Balle au centre

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Evolution du ballon de football
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Evolution du ballon de football
Le 9 novembre, la société adidas présente à Moscou le ballon officiel de la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™. Le portail welcome2018 se remémore les ballons précédents des compétitions internationales.
Le 9 novembre, la société adidas présente à Moscou le ballon officiel de la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™. Le portail welcome2018 se remémore les ballons précédents des compétitions internationales.
Peau de chagrin
Si l'on montrait à l'un de nos contemporains le ballon qui était utilisé lors de la première Coupe du monde en 1930, il serait probablement très étonné. Cuir marron grossier, 12 panneaux, cousus main. De par sa forme, le projectile était assez éloigné de la sphère idéale. Mais le plus important était le laçage de fermeture. Exactement le même que celui qu'on peut encore voir sur un ballon de football américain de nos jours. Toutefois, si pour ce dernier il a une application pratique (pour améliorer la rotation du ballon), en 1930 on ne savait pas coudre les ballons de l'intérieur. En outre, lors du Mondial en Uruguay, le laçage était fait d'un épais fil de cuir, qui laissait beaucoup d'éraflures sur les fronts des footballeurs.

Aussi étrange que cela puisse paraître, la structure pesait dans son ensemble moins lourd que les ballons modernes : sa masse officielle pouvait aller de 368 à 425 g. Mais ici il convient de tenir compte du fait que le poids du ballon augmentait fortement par temps de pluie : le cuir gonflait, ce qui conférait au projectile une puissance redoutable et lorsque l'on recevait le laçage extérieur dans la tête cela ne donnait rien de bon. C'est ainsi que les stars internationales du football jouèrent lors des trois premières Coupes du monde.
Lors du premier Mondial, il n'y avait pas de ballon officiel, on jouait comme dans la rue, avec le sien. Tout cela se termina par une situation inédite en finale : les équipes d'Argentine et d'Uruguay ne parvinrent pas à se mettre d'accord sur le ballon à utiliser.
Lors du premier Mondial, il n'y avait pas de ballon officiel, on jouait comme dans la rue, avec le sien. Tout cela se termina par une situation inédite en finale : les équipes d'Argentine et d'Uruguay ne parvinrent pas à se mettre d'accord sur le ballon à utiliser.
Finalement, on trouva un compromis : en première mi-temps on utilisa le Tiento argentin, et en seconde le T-Model uruguayen.
En finale de la CdM 1930 à Montevideo (Argentine – Uruguay), la première mi-temps fut disputée avec un ballon argentin et se termina sur le score de 1-2 en faveur de l'Argentine. En seconde mi-temps, on utilisa un ballon uruguayen et, alors que les hôtes perdaient au début, ils prirent ensuite l'avantage. Score final : 4-2 en faveur de l'Uruguay
Il n'y eut pas d'innovations technologiques particulières dans la fabrication des ballons au cours des années 1930. A l'exception du fait que pour la CdM 1934 en Italie, on eut la bonne idée de remplacer le lacet en cuir par un lacet en coton. Puis, en 1937, la masse du ballon passa à 410-450 g. Cette norme n'a toujours pas changé.
Ballon vide
Sur les 12 ans d'interruption de la Coupe du monde, liée aux conflits des années 1940, les technologies progressèrent significativement. Pendant la Coupe du monde 1950 au Brésil, les équipes jouèrent avec des ballons qui étaient d'une qualité sensiblement plus élevée que ceux d'avant-guerre.

