avons reçu en héritage deux croquis et une courte note explicative où il mentionnait le coût approximatif, à ses yeux, de la construction. D'où le chiffre de 6,7 milliards de roubles, que tout le monde a brandi par la suite, même si pour les professionnels il était clair qu'il n'était pas possible de construire un stade à la conception si complexe », explique Dmitri Bouch.
La conception de Kurokawa, c'est un vaisseau spatial, une soucoupe volante, qui s'est posé au bord de la mer, sur une île à l'embouchure du fleuve. Même les escaliers de cette enceinte ont été pensés rétractables, comme les rampes d'un vaisseau d'extraterrestres.

« Dans son croquis, le Japonais a proposé de faire des escaliers escamotables, en fermant les entrées après le début du match. Cela contrevenait malheureusement à toutes les exigences de sécurité. La création de cette enceinte recèle d'anecdotes de ce genre. Vu de l'extérieur, le Stade Saint-Pétersbourg est très semblable au stade de la ville japonaise d'Ōita. Il a accueilli des matches de la Coupe du Monde de la FIFA 2002 et, là-aussi, l'histoire du chantier fut longue et difficile. Nous avons sciemment simplifié certaines choses, comme la construction et le principe de fonctionnement du toit rétractable, par exemple, mais l'effet n'en est pas moins très impressionnant », poursuit Dmitri Bouch. « Cette enceinte en particulier correspond le mieux à ce que la FIFA définit par le terme « d'héritage du Mondial ». Le but de ce programme est d'aider ceux qui exploiteront les stades de la Coupe du monde après la fin de la Coupe du monde. Au Stade Saint-Pétersbourg, cela a été effectué par des gens qui avaient déjà fait ça pour le stade Wembley de Londres. Ils ont même un bureau là-bas. A mes yeux, les Britanniques ont réussi à très bien faire leur travail ».
Décor de façade
Le Stade Spartak, Moscou
Le Stade Spartak a été construit sur les fonds d'investisseurs privés pour l'une des équipes sportives les plus populaires de Russie. Il est l'œuvre de l'entreprise AECOM. Son siège social est à Los Angeles, ses bureaux sont situés à Moscou et Londres, Abu-Dhabi, Brisbane et Hong-Kong.

« Le concept architectural a été dicté par l'exigence du donneur d'ordres de créer une enceinte la plus confortable possible pour le spectateur et les participants de la rencontre. Une mission importante est confiée à la façade. Elle est très technologique et permet de créer, d'une part, du confort dans le stade grâce à un système de ventilation naturelle, d'autre part, elle renvoie à l'histoire et aux couleurs du club », explique le directeur régional pour la Russie de la société AECOM Raymond Fadel. « Le projet initial prévoyait que le stade serait conçu pour 35 000 spectateurs. Après que la Russie a reçu le droit de tenir la Coupe du monde, le donneur d'ordres nous a demandé d'augmenter la capacité, espérant que le stade obtienne le droit d'accueillir la compétition ».
Extérieurement, le stade Spartak rappelle le stade du Bayern Munich, l'Allianz Arena. La réalisation architecturale de ce stade a été conçue par le bureau suisse Herzog & de Meuron, mais AECOM a également pris part au travail sur l'Allianz Arena. De l'aveu de Raymond Fadel, certaines solutions architecturales de la façade du stade allemand de 75 000 places sont bel et bien opportunes pour le stade Spartak. Autre aspect important : la paternité de la réalisation architecturale du stade rouge et blanc. Dans des sources ouvertes, l'Allemand Burkhard Grimm est présenté comme l'architecte ayant créé le concept du stade Spartak. D'après Fadel, cette information ne correspond pas tout à fait à la réalité. « Oui, monsieur Grimm a travaillé sur le stade Spartak, sur la création de l'espace intérieur de l'enceinte. Si l'on parle des auteurs de la solution architecturale de l'aspect extérieur de cette enceinte, il s'agit d'une équipe d'AECOM. Elle travaille sur des installations sportives dans le monde entier, créant le concept qui est ensuite présenté au donneur d'ordres », précise Raymond Fadel.
Un lieu de force
Le Stade Loujniki, Moscou
Moscou est la seule ville de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™ où des rencontres avaient lieu dans deux enceintes. Elles ont toutes deux été construites au bord de la rivière Moskova. Le Stade Spartak est à Touchino, le Loujniki à Khamovniki. Le Stade Loujniki a accueilli le match d'ouverture de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™ et la finale. La grande enceinte sportive du Loujniki est âgée 62 ans et a subi trois rénovations. La dernière d'entre elles a duré quatre ans et a été menée spécialement pour la Coupe du monde.
Le Loujniki est un édifice d'une hauteur de huit étages, de forme régulière, proche d'une ellipse. L'auteur du projet de rénovation du stade Loujniki, l'architecte en chef de Moscou Sergueï Kouznietsov, a reconnu qu'il aurait technologiquement été plus simple de raser totalement l'ancienne enceinte que d'en faire une « réparation » compliquée : « Je crains que la démolition de la façade historique du Loujniki n'aurait assombri la Coupe du monde. Je suis le football, son histoire et me souviens de l'agitation autour de la destruction totale du stade légendaire de Wembley. La façade aux célèbres tours blanches à Londres fut détruite. Beaucoup de supporters ne sont toujours pas d'accord avec cette décision, on ne peut pas dire que le public soit très fan du stade. De mon point de vue, en prenant de la hauteur, compte tenu de la stratégie globale de développement de l'aspect architectural de Moscou, il n'est pas correct de raser des monuments historiques tel que le Loujniki. Ils forment le vernis culturel incomparable de la ville. La démolition du Loujniki aurait été une perte gigantesque pour la capitale ».