Les footballeurs n'avaient plus à se faire de souci pour leur front, car le laçage avait disparu. Le ballon Duplo T se gonflait grâce à une valve interne. On continuait à utiliser du cuir naturel, le ballon était cousu de 12 panneaux, mais grâce à la garniture entre la vessie et le revêtement extérieur, il commençait à ressembler davantage à une sphère. Du reste, on commença à utiliser de nouvelles couleurs, l'orange et le blanc. Cela facilita grandement la vie des spectateurs, qui n'avaient plus à se faire mal aux yeux en essayant de distinguer la balle marron sur la pelouse.
Le ballon de la CdM 1954 en Suisse était cousu de 18 panneaux en cuir. Aujourd'hui, on peut le voir dans un musée de Francfort
Les 12 années suivantes, le nombre de panneaux cousus sur le ballon commença a augmenter rapidement : à la CdM 1954 en Suisse il y en avait 18, à la CdM 1958 en Suède 24.
En 1957, la FIFA autorisa pour la première fois tout fabricant à participer à un concours pour la création du ballon de la Coupe du monde. Le gagnant fut désigné par une commission de la FIFA composée de quatre personnes, parmi lesquelles se trouvait un représentant de l'URSS, Valentin Granatkine.
En 1957, la FIFA autorisa pour la première fois tout fabricant à participer à un concours pour la création du ballon de la Coupe du monde. Le gagnant fut désigné par une commission de la FIFA composée de quatre personnes, parmi lesquelles se trouvait un représentant de l'URSS, Valentin Granatkine.
Sur 102 ballons sans marques distinctives furent sélectionnés 10 finalistes. Au bout de deux heures de tests, le ballon numéro 55 l'emporta. Il s'agissait du Top Star suédois.

Pendant le Mondial 1962 au Chili, une situation gênante se déroula. Les Sud-américains avaient créé un ballon orange novateur, Mr. Crack, dont la structure ne comptait pas de panneaux longitudinaux, remplacés par de grands hexagones. Néanmoins, ce produit ne plaisait pas du tout à l'arbitre anglais Ken Aston qui officiait lors du match d'ouverture. Après un examen approfondi du ballon, il ordonna aux organisateurs de trouver d'urgence un Top Star européen qui avait été utilisé lors de la CdM 1958 et du Championnat d'Europe 1960. Cet incident engendra toute une série d'actions où les équipes européennes refusèrent de jouer avec le ballon chilien. Les hexagones firent finalement un retour triomphal au Mondial, mais huit ans plus tard.
Le ballon Challenge 4-Star, avec lequel on disputa la finale de la CdM 1966 en Angleterre, fut considéré perdu pendant 30 ans au terme desquels il refit surface au Musée national du football britannique. SUR LA PHOTO : Les équipes d'Allemagne de l'Ouest et d'Angleterre avant la finale. Helmut Haller, qui emporta le ballon à la maison et l'utilisa pour jouer avec son fils, comme on le découvrit plus tard, est le quatrième en partant de la gauche
Le ballon Challenge 4-Star, avec lequel on disputa la finale de la CdM 1966 en Angleterre, fut considéré perdu pendant 30 ans au terme desquels il refit surface au Musée national du football britannique. SUR LA PHOTO : Les équipes d'Allemagne de l'Ouest et d'Angleterre avant la finale. Helmut Haller, qui emporta le ballon à la maison et l'utilisa pour jouer avec son fils, comme on le découvrit plus tard, est le quatrième en partant de la gauche
A la Coupe du monde 1966 en Angleterre, le Challenge 4-Star britannique fut le dernier de la lignée des ballons d'ancien modèle. Le temps a montré qu'il avait une longévité fantastique. L'histoire veut que le ballon utilisé en finale par les Anglais et les Allemands ait été perdu. Quelques années plus tard, il s'avéra que l'Allemand Helmut Haller l'avait emporté avec lui et utilisé pendant plusieurs années pour jouer avec son fils dans la rue. Ce n'est qu'en 1996 que le ballon, en excellent état (si l'on considère le chemin parcouru), se retrouva dans le Musée national du football britannique.
Technologies allemandes
Les Allemands accomplirent une révolution dans la fabrication des ballons. Le ballon Telstar de la société adidas fut présenté pour la première fois au Championnat d'Europe 1968, avant de devenir ballon de la Coupe du monde en 1970 au Mexique. Le nom original est une contraction de « star of television », « star de l'écran ».