D'après Sergueï Kouznietsov, ce stade est un lieu « sacré », un centre de force du sport russe. L'enceinte a vu nombre d'événements historiques : l'allumage de la Flamme olympique en 1980, la finale de la Ligue des Champions 2008, le Festival de la jeunesse et des étudiants en 1957 et 1985, la première Universiade d'été du pays en 1973, des championnats du monde d'athlétisme et de patinage de vitesse et quelques Spartakiades des peuples de l'URSS.
Deux en un
L'Ekaterinbourg Arena
Une histoire similaire à celle du Loujniki est liée à l'enceinte d'Ekaterinbourg. C'est le projet le plus complexe de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™ compte tenu des contraintes de travail.

« La tâche principale était d'inscrire un nouveau et grand stade dans les contours de la vieille enceinte. Elle a été construite dans les années 1950 », raconte Dmitri Bouch. « Ce stade était l'un des meilleurs de l'Union Soviétique. Même le Loujniki, à mes yeux, est plus modeste que celui de l'Oural architecturalement. Il ne faisait aucun doute qu'il fallait sauvegarder les murs en tant que monument d'importance architecturale et culturelle avec ses sculptures et ses portiques ».
Pour résoudre la tâche, des étrangers ont été sollicités : l'Américain David Mannik, travaillant sur des stades de la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™, et l'ingénieur allemand, star mondiale de la construction écologique, Werner Sobek. Mais, finalement, la FIFA a retenu le projet russe. Il prévoyait la création, pour la Coupe du Monde de la FIFA 2018™, de tribunes temporaires de 14 000 places. Cette solution ne contrevenait pas aux exigences de confort des spectateurs, les tribunes seraient démontées après la fin du tournoi.

« Extérieurement, l'enceinte ouralienne est fonctionnelle, simple et n'agresse pas l'architecture des façades du vieux stade. L'édifice principal s'inscrit dans les contours du monument historique et peut accueillir 25 000 spectateurs », explique Dmitri Bouch.
Entre mer et montagnes
Le Stade Ficht, Sotchi
Il fallut encore reconstruire une autre enceinte, construite pour les Jeux Olympiques d'Hiver 2014. Un tel scénario avait été prévu dans la conception et la construction de ce stade. En tant qu'auteur de la solution architecturale, Dmitri Bouch cite Damon Lavelle de la société Populous, dont le siège est au Kansas et qui dispose de bureaux aux Etats-Unis, à Hong-Kong, à Singapour, en Australie et en Nouvelle-Zélande. L'Australien en est reconnaissant au Russe.
« Nous avons proposé le nom. Un concours international pour le design de ce qui est maintenant devenu le stade Ficht a été mené. Finalement, aux côtés de nos partenaires locaux – Dmitri Bouch, une grande quantité de consultants russes, un bureau de design anglais –, un concept définitif et environ la moitié des produits indispensables au stade ont été élaborés », allègue Damon Lavelle.1

« De par sa structure, le stade créé pour les Jeux Olympiques était parfaitement propice à la tenue de représentations théâtrales et de shows d'envergure. Un ensemble de nuances a directement été pris en compte, notamment la création d'un terrain de football. A l'emplacement du gazon, pour les Jeux Olympiques 2014 on a construit un fond en béton caché par des décorations. Les participants du show en sortaient, qu'il s'agisse de la cérémonie d'Ouverture ou de Clôture des Jeux d'hiver. Extérieurement, le Ficht reprend les contours des monts du Caucase. On peut d'ailleurs les voir des tribunes. Autre thème qui se reflète dans le travail sur la façade : la mer Noire, au bord de laquelle se situe l'enceinte. C'est Lavelle qui a suggéré l'idée des montagnes », raconte Dmitri Bouch.
Le lis au bord du fleuve
La Kazan Arena
Damon Lavelle est aussi l'auteur de la conception d'un autre stade de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™, la Kazan Arena. Elle a été construite pour l'Universiade d'Etat 2013. Ici, l'Australien a aussi des co-auteurs russes. Il s'agit de Valeri Motorine et de Diana Leykina, architectes de l'Institut central de recherche scientifique et d'élaboration de projet et d'expérimentation de bâtiments et édifices industriels (TsNII Promzdany). Pour le projet Kazan Arena, ils ont reçu en 2015 une médaille d'or de la part de l'Académie internationale d'architecture (IAA)
« Le travail réalisé à Kazan est un exemple criant de la façon dont peut s'articuler la coopération avec des confrères étrangers. Damon a dessiné le croquis. Il a considéré que dans la mesure où le nouveau stade serait construit au bord du fleuve, sa forme devait être celle d'un lis d'eau. Le concept lui est revenu, notamment la solution architecturale, tandis que l'idée de Lavelle a été mise en œuvre par des Russies. Pour l'ensemble de la communauté architecturale internationale, Valeri Motorine est autant l'auteur de l'architecture de la Kazan Arena que Lavelle », atteste l'architecte en chef du TsNII Promzdany et professeur de l'IAA Diana Leykina. D'après elle, l'Australien ne réfute pas cette affirmation. « Ici, il faut comprendre ce qui suit : dans le travail sur les stades, les étrangers partent de l'image, nous, de la fonction et du confort des sportifs et spectateurs. L'aspect extérieur de l'enceinte dépend directement de sa fonctionnalité intérieure », précise Diana Leykina.
L'oiseau près du Don
La Rostov Arena
Damon Lavelle, Valeri Motorine et Diana Leykina ont également travaillé selon un schéma similaire sur un autre stade de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™, à Rostov-sur-le-Don.

« Damon, sur commande de l'administration municipale, a dessiné un concept qui a terminé dans le dossier de candidature. D'après ses propres dires, il a beaucoup lu à propos du Don, des cosaques et de l'histoire du sud de la Russie. Selon Lavelle, les cosaques créaient des kourganes, et le Don est un lieu où vivent de nombreux oiseaux différents. Son idée de l'aspect du stade était un grand oiseau qui trônait sur un kourgane cosaque près des rives du Don. Dans le concept, il y avait encore un toit très complexe, dont la forme a finalement été optimisée. Nous avons refusé le haut kourgane remblayé, mais le stade est surélevé au-dessus de la plaine du Don », poursuit Diana Leykina.
Au final, le petit kourgane s'intègre fort bien au design de l'enceinte de Rostov. Le stade sur les rives du Don est l'un des projets les plus réussis parmi ceux réalisés lors de la préparation à la Coupe du Monde de la FIFA 2018™. La conception initiale a même été complétée au cours des travaux. La toiture faite de matériaux ultramodernes renvoie aux vagues sur le grand fleuve, une vue saisissante sur la ville s'ouvre depuis la tribune sud et la façade du stade est conçue sous forme de média écran encerclant l'enceinte.