Le ballon ne ressemblait pas du tout à ses prédécesseurs:
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Les panneaux plats allongés étaient remplacés par 12 pentagones et 20 hexagones, qui créaient un ballon incroyablement régulier pour l'époque.
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Le ballon avait changé de couleur. Les pentagones étaient noirs et les autres parties blanches. Ces couleurs n'avaient pas été choisies par hasard : en 1970, la Coupe du monde était retransmise en couleur pour la première fois. La sphère noire et blanche était bien visible sur le fond vert, ce qui facilitait le visionnage pour les téléspectateurs. Ce coloris reste jusqu'à présent un symbole du football. C'est précisément ce ballon qui figure sur les blasons de nombreux clubs et ligues.
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Les matériaux avaient changé. L'extérieur était toujours en cuir, mais en dessous de celui-ci se cachait désormais une couche synthétique, ce qui rendait le ballon plus résistant à l'humidité.
Le ballon Telstar devint la base de toute une génération de ballons de la Coupe du monde. Sa structure à 32 panneaux fut utilisée jusqu'en 2006.

Lors du Mondial 1974 en Allemagne, on utilisa le Telstar Durlast, qui ne différait aucunement de son prédécesseur. Pendant Argentine 78, c'est le Tango qui fut utilisé. C'était la même chose que le Telstar, mais avec une coloration qu'on utiliserait pendant 20 ans pour les ballons. Il était recouvert de 20 triades, qui symbolisaient le dynamisme et la passion dans l'idée des auteurs. Cette coloration fit office de modèle pour la majorité des ballons des Coupes du monde ultérieures.
Le ballon de la CdM 1982 en Espagne fut le premier de l'histoire fabriqué en cuir et en matériaux synthétiques. Son revêtement particulier en polyuréthane lui permettait de repousser l'eau. SUR LA PHOTO : 3 mars 1982. Des ballons préparés spécialement pour la compétition. Au premier plan, un modèle de démonstration surdimensionné
Lors de la CdM 1982 en Espagne, les fabricants dévoilèrent une nouveauté. En apparence, il s'agissait exactement du même ballon qu'en Argentine. Ses créateurs ne prirent même pas la peine d'inventer un nouveau nom et le baptisèrent Tango España. Toutefois, c'était le premier ballon fait d'un mélange de cuir naturel et de matériaux synthétiques. Il possédait un revêtement en polyuréthane qui repoussait l'eau. Pour la Coupe du monde 1986 au Mexique, on créa l'adidas Azteca, le premier ballon fabriqué intégralement en matières synthétiques. Extérieurement, il ressemblait au Tango, mais les triades représentaient des fresques aztèques. C'est avec ce ballon que Diego Maradona marqua le « but du siècle » et la « Main de Dieu ».

Jusqu'à la fin du XXe siècle, ces ballons ne changèrent pas. Peu à peu, la qualité augmenta, la résistance fut accrue, de même que l'imperméabilité.
Le dernier ballon de la série Tango, le Tricolore, utilisé lors de la CdM 1998 en France, était garni de mousse synthétique, qui régulait la répartition de l'énergie lors du tir. SUR LA PHOTO : Un footballeur de l'équipe du Danemark met le ballon en jeu lors d'un match contre l'Arabie Saoudite.
Le dernier ballon de cette série légendaire fut le Tricolore de la CdM 1998 en France. Pour le créer, on utilisa de la mousse syntactique, qui régulait la répartition de l'énergie lors du tir. De plus, il cessa d'être monochrome : les triades classiques du Tango devinrent bleues et rouges. Ce ballon fut le dernier à présenter le coloris du Tango.