« L'enceinte de Rostov est un exemple classique de l'importance, pour le résultat final, du choix d'un bon endroit pour la construction d'un stade. J'étais le seul russe de l'équipe qui a établi le Dossier de candidature de la Russie. Au stade de l'élaboration de la candidature, nous avons directement proposé cet emplacement. Ici, il y a à la fois le fleuve et le panorama de la grande ville, dont le centre historique se trouve en face de l'enceinte. Près du stade, il y a un grand espace libre. Il est possible de le transformer en parc ou en cluster sportif. Le chantier est allé vite, l'enceinte en est sortie impressionnante et pratique », résume Dmitri Bouch.

Il reste à ajouter qu'en 2007, pour le projet Rostov Arena, Diana Leykina et Valeri Motorine ont reçu la médaille d'argent de l'Académie internationale d'architecture.
Soleil sur la rive
La Mordovia Arena
Un autre projet réalisé pour la Coupe du Monde de la FIFA 2018™ recevant des compliments d'architectes, constructeurs, sportifs et responsables supervisant la création des infrastructures de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™ se trouve à Saransk. La Mordovia Arena était le seul stade de la Coupe du monde dont le coût a constamment baissé. Il était prévu de construire l'enceinte pour le millénaire du rattachement du peuple mordve à l'Etat russe en tant que stade du « Jubilé ». Après que la Russie a reçu le droit d'accueillir la Coupe du monde, le projet a été réorienté en tablant sur la possibilité d'organiser la Coupe du Monde de la FIFA 2018™ dans le stade. La solution architecturale a été créée au prix des efforts d'architectes de Saransk. Ils ont pris des conseils auprès de confrères : Dmitri Bouch, Damon Lavelle et le Portugais Tomas Taveira. Une grande quantité de croquis ont été dessinés, l'une des options était la « Barque près du fleuve ».
« Nous nous sommes beaucoup disputé en débattant de la solution architecturale. Finalement, nous sommes tombés d'accord sur le fait que l'idée transversale devait être le soleil. Il est associé à la chaleur, à la bonté, à l'ouverture. Partout dans l'enceinte, de l'architecture à l'aménagement des intérieurs, l'image du soleil est récurrente. Dans la version initiale, le fuselage de la forme de la coque de l'enceinte était plus impressionnant et complexe. Dans la procédure de construction, une optimisation a été réalisée et désormais le stade possède une forme d'ellipse simple », raconte l'architecte en chef de Saranskgrajdanproïket Sergueï Khodnev, qui a dirigé les travaux des architectes de Saransk.
Une base de lancement sur 27 hectares
La Samara Arena
Ce stade, comme l'enceinte de Saint-Pétersbourg, est lié à la thématique spatiale. On voulait même le baptiser « Cosmos Arena ».
« Un autre projet et un autre emplacement figuraient dans le Dossier de candidature de la Russie. Mais finalement, c'est nous, un groupe d'architectes, de constructeurs et d'ingénieurs russes, qui avons créé l'architecture du stade de Samara. Le concept est un dôme de verre qui renvoie au thème des vaisseaux spatiaux. Le soir, il est possible d'illuminer l'enceinte de 45 000 places de façon très impressionnante », précise Dmitri Bouch. « Le travail était complexe, tout n'est pas allé comme sur des roulettes, mais si l'on parle de ce stade de la Coupe du monde en particulier, il faut savoir certaines choses. Le plus important, c'est la superficie du terrain sous l'ouvrage. Il s'agit là de la plus grande : 27 hectares, et les autorités locales voulaient qu'elle soit 10 pourcents plus grande. En guise de comparaison : à Saint-Pétersbourg et Sotchi, la superficie du terrain est de 17 hectares, à Nijni Novgorod, de 21, à Ekaterinbourg, de seulement 11. Cette décision est liée au fait que Nikolaï Merkouchkine, qui dirigeait la région au moment du début de la construction, a abordé le programme « héritage du Mondial » de façon très concernée et scrupuleuse ».
Mer et ambre
Le Stade Kaliningrad
L'histoire de la création d'une enceinte dans la région la plus occidentale de Russie n'est pas banale. Dans le Dossier de candidature figurait un concept imaginé par la société Mostovik, originaire d'Omsk, avec la participation de l'architecte français Jean-Michel Vilmotte. Extérieurement, il était très spectaculaire : une enceinte de forme ovale couleur ambre, complétement recouverte d'un toit avec des tours d'angle pour des salles de sports collectifs et d'arts martiaux. Hélas, la compagnie sibérienne a commencé à rencontrer des diificultés, désormais elle se trouve sous contrôle extérieur. Des architectes russes travaillant déjà sur les stades de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™ permirent de récupérer la situation.
« En avril 2014, sur une décision du gouvernement russe, l'entreprise d'Aras Agalarov Krokus group a été désignée maîtresse d'ouvrage et bureau d'étude principal du stade à Kaliningrad. A l'époque, nous travaillions avec succès et de façon créative avec eux à Rostov. Là-bas, le chantier avançait vite et bien. A Kaliningrad, la nouvelle enceinte a été construite en moins de trois ans », explique Diana Leykina. « La conception architecturale fondamentale de ce stade est une forme comme peut l'avoir l'ambre. L'édifice de l'enceinte est totalement symétrique et compact. Le stade Kaliningrad a la forme régulière d'un rectangle avec des parties sectionnées aux quatre coins. La façade présente une alternance de bandes horizontales bleues et blanches. Elles renforcent le thème de la mer Baltique, créant l'image de vagues marines ».
Une colonnade sur la Strelka
Le Stade Nijni Novgorod
Deux autres stades de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™ ont une forme régulièrement symétrique : à Nijni Novgorod et Volgograd. C'est un cercle, mais les solutions architecturales dans les villes sur la Volga sont différentes.

Dans la création du concept du Stade Nijni Novgorod, le bureau d'architectes allemand GMP Architekten von Gerkan & Marg and Partners, ayant des bureaux en Russie, au Brésil, en Chine, au Qatar, au Vietnam et en Inde, a pris une part active. D'après le directeur général de cette entreprise, Stefan Hoffmann, lors du travail à Nijni Novgorod, leur bureau a pris pour point de départ le tableau Vue sur Nijni Novgorod du grand peintre russe Isaac Levitan.
« L'espace dédié au stade est un endroit idéal de par son emplacement. Il s'agit de la Strelka, point de confluence de deux grands cours d'eau, la Volga et l'Oka. Sur l'autre rive, il y a le Kremlin, à côté, une grande cathédrale. Le gouverneur (à l'époque Valerin Chantsev, NDLR) avait demandé que le stade ne masque pas les vues qui s'ouvrent depuis la Strelka. Nous avons préparé plus de 20 versions, avons beaucoup travaillé avec des ingénieurs et des collègues de Russie, des architectes locaux », relate Stefan Hoffmann.2

Au final, selon les dires de Dmitri Bouch, ayant travaillé sur cette enceinte de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™, la négociation sur la façade de l'enceinte de Nijni Novgorod a pris un temps record pour les stades de la Coupe du monde : plus de six mois.