En 2002, la Coupe du monde eut lieu au Japon et en Corée du Sud.
Adidas mit trois ans à créer le ballon de cette compétition. C'est la dernière fois que fut utilisée la structure « classique » à 20 hexagones et 12 pentagones.
Adidas mit trois ans à créer le ballon de cette compétition. C'est la dernière fois que fut utilisée la structure « classique » à 20 hexagones et 12 pentagones.
Le Fevernova revêtait les dimensions maximales autorisées (70 cm de circonférence et un poids de 450 g) et à l'intérieur il y avait une couche en mousse synthétique. On se souvient du ballon pour son imprévisibilité, car bien souvent les trajectoires surprenaient tant les gardiens que les attaquants.

A l'occasion de ce Mondial, le ballon changea radicalement d'apparence pour la première fois depuis 1978. La sphère était recouverte d'une fine maille de centaines d'hexagones au sommet de laquelle se trouvait une belle représentation de flammes dans un cadre doré.
Selon les lois de l'aérodynamique
A la Coupe du monde 2006, le Teamgeist ouvrit une nouvelle page de l'histoire. Il était constitué de 6 panneaux, dont la forme rappelait de loin le chiffre huit, et de huit grandes triades. On considérait que cela devait améliorer la précision du tir et le contrôle de la balle. Évidemment, ceux qui tiraient dans une plume ne voyaient pas de différence particulière, mais la nouveauté fut très bien accueillie par les experts. Avec la nouvelle technologie de thermocollage, le problème de l'imperméabilité fut résolu. Désormais, en absorbant l'eau, le ballon ne voyait pas son poids augmenter de plus de 0,1 pourcent. Le nom est également intéressant et possède à l'origine une application pratique. Il vise à faire en sorte que l'expression fréquente allemande Teamgeist (« esprit d'équipe ») ne puisse être utilisée en tant que marque commerciale.

En 2010, la Coupe du monde eut lieu pour la première fois en Afrique. Le ballon de la compétition en Afrique du Sud reçut le nom de Jabulani, ce qui signifie « célébrer » en langue zouloue. La fête s'incarnait également dans son apparence : les 11 couleurs rappelaient une équipe de football, ainsi que les 11 langues de l'Afrique du Sud. Cette fois, le ballon était fait de huit panneaux qui étaient assemblés par thermocollage, ce qui fit redoubler le nombre de commentaires du genre « c'est un ballon radio-commandé ».
Une employée de l'usine Forward Sports positionne les thermocoutures sur un ballon Brazuca. 28 janvier 2014, Sialkot, Pendjab, Pakistan
En fin de compte, le ballon de la CdM 2014, le Brazuca, fut le plus révolutionnaire, tel que le décrivait son fabricant. Il va de soi qu'adidas n'a pas révélé ses secrets, mais l'on sait que le ballon est fabriqué selon une « technologie innovante » et se compose de six panneaux en polyuréthane, qui sont eux aussi assemblés par thermocouture innovante. « Sa surface texturée spéciale permet une adhérence supérieure et un aérodynamisme sur le terrain », est-il écrit dans sa description.

Le ballon était également novateur à un autre titre : c'était la première fois que son nom était choisi par les supporters. Le Brazuca était orné de rubans tricolores symbolisant les « bracelets porte-bonheur » portés au Brésil.
Adidas qualifia le ballon Brazuca de révolutionnaire : il était fabriqué selon une technologie innovante avec des thermocoutures spéciales et une surface texturée particulière. Les employés de l'usine Forward Sports assemblent à la main les panneaux du ballon Brazuca. 28 janvier 2014, Sialkot, Pendjab, Pakistan
Un employé de l'usine Forward Sports réalise le contrôle technique d'un ballon qui vient d'être fabriqué sur un équipement spécial. 28 janvier 2014, Sialjot, Pendjab, Pakistan
Un employé de l'usine Forward Sports réalise le contrôle technique d'un ballon qui vient d'être fabriqué sur un équipement spécial. 28 janvier 2014, Sialjot, Pendjab, Pakistan
Les ballons de la Coupe du Monde