« Les autorités et la communauté architecturale de Nijni Novgorod ont exigé de nous pas simplement un stade, mais une solution urbanistique intelligente. Il fallait construite une enceinte ne portant pas ombrage aux bâtiments principaux du centre historique de la ville. La conception architecturale est strictement classique. Nous l'avons réalisée à l'aide d'une colonnade près de l'entrée dans l'enceinte. Derrière celle-ci, sorte de membrane, nous avons caché le stade lui-même. Nous avons longtemps débattu, mais le résultat est bon. Il a été possible d'éviter une éventuelle construction gigantesque en forme de boîte de conserve sur fond du Kremlin et de la cathédrale Alexandre Nevski, construits respectivement au début du XVIe et dans la seconde moitié du XIXe siècles », relate Dmitri Bouch.
Feu d'artifice de la Victoire et beaucoup d'air
La Volgograd Arena
Dans la ville-héros s'étendant sur la Volga, l'enceinte de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™ se situe là où, en 1962, fut construit le stade Central. Il fut le témoin de grands matches et événements, constituant l'un des symboles de la ville de la Volga. Mais finalement l'arène a été démolie et la ville y a gagné.

« Le choix de l'emplacement à Volgograd au stade des travaux préparatoires a toujours été érigé en exemple au sein de la FIFA. En fait, c'est un choix idéal pour la construction d'un stade : c'est la rue principale de la ville, sa partie centrale. De plus, d'un côté, il y a le kourgane Mamaïev, connu dans le monde entier avec la statue de la Patrie-Mère, de l'autre, le grand fleuve Volga », explique Dmitri Bouch. « Nous qui étions à la recherche d'une solution architecturale avions besoin de quelque chose de brillant et de pas banal. Le terrain là-bas n'est pas grand, mais l'endroit est beau. Il fallait qu'elle s'y inscrive. Finalement, l'idée principale c'est la légèreté, beaucoup d'air. Les structures porteuses de ce stade sont de forme ajourée. La forme est celle d'un cône qui se resserre du haut vers le bas. Le toit est est hélicoïdale, fait de câbles en acier et d'une membrane particulière. En Russie, il y a seulement deux stades avec un tel toit : Volgograd et Krasnodar. La raison en est que plus au nord que Volgograd, construire de tels stades est difficile et très onéreux. La raison en est la neige : la charge sur la construction est déjà tout à fait différente ».
Le concept architectural fondamental de cette enceinte de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™ est appelé par les médias « Feu d'artifice de la Victoire ». On est censé voir dans la construction de la façade du stade de Volgograd les éléments d'un feu d'artifice. Mais, selon Dmitri Bouch, en réalité, l'histoire de la création du concept de cette enceinte est différente.

« Si on le désire, on peut peut-être y voir un feu d'artifice : le bâtiment est beau et impressionnant. Dans le dossier visant à défendre le projet devant le Conseil social de Volgograd, le nom suivant a été proposé pour le stade : Arena Pobeda (« victoire » en russe). L'idée principale, je le répète, c'est beaucoup d'air, et la toiture au sommet est une roue de vélo de couleurs blanche et bleue », insiste Dmitri Bouch.
Plus que des stades
Ce qu'il restera d'autre après la Coupe du Monde de la FIFA 2018™
Les stades de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™, ce ne sont pas seulement des terrains de football, une architecture, des loges et des tribunes pour les supporters, mais aussi le programme spécial de la FIFA « Héritage ». Son objectif est d'aider ceux qui prendront en charge l'exploitation des enceintes construites, en réduisant au maximum les dépenses pour leur entretien, mais aussi le développement du territoire urbain. « De ce point de vue, les entreprises étrangères ont, indéniablement, accumulé une très grande expérience. Elles font cela depuis longtemps et il était logique de les associer à ce travail », justifie Dmitri Bouch.

« Quand on parle d'héritage de grands tournois sportifs, il faut comprendre que les édifices footballistiques, c'est d'abord du sport avant tout le reste. Il est beaucoup plus facile de travailler avec ce qui reste après des Jeux Olympiques. Un tel programme existe aussi dans ce cas-là. Notre entreprise est l'opérateur de programmes d'héritage du CIO pour les deux derniers Jeux Olympiques d'été. A Londres, d'ici 2025, nous achèverons la transformation de ce qui fonctionnait pour le sport lors des Jeux en installations commerciales. A Rio, ce processus est également à l'œuvre. Là-bas, selon les plans, cela doit s'achever en 2035. Pour le football c'est plus difficile. Avec lui, pour assurer la prospérité du stade, il est obligatoire d'avoir une équipe sportive performante. Il y a des exemples : le Bayern, Munich et l'Allianz Arena », assure Raymond Fadel.
AECOM, où Fadel travaille, a été en vertu du programme « héritage du Mondial » à Nijni Novgorod et Samara, les Allemands de Sportfive à Volgograd, les idées de Populous ont été utilisées pour l'élaboration du concept à Saransk et Kazan. L'héritage de la FIFA, c'est une véritable mini-ville près de la Samara Arena.

« A Samara, près du stade, une très grande construction est prévue, qui doit créer un nouvel espace à proximité de la Samara Arena. Selon les plans, un groupe de logements, une gare routière, un héliport, une ligne de tramway rapide, la cité scientifique Gagarine Centre, le nouveau campus de l'université de Samara et un technopôle y apparaîtront. Dans l'enceinte elle-même, il y a de nombreux locaux pour des bureaux, ainsi que la possibilité de créer un centre d'exposition et même un musée », explique Dmitri Bouch.

Parmi l'héritage de la Coupe du monde en Russie : plusieurs stations de métro à Moscou, Saint-Pétersbourg et Nijni Novgorod.

A Saransk, littéralement sous les murs de la Mordovia Arena, se trouve désormais un nouveau quai. Lui aussi a été construit dans le cadre du programme « d'héritage ». Grâce à cela, le lit de l'étroite rivière Issar a été élargi. « Tous les travaux pour la création ex nihilo d'un quai ont été menés par des Russes : notre institut et des experts de la ville voisine de Nijni Novgorod avec la participation de Mosproekt 4 », raconte Sergueï Khondev.
Стадионы "Лужники", "Санкт-Петербург", "Фишт" и "Казань Арена" до Чемпионата мира находились в собственности у регионов России, а стадион "Спартак" – в частной собственности.

Концепцией предусматривается также использование предматчевых тренировочных площадок ЧМ-2018. Эти небольшие стадионы и тренировочные поля станут "якорными" для детских футбольных центров. Их создадут на базе действующих детско-юношеских спортивных школ России. Всего планируется появление 30 базовых футбольных центров, что позволит увеличить в полтора раза количество детей, которые будут заниматься футболом.

Все арены ЧМ-2018 задействованы для проведения матчей профессиональных клубов, выступающих в различных национальных лигах России.

Единственный стадион Чемпионата мира, не имеющий "базового" клуба, – "Лужники". Самая большая спортивная арена России, согласно концепции, станет главным стадионом для национальной сборной и местом проведения финального матча Кубка России.

Все новые стадионы, построенные к ЧМ-2018, планируется использовать для проведения матчей за футбольный Суперкубок России.

Кроме того, на стадионах Чемпионата мира предполагается проводить концерты и массовые спортивно-зрелищные мероприятия. В Нижнем Новгороде и Саранске под трибунами создадут музеи футбола, на "Самара Арене" – музей местного футбольного клуба. В "Лужники" хотят вернуть национальный Музей спорта, покинувший арену на время реконструкции.

"Объекты чемпионата должны продолжать полноценно работать и после его завершения, именно для этого они и создавались. Поддержка программ развития объектов чемпионата рассчитана на то, чтобы к 2024 году они были самодостаточны, служили центрами развития городов, общественной, деловой, культурной жизни. Я прошу учесть задачу эффективного использования спортивной инфраструктуры при корректировке федерального бюджета на 2018 год и отразить ее в бюджете на 2019–2021 годы", – заявил президент России Владимир Путин 20 июля в Калининграде, где состоялось совместное заседание Совета по развитию физической культуры и спорта и Наблюдательного совета Оргкомитета "Россия-2018".

На программу адаптации новых стадионов до 2023 года необходимо изыскать 16 млрд рублей. Основная нагрузка, согласно принятой Концепции, ляжет на федеральный бюджет. Он даст 11,5 млрд. Остальные деньги будут искать регионы и будущие операторы новых арен. Только на стадионы Чемпионата мира будет потрачено 12,95 млрд рублей, на тренировочные площадки – 3,27 млрд. Остальная часть заложенных в консолидированный бюджет Концепции наследия ЧМ-2018 средств пойдет на развитие детско-юношеского футбола.

Правительство России предлагает выбор модели управления новыми аренами. Согласно одной из них, власти регионов могут сами управлять операционной деятельностью стадиона или передать на аутсорсинг отдельные полномочия. Либо полностью делегировать управление ареной сторонней компании. Документ предлагает возможность создания федерального оператора стадионов ЧМ-2018, о чем ранее просили представители регионов. По прогнозу Министерства спорта России, стадионы могут получить первую выручку в 2020 году, когда совокупные доходы стадионов ЧМ-2018 теоретически могут составить 457,6 млн рублей. К 2023 году авторы концепции надеются получать суммарную выручку в 1,1 млрд рублей. Для стимулирования доходов Минспорт предложил разработать механизм освобождения будущих операторов стадионов от двух налогов – земельного и налога на имущество.
Au titre de l'héritage
L'Etat aidera en roubles

Après la fin de la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™, le gouvernement a approuvé la Conception de l'héritage de la Coupe du Monde de la FIFA 2018™. Ce document a défini les axes principaux de l'utilisation des stades de football construits ou reconstruits pour le tournoi. En 2019, les stades de Volgograd, Ekaterinbourg, Kaliningrad, Nijni Novgorod, Rostov-sur-le-Don, Samara et Saransk seront transférés de la propriété fédérale à la propriété de sujets de la Fédération de Russie. Actuellement, ils sont gérés par l'Entreprise d'Etat fédérale et unitaire Sport Engineering, relevant du ministère du Sport.

En savoir plus
Vers de nouveaux tournois
De quoi voir venir pour les 30 prochaines années
Le Mondial s'est achevé, mais les nouveaux stades restent et font de la Russie un endroit où l'on peut tenir la finale de n'importe quelle grande compétition internationale de football de sélections nationales ou de clubs. S'il le désire, un pays peut organiser une autre Coupe du monde en élargissant sa géographie.

« N'importe laquelle des arènes du Mondial 2018 peut accueillir une finale de Ligue des Champions ou de Ligue Europa, sans parler des tournois espoirs de la FIFA et de l'UEFA. De surcroît, si nous voulons organiser une autre Coupe du monde en 2036, il n'y aura pas besoin de construire beaucoup. Pour les trente prochaines années, la Russie est suffisamment fournie en nouveaux grands stades. Certes, ils ont presque tous été créés dans la partie européenne. Mais une Coupe du monde peut susciter de l'intérêt pour de tels chantiers en Extrême-Orient et dans les grandes villes de Sibérie, où il n'y a pour l'instant pas d'enceintes modernes, ne serait-ce que de 25 000 places », prédit Dmitri Bouch.

« Les grandes enceintes, c'est intéressant et divertissant, mais la population a besoin de petits stades confortables avec des tribunes contenant jusqu'à dix mille places. Leur création se fera sur le court terme. Il y a déjà une demande pour cela dans la société et elle sera, j'en suis certaine, entendue », prophétise Diana Leykina.
Si l'on parle des solutions architecturales des nouvelles enceintes, nous n'avons défini personne de ce point de vue, mais il faut comprendre que la construction en Russie, aux côtés du Japon, est la plus coûteuse dans le monde.

« Dans des conditions où toutes les parties impliquées ont dû réfléchir à l'allocation optimale des fonds, les stades se sont avérés a minima reconnaissables, et certains sont même stylés et impressionnants », considère Dmitri Bouch. « Les stades garderont leur pertinence, de même que les infrastructures et la logistique du grand tournoi créées pour eux. C'est un succès. Même si, évidemment, on peut toujours faire mieux. Mais nous y sommes parvenus, et nous y sommes parvenus, à mes yeux, vraiment pas mal ».
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